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Jean Castex : "Ne pas baisser la garde"

Le Premier ministre a annoncé ce 7 janvier lors de son point presse le maintien de toutes les restrictions sanitaires en vigueur - et donc notamment de la fermeture de tous les établissements culturels ou de loisirs -, a envisagé d'étendre le couvre-feu à 18 heures à dix nouveaux départements dès dimanche et a détaillé l'accélération de la campagne de vaccination.

"La situation sanitaire n'est pas revenue à la normale, elle est même devenue plus fragile au cours des dernières semaines", a prévenu jeudi le Premier ministre, Jean Castex, lors d'une conférence de presse commune avec Olivier Véran. Il a rappelé que "chaque jour, 2.500 nouvelles hospitalisations et plus de 200 admissions en réanimation" sont comptées dans le pays, en faisant observer que "cette pression ne s'est pas réduite au cours du dernier mois". "Il est hors de question de désarmer notre système hospitalier", "il n'est pas question que nous baissions la garde dans les semaines à venir", a martelé Jean Castex.

Le gouvernement craint en outre la diffusion en France du variant britannique du virus, "plus contagieux de 40% à 70%" selon Olivier Véran. Deux "clusters à risques" ont déjà été détectés, en Bretagne et en Île-de-France, avec 19 cas. Pour lutter contre sa propagation, les frontières françaises avec le Royaume-Uni resteront fermées "jusqu'à nouvel ordre". Comme précédemment, "seules certaines catégories de personnes" pourront les franchir, à condition d'être testées avant d'entrer en France. Un décret doit être pris pour prolonger ce "statu quo". Trois autres clusters ont en outre été détectés avec le variant venu d'Afrique du Sud et encore mal connu.

Aucune réouverture avant début février

Dans ce contexte, il faudra "être prêts à prendre des mesures nationales supplémentaires si nous faisons le constat dans les prochains jours que nous en avons besoin". Et pour l'heure, toutes les restrictions actuelles sont maintenues. Ainsi, tous les établissements et équipements aujourd'hui fermés en raison de l'épidémie "le resteront encore jusqu'à la fin de ce mois".

Culture / Sport -  "Les musées, les cinémas, les théâtres, les salles de spectacle, les équipements sportifs ou de loisirs ne connaîtront, dans les semaines qui viennent, aucun assouplissement", a tranché le Premier ministre, douchant ainsi les espoirs de ces secteurs qui espéraient rouvrir prochainement. Pour celui de la culture, les "conditions de la reprise" à partir de début février seront étudiées "en concertation" avec les acteurs concernés, un point étant prévu le 20 janvier. Même chose pour le secteur sportif.

Stations de ski –  "Les conditions d'une reprise à compter de début février seront concertées avec les représentants de ces secteurs", a indiqué Jean Castex. Le gouvernement souhaite "travailler avec eux à l'élaboration d'une méthode d'ouverture encadrée et progressive", et un point sera fait là aussi "le 20 janvier prochain afin d'examiner en fonction de la situation sanitaire s'il est possible de confirmer la possibilité et les conditions d'une reprise de l'activité à partir de début février". Affirmant comprendre "l'inquiétude des élus et des professionnels de la montagne" alors que la saison d'hiver est "vitale pour ces territoires", et leur "besoin de visibilité, notamment sur la possibilité d'ouvrir pendant les vacances scolaires de février", le Premier ministre considère qu'il eût été "prématuré de prendre une décision aujourd'hui".

Restaurants et bars (et salles de sport) – "Une réouverture en janvier n'est pas réaliste" et sera "a minima reportée jusqu'à mi-février". "Ce n'est pas une grosse surprise", a réagi syndicat patronal des indépendants de l'hôtellerie restauration, conscient que cette échéance de la mi-février "n'est pas une certitude, loin de là".

La chef du gouvernement a souligné que tous les dispositifs actuels de soutien aux entreprises et professionnels touchés par ces fermetures sont "maintenus" (activité partielle, prêts garantis, fonds de solidarité rénové, aides sectorielles) et qu'un éventuel "accompagnement complémentaire" pourra être envisagé.

Couvre-feu – Le couvre-feu est maintenu "pendant au moins quinze jours" à 20 heures, et à 18 heures dans les quinze départements où cet horaire est en vigueur depuis une semaine. En outre, une décision doit être prise ce vendredi 8 janvier quant à une extension de ce couvre-feu dès 18 heures à dix nouveaux départements "dans l'est de la France" (pourraient être concernés, selon Matignon : le Haut-Rhin, le Bas-Rhin, la Côte-d'Or, l'Yonne, le Cher, l'Allier, la Haute-Savoie, les Alpes-de-Haute-Provence, le Vaucluse, les Bouches-du-Rhône). Le cas échéant, cette extension entrerait en vigueur ce dimanche après une concertation menée par les préfets de département "avec les élus de ces territoires pour bien analyser la situation".

Dépistage et suivi

Tests – "Pendant la semaine précédant Noël, nous avons réalisé 3,5 millions de tests" sur "plus de 12.000 points" et "86% des résultats sont rendus en moins de 24 heures", a indiqué Jean Castex.

Isolement – Trois nouveautés : à partir du 10 janvier, un cas-contact pourra, sur simple inscription sur le site de l’assurance maladie, "obtenir un arrêt de travail immédiat, indemnisé et sans jour de carence" ; un "suivi systématique avec 2 à 3 appels téléphoniques sur 7 jours" va être mis en place par l'assurance maladie ; à partir du 20 janvier, les personnes déclarées positives se verront proposer une visite à domicile par un infirmier.

Vaccination

Jean Castex et Olivier Véran ont annoncé une panoplie de mesures pour accélérer la vaccination, critiquée pour sa lenteur au démarrage. Après les 20.000 personnes vaccinées en dix jours, encore 25.000 devaient être vaccinées ce jeudi. Une montée en puissance permettra d'atteindre un million de personnes fin janvier, a répété Olivier Véran, expliquant que la France avait commandé 78 millions de doses qui seront disponibles d'ici l'été, pour les cinq vaccins les plus avancés.

En termes d'organisation "dans les territoires", le schéma est le suivant :  les directeurs généraux des ARS et les préfets de région sont "les garants du déploiement" mais les préfets de département seront "les patrons des opérations logistiques de vaccination" et impliqueront les professionnels ainsi que "les élus locaux, les maires en particulier et les présidents d’agglomérations sièges des centres de vaccination". "Les organisations retenues pourront varier selon les départements et les territoires", a précisé le Premier ministre.

Les étapes :

  • D'ores et déjà, après les résidents et salariés des Ehpad, "les professionnels de santé et les aides à domicile de plus de 50 ans peuvent se faire vacciner depuis lundi", a-t-il été rappelé. La vaccination est également maintenant ouverte aux personnes handicapées hébergées dans des établissements spécialisés et aux personnels de 50 ans et plus (ou porteurs de comorbidités) qui y travaillent.
  • Dès le 18 janvier, la vaccination sera ouverte à tous les plus de 75 ans, avec une procédure simplifiée (un simple questionnaire). La prise de rendez-vous pourra se faire dès la semaine prochaine par téléphone ou internet. Des centres de vaccination seront ouverts dans les semaines qui viennent, d'abord 100 (soit un par département), puis 300, puis 500.
  • Le gouvernement a décidé de différer jusqu'à 6 semaines l'injection de la deuxième dose du vaccin Pfizer. Ce choix devant permettre de vacciner deux fois plus de personnes dès à présent.
  • La phase suivante concernera la vaccination des quelque 7 millions de plus de 65 ans. Cette vaccination à grande échelle pourra aller bien plus vite, "directement en ville".
  • Ensuite, de 12 à 14 millions de Français pourraient être vaccinés à la mi-avril. "Tout le monde ne pourra pas être vacciné tout de suite. Notre objectif est donc clair, et il l’a toujours été : vacciner en priorité, le plus vite possible, les 15 millions de personnes âgées et souffrant de pathologies chroniques", a dit Jean Castex, invitant à ne pas confondre "vitesse et précipitation".

Interrogé sur la volonté des régions de passer elles-mêmes commande de vaccins en complément des commandes de l'État (le président de Régions de France a indiqué ce jeudi avoir écrit à quatre laboratoires pour en connaître les conditions – voir communiqué), le chef du gouvernement a souligné que la fourniture de doses suscitait de "très fortes tensions au niveau mondial", que les commandes de l'État français avaient fait l'objet de préaccords dès juin dernier… et qu'il n'était donc selon lui "pas certain que cette intention louable puisse se concrétiser à court terme".

Plus globalement, sachant que les associations d'élus ont toutes demandé à être davantage associées à la stratégie de vaccination (voir nos articles ci-dessous), le gouvernement considère que "toutes les bonnes volontés sont les bienvenues" mais assure que "les principes, le calendrier, les priorités" ont bien été "partagés" avec ces associations depuis le mois de décembre.

 
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