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Culture / Social - La fondation du Patrimoine marie culture et insertion

La Fondation du patrimoine - organisme semi-officiel chargé d'accompagner la politique nationale de sauvegarde et de promotion du patrimoine - met en place un "fonds pour l'insertion, la formation et la transmission des savoirs". Doté d'un million et demi d'euros, ce fonds a pour vocation "de mener à bien des actions d'insertion sociale et professionnelle en direction de publics en difficulté, et de renforcer son action en faveur de la transmission des savoir-faire traditionnels et de la formation des jeunes aux métiers du patrimoine". Il s'agit en l'occurrence d'une mise en oeuvre du dispositif des chantiers d'insertion, financés notamment par les départements. S'il ne s'agit pas là d'une première dans le champ du patrimoine, les chantiers d'insertion sont plutôt, jusqu'à présent, orientés vers le développement durable (à l'image de l'entretien des berges de rivières, par exemple).
La fondation entend financer des projets de sauvegarde et/ou de valorisation du patrimoine, organisés dans le cadre de chantiers d'insertion de publics en difficulté (jeunes chômeurs, chômeurs de longue durée, personnes sous main de justice...). Elle financera aussi des actions de formation et de sensibilisation des jeunes aux métiers du patrimoine : chantiers écoles, ateliers du patrimoine organisés par des établissements scolaires... Les chantiers pourront concerner le patrimoine bâti, mobilier ou naturel, priorité étant donnée aux projets relatifs au patrimoine non protégé. Chaque projet retenu par le comité de sélection bénéficiera d'une subvention pouvant aller jusqu'à 30.000 euros, le financement étant versé au maître d'ouvrage du projet : collectivités, associations, entreprises d'insertion, établissements publics locaux d'enseignement ou centres de formation.

Forteresses, locomotives et autocars

Pour concrétiser cet engagement, les deux premières conventions ont été signées le 28 avril 2011, en Alsace. La première concerne la restauration et l'ouverture au public du fort de Mutzig à Dinsheim-sur-Bruche, construit entre 1893 et 1916 alors que l'Alsace faisait encore partie de l'empire allemand et qui fut, avec une superficie de 254 hectares et un équipage de 7.000 hommes, l'ouvrage le plus puissant de la Première Guerre mondiale. Le chantier est piloté par l'association du fort de Mutzig. A noter : le chantier accueillera aussi une dizaine de jeunes Allemands, condamnés à des peines de prison et en cours de réinsertion. La seconde convention porte sur la restauration d'un autocar Citroën par l'association Autocars anciens de France, située à Betschdorf. Le chantier bénéficiera à des jeunes non diplômés et à des chômeurs en fin de droit, avec pour objectif "de former des personnes en grande difficulté au monde du travail, en leur inculquant un savoir-faire lié aux métiers du transport : mécanicien, carrossier, tôlier, électricien poids lourds...".
D'autres projets ont également été sélectionnés et devraient très prochainement faire l'objet d'une convention permettant la libération des financements : restauration de la grande archère et d'un mur du château de Châtel-sur-Moselle (Vosges), restauration d'une locomotive et de son wagon (classé monument historique) dans la Meuse (véhicules ayant servi sur la "Voie sacrée"), chantier école de restauration de peintures murales à Senozan et à Semur-en-Brionnais (Saône-et-Loire), restauration du patrimoine de Fontevrault-l'Abbaye (Maine-et-Loire) ou encore remise en état de l'accès à la chapelle de la commune de Brantes, sur les pentes du mont Ventoux (Vaucluse). 

 

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