L'agglomération d'Elbeuf (76) : le sport au coeur de la stratégie intercommunale

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Seine-Maritime

Alors que nombre d'agglomérations n'ont pas de véritable stratégie intercommunale en matière de sports, la communauté d'agglomération d'Elbeuf - Boucle de Seine a décidé de se doter d'un office intercommunal des sports. Une étape essentielle pour un projet politique et collectif de soutien du sport.

La Communauté d'agglomération d'Elbeuf - Boucle de Seine (Caebs) s'est dotée en novembre dernier d'un office intercommunal des sports (OIS). Cet office regroupe les acteurs du monde sportif, des élus et des organismes ou personnes qualifiée. Ainsi, dorénavant la Caebs interviendra en soutien au fonctionnement des clubs intercommunaux, aux regroupements des clubs, à l'accession à des niveaux supérieurs (régional ou national), aux sportifs de haut niveau et aux manifestations sportives intercommunales à l'envergure d'agglomération. Un des objectifs est de rassembler les clubs d'une même discipline ce qui devrait permettre d'en élever le niveau. "Il faut porter le plus haut possible les couleurs de l'agglomération tout en tirant vers le haut le sport de masse", espère Didier Marie, maire (PS) d'Elbeuf et président de la Caebs. La communauté d'agglomération affiche par la mise en place de cet OIS "une politique collective de soutien du sport", alors que nombre d'agglomérations n'ont pas de véritable stratégie en la matière. A la Caebs, les élus confèrent au nouvel OIS une véritable mission. "Il constitue une étape essentielle d'une démarche politique forte en matière sportive. Une démarche comparable à celles menées en matière de développement économique, de transport, de politique de la ville, à savoir l'affirmation d'un projet politique et la mise en oeuvre d'un partenariat avec ses interlocuteurs. En l'occurrence ici, le monde sportif", explique Didier Marie.

Une réalité territoriale et sportive

Regroupée au fond d'une boucle de la Seine au sud de sa voisine Rouen, l'agglomération d'Elbeuf - qui réunit dix communes où vivent quelque 56.000 habitants de Seine-Maritime - était une réalité pour sa population avant même qu'elle ne s'organise en EPCI (établissement public de coopération intercommunale) ; un territoire au départ de cinq grandes communes de 6.000 à 16.000 habitants imbriquées les unes dans les autres dont deux abritent des sites industriels de dimension nationale, Renault à Cléon, Aventis-BASF à Saint-Aubin-lès-Elbeuf, qui leur ont donné des moyens financiers importants. Des communes qui disposent d'équipements sportifs (gymnases, plaines de jeux) de qualité et qui avaient quelques moyens pour se bâtir une réputation autour d'une discipline. Une réalité territoriale qui induit que l'on y pratique indifféremment un sport ici ou là sur l'agglomération en fonction de ses affinités. Avec 8.000 licenciés répartis dans 127 clubs, un habitant sur sept pratique une des soixante disciplines recensées avec un point fort, la gymnastique qui rassemble dans la seule agglomération elbeuvienne, 10% de l'effectif des gymnastes régionaux. Une caractéristique qui trouve ses origines dans les patronages d'une vieille cité industrielle.
Beaucoup rêvent d'unification des clubs pour permettre à l'agglomération d'accéder à un rang correspondant à son potentiel ; et ce, plus chez les seuls supporters que chez les pratiquants.

Un accompagnement des clubs

Mais les promoteurs de l'OIS ne veulent surtout pas forcer la main des dirigeants de clubs : "Nous de souhaitons pas voir l'addition de clubs mais privilégier le partenariat, avoir une action complémentaire des politiques des communes déjà mise en oeuvre, réfléchir sur les équipements de dimension intercommunale." Et soucieux de la garantie d'indépendance assurée au mouvement sportif et aux communes, "il ne sera pas question de substitution mais de subsidiarité", précise-t-on à la Caebs.
"On peut aider au regroupement, à l'accession à un niveau supérieur selon des conditions fixées par la communauté, recenser les besoins qui se font jour", souligne-t-on encore à la Caebs. Mais s'il n'est jamais question d'obligation, l'effet d'aubaine est bien là : en cas de regroupement, le taux de participation de la Caebs sera de 50% maximum de la valeur estimée du surcoût. Ce soutien concernera une équipe phare par discipline avec trois disciplines soutenues par la communauté dans un premier temps. La mission d'accompagnement des clubs sera essentielle en relais d'information en matière de gestion, de réglementations, de formation des cadres, d'assurance, de responsabilités civiles.
Mais l'OIS ne se contentera pas de distribuer des subventions. Il pourra organiser ou parrainer des manifestations sportives à vocation intercommunale. La communauté d'agglomération va donc porter son intervention financière en matière sportive de 120.000 euros en 2003 à 204.000 euros en 2004.

Etienne Banzet / Innovapresse Rouen pour Localtis

"Le sport, un élément central pour l'image de notre agglomération"

Didier Marie, maire (PS) d'Elbeuf, est président de la Caebs.

L'OIS doit permettre d'élever le niveau des clubs. Y a-t-il ici la recherche d'un effet "image" pour la communauté ?

Dans sa politique sportive, la Caebs décline les trois objectifs fixés dans le cadre du contrat d'agglomération : l'introduction de plus de solidarité sociale et territoriale, la valorisation des potentiels de l'agglomération et la contribution à son rayonnement.
Les clubs sportifs représentent un potentiel technique, humain certain. Potentiel que nous souhaitons valoriser afin que ce dernier permette le rayonnement de l'agglomération à travers des succès sportifs. En effet, les résultats sportifs plus qu'encourageants de nos clubs et de nos sportifs offrent une image de dynamisme et de réussite. Ainsi le sport est un élément incontournable dans la projection de l'image de notre communauté à l'extérieur des frontières de notre territoire.

L'OIS est une assemblée de personnes qualifiées. Est-ce la préfiguration d'une démocratie participative au sein de la Caebs ?

Organiser en association, l'OIS sera dirigé par un comité directeur de vingt-deux membres dont la majorité est issue du milieu sportif. Cette structure de réflexion, de concertation et de proposition à pour objectif de réfléchir et d'agir pour favoriser la meilleure pratique possible du sport, de contribuer à l'élaboration de notre politique sportive locale et d'organiser des manifestations sportives intercommunales favorisant le rayonnement de l'agglomération au-delà de ses frontières. L'OIS aura aussi pour mission de recenser les besoins des clubs, d'évaluer les moyens, d'être un interlocuteur privilégié de la Caebs en matière de réflexion sur les évolutions des équipements à dimension intercommunale, d'analyser les demandes de subvention et donner ensuite un avis à la Caebs, de contribuer la mise en place d'un contrôle médico-sportif, d'accompagner les clubs dans leurs démarches de demande de subvention, de mise en place de projet de développement, gestion courante des clubs...

Les équipements sportifs ne sont pas de la compétence de la Caebs. Pourquoi ?

Nous avons pris comme compétence facultative la gestion d'équipements culturels et sportifs d'intérêt communautaire. Pour l'instant, cela concerne les piscines et la patinoire. Les autres équipements restent de la compétence des communes. Mais ça peut être un projet. L'OIS a justement été créé pour cela.

L'assemblée de tous les clubs

Dans l'agglomération d'Elbeuf, l'office intercommunal des sports sera composé de deux collèges. Les élus, membres de la commission des sports de la Caebs, et le monde sportif composé d'un représentant par association sportive déclarée sur le territoire de la communauté, y compris les sections de clubs omnisports. Le comité directeur de l'OIS de vingt-deux membres dont seize sportifs sera présidé par l'un d'eux.
Si la Caebs a pris en main l'avenir du haut niveau à l'échelon des clubs, elle n'a pas de compétence pour les équipements sportifs qui restent l'affaire de chaque commune. Son engagement n'est pas pour autant nul puisqu'elle est l'actionnaire principale d'une Sem, Aqualud, qui gère deux piscines et une patinoire. L'agglomération bénéficie indirectement des équipements construits par le comité d'entreprise de l'usine Renault de Cléon.

La culture avant le sport

La politique d'agglomération dans le domaine de la culture est déjà bien rôdée alors que la vie associative est florissante. L'Ecole de musique, la MJC sont dans le champ de compétence de la communauté qui a lancé le chantier de la rénovation du cirque-théâtre, un des rares encore debout en France où sera installé un centre de formation du cirque de dimension régionale.

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