Habitat - Vive réaction de l'USH aux propositions du Centre d'analyse stratégique sur le logement

Présentée le 15 février 2012 (voir notre article ci-contre du même jour), la dernière note du Centre d'analyse stratégique (CAS) consacrée aux aides au logement des ménages modestes suscite une vive réaction de l'Union sociale pour l'habitat (USH), qui représente le secteur locatif social. Dans un long communiqué du 20 février, l'association "regrette un travail scientifiquement biaisé au service de propositions hautement contestables". Cette réaction inhabituelle vis-à-vis de travaux du CAS s'explique par le sujet sensible abordé par sa dernière note d'analyse, en l'occurrence l'efficacité des aides au logement.
La réponse de l'USH constitue en premier lieu un plaidoyer vigoureux pour les aides à la pierre. L'association met en avant, à la fois, le fait que ces aides à la pierre auraient dans le secteur locatif social "un effet de levier et une efficacité très grande" et le fait que les HLM sont loin d'en être les seuls bénéficiaires. En revanche, contrairement à ce que laisse entendre l'USH, la note du CAS ne remet pas en cause les aides à la pierre - elle refuse au contraire explicitement de trancher entre ces dernières et les aides à la personne - et ne préconise pas d'adopter "les modèles économiques et sociaux américains pour la politique du logement", même si elle propose effectivement - comme le CAS le fait dans toutes ses notes - un focus sur des exemples étrangers.
L'USH entend également "se démarquer très fortement" des propositions du CAS au caractère "extrêmement technocratique" et "qui ne correspondent en rien à la réalité de la situation des populations qu'elles sont censées aider". Elle rejette ainsi en bloc l'idée d'un abaissement des plafonds de ressources pour l'accès au logement social, celle d'un ajustement des plafonds de loyers HLM pour les adapter à la situation locale ou encore l'expérimentation par certains bailleurs sociaux d'un nouveau mode de financement basé sur la création d'une "prime d'allocation logement".
Non sans raison (voir la conclusion de notre article ci-contre du 15 février 2012), l'USH "trouve également très regrettable [que le CAS] concentre ses propositions sur le seul logement social, omettant de signaler que ce secteur ne recueille que le tiers des aides, soit environ 12 milliards d'euros - y compris les aides fiscales et les aides à la personne -, tandis que le secteur locatif privé et les propriétaires occupants se partagent les 25 milliards d'euros restants". La note du CAS manque effectivement de propositions spécifiques au secteur libre, la réforme du secteur social étant supposée apporter, de facto, les solutions idoines.
 

 

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