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Jean Damien Lesay pour Localtis

Sport et ESS - Le SC Bastiais devient la première Scic du football

Tourisme, culture, loisirs

Economie sociale et innovation

Corse

Le club corse de football sera désormais une société coopérative d'intérêt collectif (Scic). Une première en France. Les collectivités sont de la partie. Les supporteurs aussi.

"Amener une coopérative dans le football français qui ronronne, c'est de nature à faire bouger les choses." Voilà en quels termes Pierre-Noël Luiggi, vice-président du Sporting club bastiais (SCB), a présenté, le 9 mai, la transformation du club en société coopérative d'intérêt collectif (Scic), une première en France.

Pour les dirigeants bastiais actuels, cette nouvelle structure juridique est l'aboutissement d'une réflexion entamée depuis la reprise du club en 2017. Cette année-là, le club est encore professionnel et évolue en Ligue 2. À la fin de la saison, ses mauvais résultats sportifs et une situation économique catastrophique lui valent une rétrogradation administrative. Il doit repartir en National 3 (5e division) et redevenir amateur. Cette saison, le club a terminé en tête de son championnat et évoluera l'an prochain en National 2. Dès juin 2018, les dirigeants ont anticipé le retour du SC bastiais dans le football professionnel et envisagé la création d'une Scic. Leur ambition ? La "constitution d'un club partagé avec tout les forces vives de l'île [de Corse, ndlr] et au-delà" dans "une gouvernance transparente et durable".

Supporteurs et collectivités parties prenantes

Le SCB s'appuie en cela sur la volonté du ministère de Sports, mais aussi de sénateurs, de développer le recours aux Scic au sein des clubs sportifs, notamment pour y associer les supporteurs. La présence de ces derniers est d'ailleurs l'une des grandes originalités du cas bastiais. Les supporteurs sont ainsi présents au capital, au sein de l'assemblée générale et, par conséquent, du conseil d'administration. Ils ne seront pas seuls : les collectivités territoriales figurent également parmi les parties prenantes.

Dans le cas du club corse, la Scic sera composée de cinq collèges : fondateurs (38% des droits de vote), acteurs économiques (22%), supporteurs (20%), salariés et anciens licenciés (10%), et collectivités (10%). Le conseil d'administration, composé de dix membres, sera issu de l'assemblée générale. Quant au capital, qui reste variable, il est constitué au départ de la Scic de 600.000 euros provenant des fondateurs et de 200.000 euros provenant des supporteurs. Il est à noter que les droits de vote et les parts au capital ne sont pas corrélés.

Les membres fondateurs espèrent parvenir rapidement à faire évoluer le capital en levant 1,5 à 2 millions d'euros. Pour cela, ils comptent sur la participation des collectivités territoriales. Interrogé en conférence de presse sur la pertinence de l'investissement public dans le football, Pierre-Noël Luiggi a estimé que "la promotion des activités sportives fait du bien aux populations, et il n'y a aucune discussion à avoir sur le fait que les collectivités puissent les favoriser". Par ailleurs, le dirigeant a souligné que le club véhicule "l'image de la Corse tout entière" et qu'"un club bien géré qui a des résultats est une vitrine positive pour les collectivités". Enfin Pierre-Noël Luiggi a rappelé que "le sport est une industrie. Or nous n'en n'avons pas beaucoup en Corse. Celle-ci, il faut la favoriser". Avant de conclure : "Nous allons dans le sens de l'histoire."

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