Le volet export du plan de relance prolongé jusqu'à fin juin 2022

Les mesures du volet export du plan de relance sont prolongées jusqu'au 30 juin 2022. La décision issue du Conseil stratégique de l'export du 1er septembre satisfait les régions. Mais celles-ci proposent la mise en place de conseils au niveau régional et demandent davantage de coordination en amont.

Les mesures du volet export du plan de relance, mises en place en mars 2020, vont être prolongées jusqu'au 30 juin 2022. La décision a été prise dans le cadre du conseil stratégique de l'export qui s'est tenu le 1erseptembre 2021 et a réuni l'ensemble des acteurs privés et publics de l'export, dont les nouveaux exécutifs régionaux. D'après le bilan dressé lors du conseil, les exportations de biens et de services en juin 2021 dépassent leur niveau moyen de 2019, hors secteur aéronautique. "De plus, le nombre d'exportateurs s'établit désormais à un niveau inédit en 20 ans, avec près de 132.000 entreprises françaises exportatrices, une hausse portée notamment par les entreprises de moins de 20 salariés", se félicite le gouvernement dans un communiqué du 1er septembre. Reste que la balance commerciale de la France demeure largement déficitaire. Malgré la reprise des exportations au premier semestre 2021 (240,2 milliards d'euros de marchandises vendues sur les marchés étrangers, soit une augmentation de 18,4% par rapport au premier semestre 2020), la balance commerciale enregistre un déficit de 34,8 milliards d'euros, soit 2,2 milliards d'euros de plus qu'au second semestre 2020. Les importations ont continué à augmenter à un niveau élevé de 275 milliards d'euros, soit une augmentation de 16,9%. La hausse des prix de l'énergie a aussi favorisé le déficit. Sur l'ensemble de l'année 2020, il se monte à 65 milliards d'euros.

Des mesures prolongées

Parmi les mesures qui seront prolongées : le chèque relance export et le chèque relance VIE, dans la limite des crédits prévus, les budgets consacrés au volet export n'étant pas augmentés. Le gouvernement prévoit aussi de doubler le montant du chèque relance VIE (de 5.000 euros à 10.000 euros) pour le recrutement de jeunes issus des quartiers prioritaires de la politique de la ville et de jeunes issus de formation courte. Et le chèque relance export pourra quant à lui contribuer à financer des formations courtes (1 à 2 jours) à destination des chefs d'entreprises et directeurs export des PME sur des thématiques ciblées. Il pourra aussi prendre en charge 50% des coûts de prestations de traduction de supports de communication dans la langue des pays prospectés dans un maximum de 800 euros. Par ailleurs, les règles du cumul du nombre de chèques relance export seront modifiées, avec un plafond élargi à quatre chèques par entreprise, tout type de prestations confondues (individuelles ou collectives). Une procédure d'agrément d'opérateurs privés a été aussi rouverte en juin 2021. 76 nouveaux prestataires ont été agréés portant le total à près de 480 partenaires du chèque relance export.

Des conseils stratégiques de l'export régionaux ?

Ces mesures ont été accueillies favorablement au sein de Régions de France. L'association a toutefois émis des propositions au gouvernement pour améliorer ce volet du plan de relance, dont la mise en place de conseils stratégiques de l'export régionaux, qui pourraient être coprésidés par le duo préfet/président de région. "Il s'agirait de réaliser une vraie déclinaison territoriale du conseil stratégique de l'export ; cela permettra de renforcer le positionnement des régions sur la question de l'export, notamment dans le cadre de la préparation des nouveaux schémas régionaux de développement économique et d'innovation (SRDEII)", explique-t-on à Régions de France. Autre demande de l'association : davantage de concertation en amont sur les mesures décidées au niveau national. "Elles sont bienvenues, mais on aimerait en parler avant, sinon on est mis devant le fait accompli", insiste Régions de France. Ce n'est pas le seul sujet sur lequel Régions de France demande davantage de concertation et de coordination… On se souvient du coup de sang de l'association après l'annonce du dispositif de sortie de crise annoncé sans concertation par Bercy. Les propositions de Régions de France ont reçu un accueil favorable de la part de Franck Riester, ministre délégué auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, chargé du Commerce extérieur et de l'Attractivité. Reste encore à les mettre en œuvre. Un passage obligé d'après l'association, pour favoriser le mouvement vers l'exportation.  "Les entreprises restent très attentistes, détaille Régions de France, cela suppose d'aller plus encore au contact des entreprises sur le territoire, et cela passe par une coordination plus forte avec les régions."