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Lutte contre l'exclusion - Les femmes, premières victimes de la précarité

La délégation aux droits des femmes et à l'égalité du Conseil économique, social et environnemental (Cese) publie une étude - à ne pas confondre avec un avis - sur "Femmes et précarité". Le constat est déjà connu, mais le Cese en livre une synthèse saisissante.
Ainsi, 70% des "travailleurs pauvres" sont des femmes et, en 2010, 4,7 millions de femmes avaient un niveau de vie inférieur au seuil de pauvreté (964 euros par mois). Les femmes représentent également 57% des bénéficiaires du revenu de solidarité active (RSA). Autre phénomène bien connu - et qui devrait être pris en compte dans la future réforme des prestations familiales annoncée par le gouvernement - : le risque de précarité est fortement aggravé pour les familles monoparentales, puisque 33% d'entre elles affichent un revenu inférieur au seuil de pauvreté. Plus grave : certains indicateurs sont en recul par rapport aux périodes antérieures. Ainsi, le taux de féminisation de l'emploi non qualifié atteint aujourd'hui 62%, contre 56% en 1990. La probabilité d'occuper un poste d'ouvrier ou d'employé non qualifié est désormais 2,1 fois plus forte pour une femme que pour un homme, alors que ce ratio n'était que de 1,8 au début des années 1980. De même, le taux de pauvreté des femmes seules a progressé de quatre points entre 2001 et 2010, passant de 28% à 32%, alors que cette progression est de moins d'un point pour l'ensemble de la population.
Parmi les explications à cette situation, le Cese évoque le poids des emplois à temps partiel, féminisés à 82%, dont 31% de temps partiel subi. De même, plus des trois quarts des personnes en situation de sous-emploi sont des femmes. L'étude du Cese évoque aussi la surreprésentation des femmes dans les métiers peu qualifiés (agents d'entretien, services à la personne, employées du commerce...). En outre, la proportion des femmes travaillant à temps partiel dans ces métiers peu qualifiés est nettement supérieure à celle des hommes (30% contre 7%). Autre explication : la faiblesse des retraites féminines. La pension moyenne de droit direct des femmes est presque deux fois inférieure à celle des hommes (879 euros mensuels contre 1.657 euros) et les femmes représentent 57% du minimum vieillesse.
Cette plus grande précarité a notamment pour conséquences un moindre recours aux soins et une plus grande vulnérabilité en matière de santé : 18,5% des femmes déclarent renoncer à des soins faute d'argent, contre 12,3% des hommes. Cet écart vaut aussi pour l'exposition aux risques psychosociaux (28,2% de femmes concernées contre 19,6% pour les hommes). Face à cette situation, l'étude du Cese formule un certain nombre de "pistes d'action", qui restent toutefois assez générales.
 

 

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