Les salles de cinéma des collectivités vont aussi avoir droit au fonds de sauvegarde

Les salles de cinéma exploitées en régie directe - environ 350 établissements - étaient restées à l'écart des mesures de soutien mises en place par le gouvernement et le CNC. Elles vont finalement pouvoir en bénéficier. 

Dans une délibération du 31 mars, le CNC (Centre national du cinéma et de l'image animée) a adopté une série de modifications à son "règlement général des aides financières" en vue d'adapter ou de renforcer les aides aux tournages et aux salles de cinéma, ces dernières étant très impactées par leur nouvelle fermeture depuis le 30 octobre dernier (voir notre article du 9 avril 2021). Mais les établissements exploités en régie directe par une personne publique – comme une collectivité territoriale – étaient exclus du bénéfice de ce fonds. Ceux-ci représentent environ 350 établissements, soit 16% du parc de salles. Pour les trois quarts d'entre eux, il s'agit de salles mono-écran. Selon un communiqué du 14 avril du Groupement national des cinémas de recherche (GNCR), qui représente ces salles, elles "sont majoritairement implantées en zones rurales ou en périphérie des grandes agglomérations et participent au maillage du territoire dont se targue la France, l'ensemble des populations se trouvant ainsi irrigué du cinéma dans toute sa diversité".

Cet oubli vient d'être réparé. Dans son communiqué, le GNCR remercie "le ministère de la culture et le CNC, qui ont accepté de prendre en compte l'ensemble des salles, et notamment les salles publiques en régie directe, dans le cadre du 'fonds de sauvegarde' de 15 millions d'euros adopté par le conseil d'administration du CNC du 31 mars 2021". Le GNCR précise également que "cette aide viendra soulager les finances des collectivités locales et territoriales, très affectées par ailleurs par la pandémie et ses conséquences économiques". La crainte était en effet que, faute d'une aide de l'État, certaines communes ou certains EPCI envisagent de cesser l'exploitation de ces salles, à l'équilibre souvent fragile.

Pour mémoire, ces salles exploitées en régie directe étaient restées à l'écart des mesures de soutien mises en place par le gouvernement et le CNC depuis le premier confinement en mars 2020 : chômage partiel, fonds de solidarité, fonds de compensation des pertes de recettes des salles de cinéma... La raison en était juridique et tenait à leur statut et au fait qu'elles bénéficient d'un soutien direct de la collectivité. Les salles en régie directe ont toutefois bénéficié du remboursement de la TSA (taxe sur les entrées en salles de spectacles cinématographiques) sur l'année 2020. Cette "mise à l'écart" avait entraîné le lancement par le GNCR, en octobre dernier, d'une pétition "Pour un soutien aux salles de cinéma sans distinction". Celle-ci a reçu le soutien de nombreuses personnalités du cinéma, auteurs, réalisateurs, acteurs ainsi que des associations culturelles œuvrant dans ce secteur. Le GNCR remercie d'ailleurs "tous les élus des collectivités locales ou territoriales, des élus de nos deux assemblées nationales, qui ont manifesté leur inquiétude sur le devenir des salles de cinéma publiques". Il espère désormais que le fonds de sauvegarde, portant sur les pertes de recettes d'exploitation de l'année 2020, sera renouvelé sur l'année en cours, compte tenu de la prolongation des fermetures, au minimum jusqu'à la mi-mai.

 

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