Levée des restrictions : les échéances du 2 mai et de la mi-mai semblent se confirmer

Le 2 mai sonnerait la fin de la limitation des déplacements. La mi-mai verrait la réouverture de certains ERP. Une conférence de presse du gouvernement est prévue ce jeudi en fin de journée. Emmanuel Macron s'exprimera ultérieurement. Du côté des maires, on continue d'espérer la réouverture prochaine des lieux culturels (APVF). Et d'attendre, à quelques jours de la fin des vacances, des précisions sur les modalités du retour des élèves en classe (AMF).

Le porte-parole du gouvernement a confirmé ce 21 avril à l'issue du conseil des ministres certaines des informations qui circulaient depuis la veille quant à la levée progressive des restrictions en vigueur. Et a fait savoir que le gouvernement tiendra une conférence de presse ce jeudi 22 avril en fin de journée. Celle-ci portera principalement sur "la préparation de la rentrée scolaire" (notamment en question : un énième nouveau protocole sera-t-il mis en place ? – voir notre encadré ci-dessous sur ce qu'en disent les maires...), les contrôles aux frontières, les examens, la campagne de vaccination… sans oublier évidemment "un point d'étape sur la situation épidémique". Emmanuel Macron s'exprimera pour sa part "le moment venu" pour "donner les grandes lignes des allègements". En tout cas avant le 2 mai.

Principale perspective en effet : l'interdiction de s'éloigner de plus de 10 km de son domicile serait levée le 2 mai. Viendrait ensuite, à la mi-mai, la réouverture des terrasses, des commerces non alimentaires et des lieux de culture, avec des jauges réduites. Le reste suivrait "progressivement", a simplement indiqué Gabriel Attal.

Dans la mesure, a-t-il rappelé, où l'enjeu du couvre-feu "ne fait pas partie des mesures prises pour quatre semaines" par le chef de l'État (puisqu'entré en vigueur bien avant), l'exécutif ne se sent visiblement pas tenu par une promesse de calendrier là-dessus. On sait que les plus prudents au gouvernement voudraient retarder ce couvre-feu d'une heure au maximum en métropole, à 20h, tandis que d'autres plaident pour 23h… ou un compromis à mi-chemin.

Pourrait-on envisager des horaires différents selon les territoires ? Comme pour l'ensemble des décisions qui seront prises, Gabriel Attal a redit que "la territorialisation est une option sur la table, parmi d'autres". Ainsi, les jauges dans les ERP pourraient de même varier en fonction des territoires, avec un seuil plancher à 35%.

Sur ces jauges dans les lieux de culture et sur la taille des commerces susceptibles de rouvrir, des concertations se poursuivent aux ministères de la Culture et de l'Économie avec les professionnels. Côté culture, des échanges ont également lieu avec les associations d'élus locaux.

Ainsi, mardi 20 avril, une délégation de l’Association des petites villes de France a pu s'entretenir en visioconférence avec Roselyne Bachelot pour évoquer la réouverture des lieux culturels dans les petites villes. L'occasion pour les maires de faire valoir que ces villes pourraient représenter "la strate idéale pour expérimenter progressivement la réouverture" des cinémas, musées, salles de concert et autres. Et de faire entendre la nécessité de "donner rapidement des perspectives claires aux acteurs du monde de la culture". La ministre se serait montrée "optimiste" sur la possibilité de tenir le calendrier et aurait insisté sur "l’absolue nécessité d’éviter un nouveau stop and go qui s’avèrerait catastrophique pour le secteur".

Autre élément devant intervenir en mai (que n'a pas évoqué Gabriel Attal) : le futur projet de loi de sortie de l’état d’urgence sanitaire, sachant que la loi en vigueur n'a prolongé l'état d'urgence sanitaire que jusqu'au 1er juin 2021. Le nouveau texte est attendu mercredi prochain, le 28 avril, en conseil des ministres, pour une arrivée à l'Assemblée nationale le 10 mai. L'avant-projet de texte, dévoilé par France Inter et par Contexte, comprend neuf articles… qui relèvent davantage d'un ajustement de l'état d'urgence que d'une "sortie". Le gouvernement pourra en effet continuer à réglementer par décret aussi bien les déplacements que l'ouverture des ERP et des mesures locales pourront toujours être prises par les préfets. Il prévoit bien que pour les déplacements internationaux, les voyageurs seront susceptibles de devoir montrer un test négatif ou une preuve de vaccination (ou d'immunité). Ce même texte inclura des dispositions sur les élections régionales et départementales des 20 et 27 juin.

  • Rentrée scolaire : l'AMF demande un "cadre précis et concerté"

À quelques jours du retour en classe des élèves après les vacances de printemps, l'Association des maires de France (AMF) alerte "sur l'urgence d'un cadre précis et concerté". Dans un communiqué diffusé le 20 avril, avant le conseil des ministres, elle appelle "au retour de tous les enfants dans les crèches et les écoles primaires dès le 26 avril compte tenu des risques d'accroissement des inégalités sociales et territoriales et de la nécessité de préserver la santé et le bien-être des enfants".

Pour y parvenir, il convient selon elle que les maires connaissent urgemment les modalités précises de la rentrée, car "il ne serait pas acceptable que ces conditions leur soient de nouveau annoncées seulement vendredi [23 avril], leur laissant seulement le weekend pour organiser la rentrée scolaire, comme cela a été le cas à de trop nombreuses reprises". C'est pourtant à peu près ce qui va se passer, avec l'attente de la conférence de presse de ce jeudi soir.

Si elle demande une information anticipée sur tout changement, l'AMF considère toutefois que "les conditions de la réussite de cette rentrée reposent, en premier lieu, sur la stabilité des protocoles sanitaires". Et de rappeler que leurs modifications successives "ont engendré des impacts organisationnels et financiers parfois difficiles notamment pour le service de restauration scolaire".

Dans son communiqué, l'AMF se prononce encore contre l'achat obligatoire de capteurs de CO2 ou de purificateurs d'air, pour une vaccination au plus tôt de tous les personnels travaillant auprès des enfants (AESH, Atsem, etc.), sans condition d'âge, alors qu'à ce jour seuls les personnels de plus de 55 ans bénéficient de créneaux dédiés, et pour un accès facilité aux tests salivaires pour les communes volontaires.

On sait à ce sujet que l'exécutif réfléchit à déployer dans les établissements scolaires des autotests, que la Haute autorité de santé devrait autoriser cette semaine. Ce qui soulève aussi des questions d'organisations complexe. Faut-il prévoir systématiquement un adulte pour superviser les tests, pas si simples à effectuer ? Et faut-il tester tous les enfants et à partir de quel âge ?

Plus globalement, l'AMF redit son attachement à la territorialisation de la gestion de la crise sanitaire et appelle de ses vœux l'établissement rapide d'une concertation sur les conditions d'organisation des vacances d'été.

Jean-Damien Lesay

 

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