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Santé - Malgré 700 décès prématurés, le dispositif anti-canicule a bien fonctionné

Soucieux de ne pas renouveler les errements de fond et de communication de 2003, le gouvernement s'est montré particulièrement présent lors de l'épisode caniculaire du mois de juillet (du 29 juin au 8 juillet) : diffusion de messages d'alerte aux ARS dès le 25 juin, activation de la cellule de crise dès le 29, intervention du Premier ministre, visites ministérielles dans des crèches, des Ehpad ou des établissements pour personnes handicapées, mobilisation des hôpitaux, rappel des conseils de prévention... Marisol Touraine a donc présenté, lors d'une conférence de presse le 16 juillet, un premier bilan national de cet épisode de canicule.

Pas d'engorgement du système de santé

La ministre des Affaires sociales et de la Santé a notamment communiqué le chiffre de décès prématurés, établi par l'Institut de veille sanitaire (InVS), soit 700 décès sur la semaine du 29 juin au 5 juillet. Le chiffre peut choquer, mais il est à rapporter à l'ensemble de la population et - surtout - il est très nettement inférieur aux décès prématurés enregistrés en 2003 (15.000) et en 2006 (2.100). La surmortalité est ainsi de 7% par rapport à ce qui aurait dû être observé sur la période, contre 55% en 2003 et 9% en 2006.
Le plan Canicule a donc fait la preuve de son efficacité, même si l'épisode de 2015 n'a pas eu la même ampleur (durée et intensité, notamment dans les températures nocturnes) que celui de 2003.
Autre point de satisfaction : le système de santé n'a pas été engorgé, malgré une hausse sensible des sollicitations. Les hôpitaux ont ainsi dénombré 3.580 passages aux urgences liés à la chaleur, soit trois fois plus qu'à la même période sans canicule. De même, SOS Médecins a enregistré plus de 1.460 consultations liées à la chaleur, soit dix fois plus que sur une période équivalente sans canicule.

Des collectivités "fortement impliquées"

Ces chiffres et cette bonne tenue du système hospitalier doivent toutefois être relativisés. Dans son rapport de 2014 sur les urgences hospitalières, la Cour des comptes rappelle en effet que les urgences enregistrent chaque année plus de 18 millions de passages (soit plus de 49.000 par jour), concernant 10,6 millions de personnes. Les 3.580 passages liés à la canicule représentent donc 0,02% du total annuel...
Cette disponibilité des urgences n'en est pas moins utile, puisque 56% des personnes passées par les urgences en lien avec la chaleur ont été hospitalisées, proportion qui monte à 76% chez les plus de 75 ans.
Marisol Touraine tire deux enseignements de cet épisode. Le premier réside dans les effets bénéfiques de l'anticipation, qui est l'objet même du plan Canicule. Le second concerne la nécessité de répéter et de diffuser le plus largement possible les messages de prévention.
La ministre de la Santé a conclu en soulignant "l'excellence de notre système de santé et l'efficacité de nos dispositifs de sécurité sanitaire". Elle a également estimé que les Français peuvent "être fiers de cette mobilisation collective et confiants dans notre capacité à prendre en charge nos concitoyens dans des situations de tension". Au passage, Marisol Touraine a aussi salué "le tissu associatif et les collectivités locales qui se sont fortement impliqués" (voir notre article ci-contre du 1er juillet 2015). 

 

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