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avec AFP / Localtis

Maternités : des médecins défendent des fermetures "nécessaires" pour "la sécurité des soins"

Santé, médico-social, vieillissement

Cohésion des territoires

La fermeture de certaines maternités de proximité est "une nécessité pour préserver la qualité et la sécurité des soins", ont estimé ce lundi 25 février une dizaine de syndicats de médecins et de sociétés savantes, appelant à refuser "la démagogie" malgré les "inquiétudes" grandissantes des populations concernées.
"L'évolution" de l'offre de soins en maternité "est urgente et inéluctable du fait" du manque de médecins dans certains établissements, font valoir ces organisations dans un communiqué signé notamment par l'intersyndicale de praticiens hospitaliers APH, la Société française de néonatologie ou encore le syndicat Jeunes médecins. Si les gynécologues, anesthésistes-réanimateurs, pédiatres, urgentistes, etc., "entendent les inquiétudes qui grandissent autour de la fermeture de certaines" structures, "le problème de sécurité des patientes et des nouveau-nés doit être au coeur" des réflexions sur le sujet, ont-ils précisé. "Ne pas accepter les nécessaires restructurations, c'est (...) mettre en danger les femmes qui viennent accoucher, comme les personnels soignants", assurent les signataires.
"Maintenir une maternité qui ne parvient pas (...) à offrir une organisation pérenne 24h/24 répondant aux critères de qualité/sécurité" de la Haute autorité de santé "est une erreur managériale pour les directions d'hôpitaux, médicale pour les médecins et les sages-femmes et une tromperie politique envers les femmes", jugent-ils.
"Refusons la démagogie", insistent-ils, dénonçant des projets médicaux de territoire reflétant "trop souvent" la "pression des politiques" au détriment "des réflexions des soignants, seuls véritables experts".
Sur la même ligne, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a redit dimanche sur Radio J que "proximité ne rim(ait) pas toujours avec sécurité", défendant la future labellisation d'"hôpitaux de proximité" recentrés sur la médecine générale, la gériatrie et la réadaptation, sans chirurgie ni maternité, prévue par son projet de loi santé.
La semaine dernière, la mort d'un enfant in utero aux urgences de l'hôpital de Die (Drôme), privé d'accouchements depuis 2017, a relancé le débat sur les maternités de proximité, alimenté depuis plusieurs mois par des fermetures fortement contestées à Bernay (Eure), Creil (Oise) ou encore au Blanc (Indre). Une marche blanche est organisée le 2 mars à Die, a annoncé lundi le collectif de défense de l'hôpital.
Selon une étude de la Drees (service statistique des ministères sociaux), le nombre de maternités est passé de 814 en 1996 à 498 en 2016 en France métropolitaine.

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