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Pollution de l'eau : Amorce propose des plans territoriaux de lutte contre les plastiques

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Morgan Boëdec / MCM Presse pour Localtis
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Environnement

À l’occasion de son premier colloque ce 19 mars sur la gestion de l’eau, le réseau d’élus et d’entreprises Amorce a détaillé sa proposition de plans territoriaux de lutte contre les plastiques qui s'appuie sur des retours d'expériences de ses collectivités adhérentes et semble intéresser le gouvernement. 

L’association d’élus et d’entreprises Amorce entend faire entendre sa voix dans un domaine en pleine dynamique - seconde phase des Assises de l’eau oblige (voir notre article lors de leur lancement) - de travaux et réflexions. "Nous y participons d'ailleurs en plaidant pour une mise en cohérence des procédures environnementales. Car sur le terrain, les collectivités, tant sur les questions d'usage d'eaux non conventionnelles que de valorisation des boues issues du traitement des eaux usées comme amendements organiques, font face à des freins réglementaires", a expliqué Muriel Floriat, responsable du pôle eau fraîchement créé chez Amorce, en aparté du premier colloque sur l'eau que l'association a organisé le 19 mars à Paris.

Des élus et experts y ont pointé les blocages persistants depuis une dizaine d'années sur l'enjeu de réutilisation de l'eau usée épurée (Reuse) et le retard considérable pris par la France dans ce domaine. "Même dans le cadre de ces assises de l'eau, dont on peut craindre qu'elles ne débouchent que sur des mesurettes, on nous rétorque que la ressource en eau ne manque pas et que la Reuse n'est pas un réel sujet", s'étonne Thierry Burlot, vice-président du comité de bassin Loire-Bretagne et administrateur d'Amorce. 

Dispositifs de prévention

Outre plaider "pour une réglementation qui laisse la place à l'expérimentation", l'association alerte sur la nécessité de trouver des financements pour aider les collectivités à relever les nouveaux défis d'adaptation au dérèglement climatique et de lutte contre les pollutions plastiques et médicamenteuses. "Dépôts sauvages abandonnés par exemple sur les berges, microplastiques rejetés, entre autres, dans les eaux usées lors du lavage de vêtements synthétiques dans nos machines à laver... ces flux difficiles à quantifier et sources de pollutions plastiques se diversifient. Pour les prévenir, les détecter, les intercepter dans les réseaux d'eaux usées ou pluviales, nos adhérents, côté collectivités, n'ont pas attendu de consignes pour agir", raconte Nicolas Garnier, délégué général d'Amorce. Et de citer les exemples des villes de Cannes et Collioure qui ont apposé des plaques "Ne rien jeter, la mer commence ici" directement sur des grilles pluviales identifiées comme stratégiques. "Un bon dispositif préventif nullement réservé au littoral et que je suggère de mettre en place à Metz", rebondit René Darbois, l'adjoint au maire de cette ville en charge du développement durable et président du syndicat des eaux de la région messine.

Plans territoriaux

Pièges à macrodéchets induisant - en amont comme en aval des systèmes d'assainissement - une lourde maintenance, captation des particules plastiques en station d'épuration (testé à Nice dans le cadre d'un projet sur trois ans 2016-2019 porté par Suez), la recherche progresse sur le sujet. Mais la valorisation de ces plastiques interceptés reste rare. Pour impliquer les services environnementaux des collectivités, mieux se coordonner et améliorer la gestion de ces déchets qui polluent l'eau, Amorce appelle à développer des plans territoriaux. L'idée semble intéresser le gouvernement. "Pour financer ces coûts d'interception et de traitement au niveau des systèmes d'assainissement, il faudra aller chercher à terme des financements, comme on l'a fait dans le secteur des déchets, auprès des metteurs sur le marché", prévient Nicolas Garnier. Amorce propose ainsi que les trois nouvelles filières REP sur les articles de sports et de loisirs, les articles de bricolage et de jardin, et les jouets et jeux, soient mises à contribution. 

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