Professionnaliser les entreprises du tourisme : un EPCI soutient un groupement d'employeurs (64)

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Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

Pyrénées-Atlantiques

L’agglomération Sud Pays Basque, en lien avec la CCI et un réseau d’entreprises, a signé une convention avec le groupement d’employeurs de la région. Objectif : aider les entreprises de tourisme à développer des services qui exigent des compétences pointues comme celles d’un qualiticien, d’un webmaster ou d’un nutritionniste.

L’idée est née dès 2009 d’échanges entre la CCI du Pays Basque et le réseau qui regroupe près de 600 entreprises touristiques de la région, intitulé "cluster Goazen". "Ces partenaires souhaitaient relever le niveau de professionnalisation et mutualiser les emplois pour donner aux petites entreprises la possibilité de se doter de services, comme la création d’un site internet, qu’elles ne pouvaient se permettre de construire seules", explique Jean-Michel Berra, vice-président de l’agglomération Sud Pays Basque en charge du tourisme (12 communes, 64.863 habitants). L’EPCI accepte de devenir territoire pilote, et engage une réflexion qui le conduit à consulter le groupement d’employeur (GE) du Pays Basque

Travailler avec le groupement existant plutôt que créer une nouvelle structure

"Le groupement d’employeurs était spécialisé dans les secteurs du BTP et de l’agro-alimentaire, poursuit l’élu. Mais il nous a semblé plus pertinent de tenter l’expérience avec une structure qui avait déjà de l’expérience, plutôt que d’en créer une nouvelle." Le GE, décidé à s’impliquer dans le développement d’une filière tourisme, recrute en 2011 une animatrice en charge de ce secteur. La communauté Sud Pays Basque cofinance ce poste à hauteur de 3.500 euros durant les six premiers mois, puis cette première étape se révélant concluante l’expérience se poursuit. En mars 2012, l’EPCI signe une convention (lien ci-contre) avec le GE, par laquelle il s’engage à lui verser une subvention annuelle de 5.000 euros. Par ailleurs, le GE perçoit les cotisations des entreprises adhérentes en fonction du nombre d’heures travaillées dans chacune d’elles. Il est important de noter que se sont le plus souvent les entreprises qui recommandent des candidats au GE.

Les entreprises déchargées de la gestion administratives des salariés

Les avantages de ce dispositif sont nombreux. Il permet aux opérateurs du tourisme, souvent des entreprises familiales, de recruter pour des missions ponctuelles des professionnels qu’elles n’auraient pas pu s’offrir autrement : webmaster, qualiticien ou diététicien par exemple. Le GE assume toute la gestion administrative du salarié, déchargeant ainsi les entreprises de taches annexes à leur cœur de métier. Elles peuvent le consacrer ce temps libéré à l’amélioration de leur offre.
Du côté des salariés employés par le GE, souvent des saisonniers, c’est l’occasion d’augmenter leur volume d’heures de travail, en bénéficiant de missions plus fréquentes. Le fait de travailler pour un employeur unique, qui concentre les offres d’emplois les place aussi dans une situation plus facile à vivre. "Nous sommes persuadés que c’est le bon dispositif pour aider les employeurs et les employés à améliorer l’offre touristique", assure le vice-président.

Objectif : pérenniser le poste d’animateur tourisme

Depuis 2011, le nombre d’heures facturées par le GE est passé de 7.631 pour 15 entreprises adhérentes à 28.870 pour 41 entreprises adhérentes au 31 juillet 2013. L’objectif de 30.000 heures de travail que se sont fixés les partenaires de ce dispositif en 2013 devrait donc être atteint. Il correspond au seuil minimal pour que le GE envisage de pérenniser un poste d’animateur dédié au tourisme.
Aux yeux de Jean-Michel Berra, "s’il subsiste quelques réticences de la part de certaines entreprises, inévitables dès que survient un changement d’habitudes, les professionnels du tourisme ont bien compris les avantages qu’ils pouvaient tirer du GE. Nous allons organiser quelques réunions d’explication pour finir de convaincre les entreprises qui n’ont pas encore cherché à en bénéficier." A l’automne, un bilan sera établi. Ses résultats pourraient conduire à renforcer le dispositif notamment en l’élargissant au territoire régional. La communauté d’agglomération voisine, Côte Basque Adour, s’est d’ailleurs déjà lancée dans la même démarche.

Victor Rainaldi pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

Communauté de communes Sud Pays Basque

Nombre d'habitants :

64863

Nombre de communes :

12

5-7 rue Putillenea
64122 Urrugne

Jean-Michel Berra

Vice-président en charge du tourisme
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