Haute-Garonne

Ramonville (31) accueille une radio entièrement conçue et gérée par des étudiants

Tourisme, culture, loisirs

Organisation territoriale, élus et institutions

Parce que la mairie de Ramonville a cru en un projet "bien ficelé" par et pour des étudiants, les jeunes de Toulouse - deuxième ville universitaire de France - et de son agglomération profitent désormais de Radio U.
image mairie conseils

Depuis le 1er novembre 2004, il suffit de se brancher sur 98.7 sur la bande FM pour entendre les programmes de Radio U. Une radio conçue "par et pour les étudiants, concept qui n'existait pas jusqu'à présent à Toulouse", comme aime à le souligner Pascal Delmas, président de la Fedet (Fédération des étudiants toulousains) et cofondateur de la radio avec Aymeric Gallo, animateur au Mouv'. Ainsi, la programmation, la réalisation d'émissions et chroniques, l'animation, mais aussi la gestion de la radio, ont d'emblée été confiées à des bénévoles étudiants et à des associations. Plus qu'un simple stage, cet investissement correspond selon les étudiants à une véritable immersion en milieu professionnel. En témoigne Marion Lafforgue, étudiante dans une école de communication, à qui les responsables de la radio ont confié la mission de communication qui l'occupe au moins deux jours par semaine. Elle gère notamment une équipe d'étudiants de l'IUT information et communication de l'université de Toulouse-III Paul-Sabatier qui réalisent, via la radio, un projet tutoré qui comptera ainsi dans leur parcours. "Les apports du point de vue professionnel sont indéniables", confie Marion. "Nous sommes vraiment sur le terrain et nous touchons à tous les domaines de la communication, partenariats, presse, événementiel, etc. En outre, tout en étant autonomes, nous sommes encadrés par des gens du métier, ce qui n'est pas négligeable quand on veut s'orienter dans les médias..."

Ecole de radio

De la même manière, des étudiants de l'ESC (Ecole supérieure de commerce), nommés "commerciaux" de Radio U, ont la charge de développer les relations avec les annonceurs. Une tâche importante, puisque la publicité conditionne en partie la survie de la radio. A ces ressources devraient s'ajouter, comme l'espèrent les porteurs de projet, des aides provenant des collectivités locales, celle de la commune de Ramonville en tête, puisque cette dernière a d'ores et déjà promis un soutien financier tant pour l'équipement que pour le fonctionnement. Cette activité, qui s'assimile à de la formation, préfigure d'ailleurs un grand projet des fondateurs. Faire de ce média une école de radio ouverte à des stagiaires aussi bien issus des écoles de journalismes et d'audiovisuel que de formations en communication ou d'écoles de commerce... "Nous voulons que la radio puisse être un outil de formation au service des étudiants, explique Pascal Delmas. Et, à terme, nous prévoyons de recruter des professionnels pour encadrer tous nos étudiants." Actuellement, la programmation musicale occupe la majeure partie de la grille, sachant que la radio émet 24 heures sur 24. Trois tranches horaires font l'objet de productions et réalisations sonores. De 17 à 21 heures, la radio émet en direct en donnant notamment la parole aux associations qui expliquent leurs activités et donnent "des bons plans".

Une visée citoyenne

Des groupes locaux de rock occupent ensuite la tranche horaire de 19 à 21 heures alors que la libre antenne, de 21 heures à 1 heure du matin est occupée par une programmation musicale choisie en fonction d'un thème différent chaque soir. Cette libre antenne est également alimentée par des chroniques réalisées par les étudiants de l'INP (Institut national polytechnique), forts d'une expérience dans ce domaine puisque ces derniers ont fait fonctionner leur propre radio, Spin FM, pendant quelques années. Radio U émet d'ailleurs sur son ancienne fréquence. La programmation devrait s'étoffer progressivement. Est ainsi prévue la diffusion régulière d'informations pratiques et culturelles, d'émissions musicales et d'émissions-débats destinées à "développer notamment la citoyenneté chez les étudiants", précise Pascal Delmas. "Nous souhaitons par exemple collaborer avec les universités pour expliquer comment fonctionnent leurs instances décisionnelles, préciser le rôle des étudiants dans ces mêmes instances afin d'inciter ensuite ces derniers à aller voter. Nous souhaitons également travailler avec la préfecture sur le thème de la sécurité routière, aborder l'accueil des étudiants étrangers et plus globalement les échanges à l'international." Des émissions vivantes qui devraient s'appuyer sur des témoignages d'étudiants étrangers et d'étudiants français ayant bénéficié, entre autres, de bourses Erasmus.

Répondre aux attentes des étudiants

A en croire déjà ceux qui s'investissent dans la radio, ce média constitue, outre un bon outil de formation, une véritable réponse aux attentes des étudiants. "C'est un bon moyen d'aider les personnes qui arrivent sur Toulouse", note ainsi la responsable communication. Outre les informations pratiques, les étudiants espèrent visiblement beaucoup des émissions et des manifestations qui seront organisées par la radio, puisque cette dernière une autre corde à son arc, la création d'événementiels. Elle organisait ainsi pour début 2005, en partenariat avec la Fedet, un concours de groupes musicaux étudiants, "Tremplin Fac en scène", et un festival du cinéma au printemps. Certains, comme Paul Moulas, chroniqueur à Radio U, y voient aussi un bon moyen de "fédérer les étudiants". Dans une ville qui en regroupe près de 100.000, ceux-ci ne passent pas de campus en campus et "ne se connaissent pas". "Les étudiants savent ainsi, grâce aux chroniques quotidiennes concernant l'actualité culturelle, sportive, sociale et associative ce qui se passe et où, confie-t-il. Et plus on avance, plus on se rend compte que beaucoup d'informations peuvent toucher ces mêmes étudiants." Les fondateurs n'ont d'ailleurs pas foncé tête baissée dans ce projet. Une enquête menée auprès d'un panel de 300 étudiants répartis sur les universités de Toulouse-I, II et III et d'une soixantaine de BDE (bureaux des étudiants), avaient permis de sonder les attentes du public, particulièrement en matière de programmes musicaux.

Camille Pons pour Localtis

"La radio devrait permettre de fédérer les associations d'étudiants"

Daniel Rivals est adjoint au maire de Ramonville, en charge de la démocratie, de la jeunesse et de la communication.

Comment s'illustre le soutien de la ville de Ramonville à Radio U ?

Pour l'instant, nous avons fait une promesse de financement et nous attendons impatiemment que les responsables de la radio nous présentent leur budget prévisionnel et leur demande de subvention, avant de soumettre cette dernière au conseil municipal. La hauteur du financement dépendra de la participation des autres partenaires, participation qui nous semble logique puisque ce projet intéresse toute la communauté universitaire, les institutionnels comme la ville de Toulouse, le conseil général et le conseil régional, ainsi que les universités. Nous envisageons une subvention d'installation et une subvention de fonctionnement, donc un soutien financier chaque année.

Qu'est-ce qui vous a intéressé dans ce projet ?

Dans le cadre de mes responsabilités à la mairie, je reçois beaucoup de jeunes qui veulent monter des radios. C'est une action enrichissante et formatrice, mais il est rare que le projet soit bien ficelé, notamment pour le montage financier. Pour ce projet, le savoir-faire et le dynamisme permettaient néanmoins de penser que ce dernier pouvait aboutir. L'esprit du projet nous semble par ailleurs intéressant, car la radio devrait permettre de fédérer les associations estudiantines culturelles, sociales, sportives, humanitaires, etc.

Radio U en quelques chiffres

Le budget annuel de fonctionnement de la radio devrait s'établir à environ 100.000 euros.

Radio U a pour l'instant reçu la promesse de soutien financier de la mairie de Ramonville, qui devrait s'élever selon les porteurs de projet à environ 40.000 euros pour couvrir les frais d'installation. Cet apport devrait être complété par une subvention annuelle destinée à couvrir une partie des frais de fonctionnement. La radio bénéficie par ailleurs du soutien du Havana Café à Ramonville, qui l'héberge dans ses locaux, soutien qui correspond selon les fondateurs de la radio à environ 45.000 euros. Les fondateurs espèrent un appui complémentaire de la mairie de Toulouse, de la communauté d'agglomération du Grand Toulouse, du conseil régional Midi-Pyrénées et du conseil général de la Haute-Garonne dont les représentants ont assisté à l'inauguration officielle de la radio le 4 novembre dernier. La publicité, à hauteur maximum de 20% du chiffre d'affaires, devrait permettre de compléter ces ressources.
Les initiateurs du projet feront quant à eux une demande de renouvellement d'émission, pour l'instant provisoire, auprès du CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) en juin 2005 et espèrent obtenir une fréquence définitive d'ici deux ans.

 Aller plus loin sur le web :
 
La grille de programme de Radio U... et un appel à candidats animateurs, journalistes, techniciens...
http://www.radio-u.net

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