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Revitalisation des centres-villes plutôt que construction de maisons individuelles : le gouvernement assume

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Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis
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Logement

Cohésion des territoires

France

Le ministre du Logement dit assumer la baisse des constructions de maisons individuelles en périphérie, la priorité devant être donnée à la revitalisation des centres. Notamment grâce au "Denormandie ancien".

"Diriger c'est faire des choix, donc on a fait des choix. [...] La conséquence de ça, c'est d'assumer que la maison individuelle en périphérie, son chiffre de construction diminue. [...] Moi, je l'assume." Intervenant, le 29 août, à la fois sur BFM Business et sur Radio Immo lors du REF (Rassemblement des entreprises de France, ex journées d'été du Medef), Julien Denormandie a été très clair. Le ministre chargé de la Ville et du Logement revendique en effet la priorité donnée à la revitalisation des centres des villes moyennes, au détriment des dispositifs favorisant la construction de logements individuels.

"Ce n'est pas la société qu'on souhaite"

Au 30 juin 2019, les mises en chantier de logements individuels purs – autrement dit les "maisons individuelles" – avaient reculé de 7,5% sur les douze derniers mois, alors que les logements collectifs (-4,0%) et les logements individuels groupés (-1,4%) résistaient mieux sur la même période (voir notre article ci-dessous du 30 juillet 2019). Une situation qui inquiète les constructeurs (voir notre article ci-dessous du 27 février 2019). Pour ces derniers, qui n'hésitent pas à évoquer le risque d'un effondrement du marché, la raison tient avant tout à la suppression du PTZ (prêt à taux zéro) dans les zones les moins tendues en matière de logement (zones B2 et C). Or celles-ci concentrent une bonne part des constructions de maisons individuelles, notamment en zones rurales et en périphéries urbaines.

Mais, pour Julien Denormandie, "il y a des maisons individuelles qui naissent du fait de dispositifs fiscaux que l'Etat avait créés et qui avaient une conséquence, c'était que le centre-ville périclitait. [...] Tout le monde allait vers ces nouvelles maisons individuelles." Or, "ce n'est pas la société qu'on souhaite". Pour le ministre du Logement, la priorité doit donc être donnée à la revitalisation des centres des villes moyennes : "Dans toutes ces villes [...], on va plutôt aller revitaliser l'intérieur, parce qu'on ne veut pas de logements vacants ou de logements qui se paupérisent à l'intérieur."

Dispositif Denormandie et logements vacants

Le ministre du Logement a notamment insisté sur le nouveau dispositif fiscal qui porte son nom. Créé par la loi de finances pour 2019, le dispositif "Denormandie dans l'ancien" instaure une réduction d'impôt ouverte dans environ 220 villes petites ou moyennes pour les investisseurs qui achètent un bien immobilier ancien (qui peut être une maison) et le rénovent pour un coût au moins égal à 25% de la valeur totale de l'opération (voir notre article ci-dessous du 28 mars 2019). Cette déduction fiscale est accordée en contrepartie d'une mise en location du bien pour des personnes à revenus modestes, avec des loyers plafonnés et pour une durée de six, neuf ou douze ans.

Tout en revendiquant cette priorité donnée à la revitalisation des centres-villes, Julien Denormandie a néanmoins reconnu les effets encore limités de la loi Elan du 23 novembre 2018 (loi portant évolution du logement, de l'aménagement et du numérique). Il a ainsi affirmé qu'"il nous faut construire davantage dans certains endroits". Mais il est également revenu sur l'importance donnée à la rénovation, dont il entend "faire un très grand marqueur de [son] action" et dont le dispositif fiscal Denormandie ne constitue qu'un aspect. Autre priorité : la lutte contre la vacance, qui concernerait "plusieurs centaines de milliers de logements, [...] très probablement en zones tendues" (voir notre article ci-dessous du 28 juin 2018).

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