Sept territoires s'engagent sur le déploiement des conseillers inclusion numérique

Déployer en masse des conseillers numériques impose de s'organiser pour les recruter, les affecter, les accompagner et les financer. Cinq intercommunalités et deux départements se sont engagés le 16 février 2021 aux côtés de l'État pour mettre en place une "coordination territoriale pour l'inclusion numérique" (CTIN). Avec pour objectif d'établir un modèle de gouvernance utile aux autres territoires.

L'État a décidé d'affecter l'essentiel du volet inclusion numérique du plan de relance (250 millions d'euros) au recrutement de conseillers numériques. Ces bras, demandés de longue date par les collectivités depuis la suppression des contrats aidés, vont devoir trouver leur place dans les dispositifs d'inclusion numérique locaux. Or ceux-ci sont à conjuguer au pluriel, les cartographies réalisées par les collectivités les plus avancées dans leur stratégie d'inclusion numérique montrant un foisonnement d'acteurs et d'initiatives.

185 conseillers financés

C'est pour tenter de définir une méthode, de préciser la "gouvernance locale de l'inclusion numérique" que sept territoires (les intercommunalités de La Rochelle, Lille, Lyon, Strasbourg, le Sicoval et les départements de Haute-Garonne et du Rhône) accompagnés par l'association les Interconnectés ont imaginé un dispositif de "coordination territoriale pour l'inclusion numérique" (CTIN). Soutenue par le secrétariat d'État au Numérique et l'Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT), l'initiative va prendre la forme d'un financement par l'État de 185 conseillers numériques, soit une enveloppe de 9,25 millions d'euros au total. Ces conseillers pourront, au choix des territoires, être embauchés en tant qu'agent, que contractuel ou salarié s'il s'agit d'une association. L'État prendra en charge la rémunération à hauteur d'un Smic pendant deux ans (ou 70% pendant 3 ans), les collectivités assurant l'éventuel complément de salaire.

Un effet démultiplicateur

À l'aide de ces postes, les collectivités s'engagent à structurer la gouvernance locale de l'inclusion numérique – notamment l'articulation département, métropole, commune – et à chercher des leviers pour démultiplier les actions de formation. "Il s'agit de réfléchir collectivement aux financements et aux partenariats possibles (la poste, Pole emploi, CAF…), d'expérimenter des montages susceptibles d'être reproduits ailleurs" précise Céline Colucci, déléguée générale des Interconnectés. En Haute-Garonne ces conseillers seront affectés principalement dans les maisons départementales de proximité et travailleront avec les maisons de services au public (MSAP). A la Rochelle, on promet "des animateurs sur le terrain, garantissant un maillage territorial de l'accompagnement au numérique". À Strasbourg, on relève la nécessité de travailler en lien étroit avec l'État, "la moitié des demandes d'aide sur les formalités concernant la préfecture". À Lyon, on se fixe pour objectif d'amplifier le mécénat pour que "chacun prenne sa part".

Faire des émules

Cette structuration de la gouvernance sera accompagnée d'un groupe de travail animé par les Interconnectés. Les collectivités souhaitent documenter le dispositif CTIN par l'élaboration de chartes, de cahier des charges de formation ou encore de modèle d'habilitation … Autant d'outils qui seront mis à disposition des autres territoires. Le secrétaire d'État au Numérique, Cédric O, s'est félicité d'une initiative qui "fait confiance aux collectivités pour recruter, former et déployer les conseillers numérique". Il a aussi espéré que l'initiative fasse des émules. Il est vrai que les signataires de ce protocole sont tous des acteurs bien avancés dans leur stratégie d'inclusion numérique (cartographie des acteurs, convention Aptic pour le déploiement des chèques…). Or avec 800 personnes formées par conseiller, et au moins six millions de personnes à former, ce sont des milliers de conseillers qu'il va falloir recruter et coordonner.

La commission numérique ADCF-France urbaine-Interconnectés renouvelée

France urbaine, l'ADCF et les Interconnectés disposent d'une commission numérique commune. Le 4 février celle-ci a renouvelée ses instances en nommant quatre vice-présidents : Francky Trichet, conseiller municipal et vice-président de Nantes Métropole en charge de l'innovation et du numérique, Bertrand Serp, adjoint au maire de Toulouse et vice-président de Toulouse Métropole en charge du numérique, Jacques Oberti, président du Sicoval, et Marlène le Dieu de Ville, vice-présidente déléguée à l'économie numérique de la communauté de communes Lacq-Orthez. Elle a défini quatre thématiques prioritaires pour ses travaux : la data, le numérique responsable et durable, l'aménagement numérique du territoire et la lutte contre l'illectronisme. Dans les mois qui viennent la commission suivra plus particulièrement le volet transformation numérique du plan de relance (88 millions d'euros), la mise en œuvre des contrats de relance et de transition écologique ainsi que les débats sur la 5G organisés par ses membres.

 

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