Solutions solidaires : ce qu'attendent les Français

Initiée par la Gironde, elle est aujourd'hui portée par treize départements. La "plateforme des solidarités nouvelles" entend être un "incubateur d'idées et solutions". À l'approche de ses deux journées annuelles de débats et échanges, elle publie les résultats de son premier baromètre sur les attitudes et attentes des Français en matière sociale. Un état des lieux évidemment très marqué par la crise sanitaire.

À l'occasion de la troisième édition de son événement annuel, les 2 et 3 février, Solution solidaires – "la plateforme des solidarités nouvelles"  – publie les résultats d'un baromètre commandé à l'Ifop. Celui-ci restitue les opinions des Français sur une série d'items portant notamment sur la perception des menaces, l'attitude face aux changements, le besoin de protection, les acteurs les mieux à même de l'assurer; les valeurs, ou encore les solutions les plus utiles pour aider les gens au quotidien.

Questions sanitaires et changement climatique

Solutions solidaires a été créé, il y a deux ans, par Jean-Luc Gleyze, le président du conseil départemental de la Gironde. La plateforme se présente comme "un incubateur d'idées et solutions, au service des solidarités nouvelles". Plusieurs départements de gauche se sont associés à la démarche : Ardèche, Aude, Dordogne, Haute-Garonne, Gers, Hérault, Landes, Loire-Atlantique, Lot-et-Garonne, Nièvre, Meurthe-et-Moselle et Seine-Saint-Denis. Ces départements figurent aussi - avec la Gironde qui en était également l'initiateur – parmi les promoteurs du revenu du base (voir notre article du 8 décembre 2020). D'autres organismes sont également parties prenantes de Solutions solidaires, comme Terra Nova, la fondation Jean-Jaurès, Harmonie mutuelle, l'Avise, Alternatives économiques, le quotidien Libération...

L'enquête a été menée du 21 au 23 décembre 2020, par questionnaire auto-administré en ligne, auprès d'un échantillon de 1.005 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. Sans grande surprise, les changements en cours qui préoccupent le plus les Français sont bien sûr – pandémie oblige – les nouvelles questions sanitaires, le réchauffement climatique, les écarts de revenus et de richesses et la mondialisation de l'économie. En revanche, les inégalités entre territoires et le vieillissement de nos sociétés ne sont que très faiblement cités. Les résultats sont très voisins sur les changements que les Français jugent les plus dangereux pour la société. Il en est de même pour ceux qu'ils jugement le plus dangereux pour eux-mêmes. 

On compte sur l'État, mais on fait d'abord confiance à soi-même

Plus original : les Français ont également été interrogés sur "les aspects de la vie pour lesquels on aurait davantage besoin de protection". Ce besoin est ressenti en priorité face à la maladie, mais aussi face à la délinquance et aux incivilités. Viennent ensuite le changement climatique et ses conséquences, ainsi que le risque de pauvreté et celui du déclassement. Malgré la crise économique provoquée par la pandémie, le risque de perdre son emploi n'est que très peu cité.

À l'encontre du discours anti-État solidement installé et encore accru par la crise sanitaire, l'État est de très loin l'acteur le plus attendu pour apporter ces protections supplémentaires (56%). Les collectivités territoriales viennent très loin derrière (12%), juste devant l'individu lui-même (9%) et la famille (7%). Ces réponses de principe n'empêchent pas les Français de compter habituellement sur eux-mêmes pour se protéger (52%), devant la famille (20%) et l'État (11%). Les collectivités plafonnent à 5% et des acteurs comme les associations, les syndicats ou les collectifs de citoyens obtiennent des scores très faibles (1 à 2%).

Les Français sont très partagés sur la destination de nouvelles aides supplémentaires qui viendraient à être accordées ou créées : 52% considèrent qu'elles devraient les aider à mieux conduire leur vie au quotidien et 48% qu'elles devraient aller aux personnes les plus en difficulté.

La liberté plutôt que la fraternité

Invités à choisir, entre plusieurs solutions proposées, celles qui "aideraient le plus les gens dans leur vie quotidienne", les Français citent en premier la garantie pour tous d'avoir accès à une alimentation de qualité (35% de citations cumulées), des aides supplémentaires pour le maintien au domicile des personnes âgées (35%), la création d'un revenu de base minimum qui serait versé à tout le monde (31%), un soutien financier pour les aidants (28%) et la mise en place d'un plafonnement des loyers (24%).

Enfin, interrogés sur les valeurs qui ont le plus d'importance à leurs yeux, les Français citent la liberté (35% de citations cumulées), l'autonomie et la capacité pour chacun de maîtriser sa vie (32%), la solidarité (31%), l'égalité (28%) et la responsabilité (21%). Signe des temps ? : la fraternité et la proximité arrivent en queue de peloton, avec respectivement 8% et 2%.

 

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