Sur une base aérienne désaffectée, Cœur d'Essonne Agglomération crée la ferme de l’Envol

Sur les 300 hectares d'une ancienne base aérienne, Cœur d'Essonne Agglomération a imaginé un projet de développement incluant une ferme de 75 hectares. Elle s'inscrit dans un projet plus vaste qui entend vivifier le tissu agricole du territoire.

Au premier janvier 2016, les intercommunalités de l'Arpajonnais et du Val d'Orge ont fusionné pour donner naissance à Cœur d'Essonne Agglomération : 21 communes, 194.000 habitants. Les deux intercommunalités étaient en pointe sur la préservation des terres agricoles mais souhaitaient aller plus loin. L'opportunité d’acquérir les 300 hectares de la base aérienne 217 a permis de donner corps à leurs ambitions.

Redynamiser le site

Le projet "La Base 217" doit permettre de pallier la perte de 2.000 emplois, civils et militaires, provoquée par l'abandon du site par l’Armée. À côté de la ferme, qui s'implante sur 75 hectares, on trouve des projets économiques, culturels et de loisirs, dont une piste de chars à voile. Le contrat de site, signé avec l'État pour redynamiser le territoire, est doté de 34 millions d'euros. Les terrains sont, quant à eux, cédés à l'agglomération pour l'euro symbolique.
Toutes les conditions sont réunies pour que le projet s’épanouisse, mais inventer un nouveau modèle de ferme agro-écologique n'est pas chose facile. En 2017, Cœur d'Essonne Agglomération signe une convention avec le groupe SOS, une structure de l'économie sociale et solidaire (ESS) compétente en la matière. Le directeur du projet La Base à Cœur d'Essonne Agglomération, Étienne Monpays, s'en réjouit : "L'association Ferme d'Avenir, rattachée au groupe SOS, a bien compris la demande des élus et nous a aidés à trouver le bon niveau d'ambition, c'est avec eux et les agriculteurs que nous avons monté le projet Sésame."

Projet Sésame

La création d'une ferme sur le site de la Base 217 ne pouvait pas, à elle seule, constituer un projet agri-écologique. Cette ferme permettait de tester un modèle original tant au niveau économique que cultural mais elle devait s'inscrire dans un projet plus vaste. La volonté des élus étant de prendre en compte tout la chaîne qui va de la graine à l'assiette, il fallait donc démultiplier le nombre de fermes et nouer des partenariats : pour la formation des nouveaux agriculteurs, la transformation des produits, le financement des projets... Le dispositif complet, qui doit être en place d'ici 2030, a été baptisé Sésame. Il prévoit l'implantation de 40 fermes au sein de l'agglomération et de 60 autres réparties dans tout le département de l'Essonne.

La ferme de l'Envol

Première pierre de ce vaste édifice, la ferme de l'Envol, implantée sur la Base 217. C'est une société coopérative d’intérêt collectif (Scic), qui regroupe des capitaux publics et privés. Cœur d'Essonne Agglomération a mis les terrains à disposition de la Scic et s'est occupée de leur viabilisation. L'agglomération participe également au capital de la société à hauteur de 400.000 €, sur un total de 4 millions d'euros in fine.
À terme la ferme de l'Envol doit accueillir 14 agriculteurs. Dès 2018, lorsque l'autorisation d'exploiter fut accordée, les cinq premiers porteurs de projet ont effectué un test de culture sur 4 hectares : les analyses de sol avaient montré que les terres n'étaient pas polluées, restait à vérifier qu'elles se prêtaient bien à la culture. Les résultats de ce premier test furent des plus concluants, malgré la canicule, les cultures ont prospéré. Avec la livraison des serres, au printemps 2020, la phase de production a commencé. Contrairement au projet initial, les 75 hectares dont dispose la ferme ne seront pas entièrement consacrés au maraîchage bio. Afin d'adopter un modèle d'agriculture durable, les différents partenaires se sont mis d'accord pour mêler polyculture et élevage. Ainsi, non seulement l'offre de produits bio et de proximité sera renforcée mais, avec elle, la biodiversité.

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