À Uxegney, la gestion alternative des eaux pluviales prépare l’écoquartier (88)

Afin de transformer une friche industrielle en écoquartier, la commune d’Uxegney a mené d’importants travaux de prévention des inondations. L'Avière, un affluent de la Moselle, a retrouvé son lit majeur et les eaux pluviales s’infiltrent naturellement dans les sols.

C'est en 2005 que l'usine textile implantée sur la commune d'Uxegney (2.400 habitants) à l'ouest d'Épinal ferme ses portes, créant une friche de plus de cinq hectares. La commune souhaite y construire un quartier mixte, composé de logements, de commerces et de surfaces d'activité.
Partenaire de la commune, l'établissement public foncier de Lorraine acquiert le terrain en 2009 et entreprend, en 2015, les travaux de déconstruction et de désamiantage. Il participe aussi à l'élaboration du projet, aux côtés de l'agence de l'eau Rhin-Meuse et de la direction départementale des territoires (DDT) sur le volet de restauration des berges de l’Avière.
Le site est bordé par un cours d'eau, l'Avière, partiellement canalisé, et qui, en période de crue, provoque des inondations. Pour les éviter il faut que l'Avière retrouve son lit majeur et que le nouveau quartier opte pour une gestion alternative des eaux pluviales. Plus question, dorénavant, d'imperméabiliser les sols et de rejeter les eaux pluviales à l'égout.

6.100 plantes hélophytes dépolluent les eaux pluviales

Les élus d’Uxegney sont désireux de construire un écoquartier, avec une gestion exemplaire des eaux pluviales. Ainsi de petits fossés remplacent certains trottoirs et l'eau de pluie s'écoule jusqu'à une grande noue paysagère qui coupe le site du nord au sud.
Le directeur général des services de Uxegney, Jean-Louis Thomas, insiste sur le traitement des polluants dont se charge l'eau de pluie en ruisselant sur le sol : "Nous utilisons 6.100 plantes hélophytes, qui s'enracinent dans l'eau et poussent en surface, comme les joncs, les massettes, les roseaux... Ces plantes dépolluent les eaux pluviales dans la zone de rejet végétalisée créée à cet effet avant qu’elles ne soient rejetées dans l'Avière. Ce faisant nous contribuons au bon état écologique de la rivière."
La renaissance de l'Avière est également passée par la suppression d'une digue de 2 mètres de hauteur qui canalisait le cours d'eau, et par l'excavation de 11.500 m3 de terre. Il s'agissait pour l'essentiel de terres de remblais, non polluées. Lorsque des terres polluées ont été trouvées, elles ont été transférées dans des décharges appropriées. 

L’ancien site industriel devient espace public

En novembre 2019 l'aménagement du terrain est terminé et une quinzaine de bâtiments sont en construction. Dès 2020, aux côtés des maisons destinées aux primo-accédants, seront implantés des logements sociaux, 19 maisons pour seniors non dépendants, un supermarché de proximité, une maison médicale... et par la suite, des entreprises. La communauté d'agglomération d'Épinal qui a la compétence développement économique s'en occupe. L'ensemble de l'opération s'élève pour la commune à deux millions d'euros, mais grâce aux subventions, accordées en particulier par l'agence de l'eau, à la commercialisation des terrains viabilisés, le reste à charge est de 500.000 euros.
Il est encore trop tôt pour savoir si les travaux réalisés afin de permettre à l'Avière de retrouver son lit auront raison des inondations. Le champ d’extension de la rivière a été doublé sur le linéaire concerné, mais aucune crue n'a encore permis de tester le dispositif en vraie grandeur. Par contre, les plantes hélophytes se sont développées et l'épuration des eaux pluviales fonctionne très bien. 
Le site industriel, qui n'était pas accessible, est aujourd'hui un espace public aménagé, un corridor écologique traversé par des sentiers de découverte. "Les administrés se sont rapidement réappropriés le site, conclut Jean-Louis Thomas, cet autre objectif est en passe d’être atteint."

Haut de page