Casiers solidaires de rue expérimentés à Montreuil (93)

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par
Emmanuelle Stroesser
dans

Social

Seine-Saint-Denis

Avoir à nouveau une clé, accrocher la photo d’un de ses proches, c’est tout un symbole pour des personnes à la rue. C’est sur ces symboles que compte l’association Emmaüs Alternatives pour réaliser un accompagnement social, en s’inspirant d’une expérience lancée au Portugal. Exemple avec l’expérimentation menée depuis fin 2018 à Montreuil où une douzaine de casiers solidaires ont été installés dans l’espace public. 

Entre le 15 octobre 2018 et le 30 septembre 2019, 11 personnes (dix hommes et une femme) ont pu bénéficier d’un casier. Neuf vivent à la rue depuis plus d’un an, et même plus pour trois d’entre elles. Près de la moitié n’avaient aucune domiciliation, quatre chez des tiers, deux chez Emmaüs. Dix n’avaient pas de couverture santé. Trois sont en activité professionnelle. Bien davantage que de simples consignes, ces casiers sont le prétexte à un accompagnement social au plus près des personnes sans-abri. 

Trois places de stationnement libérés en plein centre-ville

Les casiers ont été installés à la mi-octobre 2018 sur trois places de stationnement libérées par la ville de Montreuil en plein centre-ville. Le lieu d’implantation a été décidé d’un commun accord par la ville et Emmaüs Alternatives. "Les casiers doivent être installés dans un périmètre proche de l’endroit où dorment les sans-abri. D’où le choix du centre-ville, pas trop à l’écart", explique la directrice du Pôle action sociale et hébergement à Emmaüs Alternatives, Marie-Hélène Le Nedic. 

Contrat signé avec les bénéficiaires

Les personnes bénéficient de leur casier gratuitement, peuvent y stocker leurs affaires personnelles, et y ont accès à toute heure du jour et de la nuit. "En revanche, nous avons des clauses d’arrêt dès lors que la personne ne se conforme plus aux engagements pris, souligne la directrice de l’association. Car ce dispositif n’existerait pas sans accompagnement." Les bénéficiaires ont tous signé un contrat, stipulant les engagements réciproques, dont celui de se rendre au moins tous les jeudis à son casier pour y rencontrer le travailleur social. Pour eux, cela devient leur unique référent social. 

Accompagnateur social recruté

Un travailleur social a été recruté par l’association pour gérer les 12 casiers de Montreuil et bien sûr faire un réel accompagnement en journée et dans la rue auprès des 11 bénéficiaires, dont trois travaillent. Doté d’un ordinateur portable, d’une imprimante, d’un scan, il réalise un travail sur le terrain en allant au-devant des personnes. "L’idée est d’accompagner pas à pas les personnes à toutes les étapes pour qu’elles concrétisent leurs démarches. Y compris en se déplaçant avec elles dans vers les locaux des administrations, des services de santé, etc.)". L’association a facilité la domiciliation de ces 11 personnes ; notamment au CCAS de Montreuil et a travaillé à leur rouvrir leurs droits sociaux. Parmi les bénéficiaires, certains ont souhaité être accompagnées pour déposer une demande de logement social. "La mise à l’abri de leurs effets personnels a permis à certains de retrouver un sentiment de sécurité et un début de confiance en eux. Ce qui   peut déclencher la volonté de sortir de la rue", assure la directrice. 

Ville facilitatrice, financements privés et fonds publics à venir  

La ville, qui a cédé des places de stationnement, et a pris en charge la logistique de l’implantation des casiers, n'avait pas la possibilité de financer le dispositif. L'association a trouvé les financements nécessaires auprès de trois fondations. La Fondation Abbé Pierre (45.000 sur trois ans), la fondation SFR (50.000 euros libres pour l’investissement et le fonctionnement) et une fondation souhaitant conserver l’anonymat (45.000 euros pour l’investissement). En tout, 140.000 ont été collectés. Cela a permis de lancer le projet. 34.000 ont été investis dans la fabrication des casiers, leur transport et la formation de l’équipe d’accompagnement.

En janvier 2020, l’État, via la direction régionale et interdépartementale de l'hébergement et du logement (Drihl), devrait financer un mi-temps du poste de travailleur social/accompagnateur. Ce qui devrait permettra de pérenniser le dispositif, selon la directrice de l’association Emmaüs Alternatives.

Commune de Montreuil

Nombre d'habitants :

105082
Place Jean-Jaurès
93105 Montreuil Cedex

Valérie Belard

Directrice du service des solidarités et du CCAS

Emmaüs Alternatives

22 rue des Fédérés
93100 Montreuil-sous-Bois

Marie-Hélène Le Nedic

Directrice du pôle action sociale et hébergement
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