Cédric O s’engage à résorber les irritants de l’aménagement numérique

Lors de son intervention au Trip en ligne de l’Avicca, le 25 novembre 2020, le secrétaire d’État aux Communications électroniques s’est engagé à traiter avec pragmatisme le problème du mode Stoc et la complétude des déploiements FTTH dans les zones Amii/Amel. Il a aussi demandé aux collectivités engagées vers le 100% fibre de ne pas être trop gourmandes dans leurs demandes de subvention.

Avec la première intervention de Cédric O en tant que secrétaire d’État chargé de la transition numérique et des communications électroniques et la dernière de Sébastien Soriano qui quittera la présidence de l’Arcep à la fin de l’année, le Trip en ligne de l’Avicca était placé sous le signe des transitions. Une transition dans les sujets – avec désormais un peu moins de temps sur les réseaux et un peu plus sur les usages – mais aussi dans les méthodes. Cédric O a fait la preuve de son "pragmatisme", notamment en s’engageant à prendre à bras le corps "les irritants" qui font de l’ombre aux avancées de la couverture numérique. Un "volontarisme" salué par le président (renouvelé) de l’Avicca, Patrick Chaize, comme par Étienne Dugas, président d’Infranum.

Le mode Stoc dans le viseur

Au premier rang des irritants, le mode Stoc et les "paquets de nouilles" qui débordent des armoires FTTH. Cédric O, apostrophé par les élus à chaque déplacement et encore le 25 novembre par le Sénat, était particulièrement remonté sur ce sujet. Déplorant "un gâchis" alors même que le plan THD atteint ses objectifs, il a affirmé que l’État était prêt à "sévir". Un peu plus tôt Sébastien Soriano avait affirmé que le sujet était identifié et en passe d’être maîtrisé. "Nous avons mis au point de nouveaux contrats entre opérateurs et sous-traitants qui devraient permettre de résoudre ce problème même si cela ne va pas se faire en un jour." Les opérateurs d’infrastructures devraient pouvoir blacklister les sous-traitants bâclant leur travail et les armoires sous-dimensionnées seront remplacées. "En revanche, il ne s’agit pas de remettre en cause le mode Stoc, il est essentiel au succès de la fibre puisqu’il permet la commercialisation des réseaux", a-t-il souligné.

Négociations sur les zones Amii

Chacun devra faire ensuite sa part sur le dossier de la complétude des déploiements. Dans les zones Amii, où l’Etat est signataire des engagements avec Orange (pour l’essentiel) et SFR (dans une moindre mesure), une négociation est en cours. Plutôt que de gloser sur les responsabilités des retards, l’opérateur historique devrait prendre des engagements fermes sur la complétude, autrement dit le raccordement des fameux "raccordables sur demande". Ceux-ci peuvent localement représenter un pourcentage significatif, bien au-delà des 8% prévus par les engagements nationaux. Pour les zones Amel, où les conventions ont été signées entre un opérateur et une collectivité, il reviendra à ces dernières de veiller au respect des engagements et de saisir l’Arcep si ce n’est pas le cas. Une saisine en dernier recours, car, comme l’a expliqué Sébastien Soriano, "l’autorité est un stimulateur et un arbitre mais n’a pas vocation à devenir le contrôleur des travaux finis". 

Faire aussi bien que le cuivre

Quant aux RIP, et notamment les 21 départements qui n’ont pas encore programmé une couverture FTTH intégrale de leur territoire, un appel à projets du Fant est dans les tuyaux. "Nous sommes d’accord sur l’objectif du 100% fibre. Maintenant, il ne faut pas d’être trop rigide sur les modalités", a fait valoir Cédric O en faisant allusion au cahier des charges en cours de négociation entre ses services et l’Avicca. La crainte du gouvernement est en effet de voir l’addition exploser du fait de collectivités qui voudraient couvrir en fibre la moindre ferme isolée… "On est d’accord sur la fourchette, 500 à 600 millions d’euros, mais il me paraît normal que l’on négocie", a déclaré le secrétaire d’État. D’ailleurs, Patrick Chaize n’a-t-il pas lui-même relativisé les 100% ?  "Il s’agit de faire au moins aussi bien qu’avec le cuivre mais on sait bien qu’aujourd’hui aucun réseau ne dessert 100% du territoire. Il faut juste que le jour où le raccordement d’un hameau sera nécessaire, il soit possible". 

Pédagogie sur la 5G

Sur la 5G, Patrick Chaize a estimé urgent que l’État fasse davantage de "pédagogie sur les ondes face à la prolifération des théories du complot". Selon le sénateur, le gouvernement a péché en laissant le dossier aux experts et oublié de rappeler qu’il n’y avait pas "une 5G mais x 5G". Or celle qui entame début décembre sa commercialisation n’est pas plus qu’une 4G++. "Elle n’a rien à voir avec la 5G des 26Ghz [déployée dans plusieurs années] sur laquelle pèsent beaucoup plus d’interrogations sanitaires", affirme-t-il. En attendant, ce dossier pourrait avoir des répercussions sur le New Deal mobile, les anti 5G s’en prenant indifféremment à toutes les antennes. Si l’Arcep juge ces problèmes "marginaux", du côté des industriels, on reconnaît que "le métier de chercheur de site mobile est plus compliqué aujourd’hui qu’il y a deux ans". 

Sébastien Soriano sur le départ

Le président de l’Arcep quittera son poste au 1er janvier 2021. Le Trip a été l’occasion de revenir sur les cinq ans de régulation. Sébastien Soriano s’est félicité de la collaboration avec les territoires, car c’est "par le collectif qu’on arrive à résoudre les problèmes". Il a fait valoir que le plan THD était "un des rares chantiers d’infrastructure où on a réussi à maîtriser les coûts. Quand on pense aux centrales nucléaires, cela mérite d’être souligné". Autre motif de satisfaction : la régulation par la data, car "c’est bien parce qu’il y a des cartes de couverture mobile si inexacte soient elles que l’on peut se parler". Quant à sa ou son successeur, il lui a prédit un mandat davantage centré sur la transformation numérique et l’empreinte écologique.

 

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