Sports - Dans les ZUS, manque d'équipements et contextes locaux entravent la pratique sportive

Le faible taux d'équipements sportifs en zones urbaines sensibles (ZUS) constitue un frein à la pratique sportive dans ces territoires, mais le contexte local joue également un rôle négatif. Tel est le constat d'une étude du ministère des Sports.
En 2013, le ministère des Sports choisissait de consacrer une grande enquête aux équipements des ZUS (lire ci-contre notre article du 26 juillet 2013). Un an plus tard, l'étude issue de cette enquête, "L'offre d'équipements sportifs et les freins à la pratique sportive dans les zones urbaines sensibles", confiée au Credoc, livre une analyse en deux volets. Le premier, quantitatif, relève de l'exploitation statistique des données du recensement des équipements sportifs, espaces et sites de pratiques (RES). Le second, qualitatif, restitue une vingtaine d'entretiens centrés sur les freins à la pratique sportive.
Fin 2013, les ZUS abritaient près de 9.000 équipements sportifs ou sites de pratiques, soit moins de 3% de l'offre nationale, alors que 7% de la population française y réside. Par ailleurs, ces zones sont moins bien équipées que les autres aires urbaines : 22 équipements pour 10.000 habitants en moyenne, contre 28 pour 10.000 habitants dans les autres quartiers de leurs communes, et 49 pour 10.000 habitants dans la France entière.

Des équipements peu diversifiés

Autre caractéristique des ZUS : les activités praticables y sont moins variées. Seuls 88 types d'équipements, sur les 161 que compte le RES, y sont représentés. Parmi les carences, on note des équipements traditionnellement peu nombreux dans les zones urbaines (équipements nautiques, circuits, golfs, sites ULM, équipements équestres). Mais des équipements présents dans les autres quartiers d'une commune peuvent aussi afficher des retards dans les ZUS. C'est le cas des terrains de tennis ou des terrains de grands jeux (football, rugby…).
A l'inverse, les plateaux EPS, les salles multisports et les terrains extérieurs de petits jeux collectifs sont plus souvent présents en ZUS. Les salles de sports de combat sont également surreprésentées. A noter encore que s'ils ne représentent que 3% des équipements en ZUS, les bassins de natation y sont légèrement mieux représentés que dans les unités urbaines possédant une ZUS (2%).
Parmi les autres différences entre les ZUS et leurs zones urbaines, on note qu'en ZUS, les équipements sont plus souvent gérés par des communes (75% contre 61%), qu'ils sont plus souvent ouverts au public scolaire (62% contre 52%) mais moins souvent ouverts aux clubs (51% contre 62%). La proportion d'équipements sportifs ouverts à la pratique individuelle est également moindre en ZUS (40% contre 44%), alors que la part des équipements en accès libre y est plus importante (27% contre 22%).

Obstacles "culturels"

Côté qualitatif, l'étude s'appuie sur des entretiens menés auprès d'élus, de responsables des services municipaux et d'acteurs de terrain de six territoires (Châtellerault, Evry, Liévin, Mâcon, Marseille et Metz). Pour ces derniers, les freins à la démocratisation de la pratique sportive ne relèvent pas uniquement de l'offre en équipements : ils ont également trait "au contexte local, ainsi qu'à la difficulté à connaître les publics éloignés de la pratique sportive et leurs attentes".
Sur les territoires étudiés, seules deux municipalités ont interrogé directement la population sur ses pratiques sportives. En outre, les relations entre élus et services municipaux chargés des sports et ceux chargés de la politique de la ville sont hétérogènes. Enfin, les politiques de construction ou de réhabilitation des équipements sportifs répondent le plus souvent aux besoins exprimés par les clubs et non par les habitants.
Si les freins propres aux équipements persistent chez les personnes interrogées – qui évoquent le déficit d'équipements et la saturation qui en découle, le manque de diversité des activités proposées mais aussi le manque de confort –, elles sont nombreuses à mettre en avant des obstacles "culturels" : faible valorisation du sport ; poids du cadre familial sur la pratique des jeunes filles ; faible mobilité des habitants des ZUS ; réticence à pratiquer des sports confidentiels ou perçus comme "bourgeois".
L'étude conclut que "les enjeux liés à la qualité et au confort des équipements sportifs sont particulièrement importants dans les quartiers de la politique de la ville" avant d'émettre des conseils pratiques pour faciliter l'accès (stationnement, desserte à proximité) ou l'accueil des pratiquants (entretien régulier des vestiaires, espaces de convivialité, etc.). Une présentation détaillée de l'étude sera faite jeudi 27 novembre à 10 heures dans le cadre du Salon des maires.

 

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