Dans une commune de l'Essonne, un temps de pause autour de la maladie d'Alzheimer

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Santé, médico-social, vieillissement

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Essonne

Face au manque de structures d'accueil pour épauler et soulager les personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et leur entourage proche, les "cafés ou bistrots Mémoire" se développent. A l'exemple du Café Mémoire de Limours dans l’Essonne.  


Le projet, initié par l'association France Alzheimer Essonne en partenariat avec le Clic du Hurepoix, a été soutenu par le CCAS de la commune de Limours (6.400 habitants) et l’ADMR. Deux associations de bénévoles ont rejoint le projet : l’Avad (une association de visiteurs à domicile) dans un premier temps, puis la Croix-Rouge. Le coût (400 euros) est pris en charge par France Alzheimer Essonne qui est par ailleurs soutenue par le conseil général de l’Essonne pour ce type de projets.

Professionnels et bénévoles : des rôles bien spécifiques

Crée pour rompre l'isolement des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et leurs conjoints aidant, le Café Mémoire de Limours (6.400 habitants) a vite trouvé son public. Il a tenu sa première après-midi d'échanges en mai 2010, et depuis, régulièrement, un jeudi sur deux, plus d’une dizaine de personnes le fréquentent. "Le café s'adresse en priorité aux aidants familiaux, accompagnés s’ils le souhaitent de leur proche malade. Puis aux bénévoles œuvrant auprès des personnes âgées, voisins et amis de malades. Enfin, les professionnels sont les bienvenus pour découvrir l’activité, mais non pas comme lieu d’information pour eux-mêmes", explique Dominique Pécontal, psychologue, qui anime ces cafés. Elle assure cette animation en binôme avec un bénévole de l'une des associations partenaires, chacun ayant un positionnement bien défini. "Le psychologue pose le cadre des échanges, est garant de la bienveillance et de la discrétion, et peut répondre aux questions sur la maladie elle-même. Tandis que le bénévole fournit des informations locales et possède l’écoute de quelqu’un qui a vécu la maladie avec l’un de ses proches", tient-elle à préciser.

Libre accès et convivialité

"Le principe de ce café est d’aller et venir selon son désir, explique Isabelle Clanet, responsable du CCAS, partenaire du projet. Il n’y a aucune obligation de régularité ou de présence tout au long des trois heures que dure le Café Mémoire." La seule contrainte est de prendre une consommation, en contrepartie du service offert par le restaurant bio, qui a accepté d'ouvrir son lieu spécialement, deux jeudis après-midi par mois. "L'accueil dans ce lieu convivial est l'un des points forts du Café mémoire", signale à ce propos la psychologue, qui précise que des intervenants extérieurs sont sollicités pour aborder différents thèmes autour de la maladie (maisons de retraite, infirmières, médecins, juriste, psychomotricienne…), mais aussi sur des sujets plus légers comme les plantes ou l’histoire de la ville.

Des attentes trop concrètes

Au départ, le Café Mémoire a été confondu avec les Ateliers mémoire proposés par ailleurs par le CCAS. "Certaines personnes pensaient y trouver des exercices de mémoire et donc des réponses très concrètes. Elles ont pu être déçues dans un premier temps, mais les choses se sont clarifiées " explique la responsable du CCAS, qui mesure l'étendue des besoins. Tous ne peuvent être satisfaits : "On ne résout pas tout avec un Café Mémoire. L'une des demandes fortes des aidants est de pouvoir souffler, un soir de temps à autre, un week-end. Mais pour l'heure ce type de service n'est pas accessible". L'objectif numéro 1 est en revanche atteint : donner à vivre un lien social à des familles que la maladie a rapidement et fortement isolées.

Emmanuelle Stroesser pour la rubrique Expériences du site www.mairieconseils.net
 

CCAS de Limours

Place du Gymnase
91470 Limours en Hurepoix

Isabelle Clanet

responsable

France Alzheimer Essonne

Hôpital Georges Clémenceau- Pavillon Pierre Baussan
91750 Champcueil

Dominique Pécontal

psychologue et coordinatrice
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