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Gare du Nord : le projet de réaménagement de nouveau sur les rails

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Anne Lenormand / Localtis avec AFP
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Aménagement et foncier

Transport mobilité durable

France

Paris

Le projet controversé de rénovation et de transformation de la Gare du Nord à Paris a franchi une nouvelle étape ce 10 octobre avec le feu vert accordé à son volet commercial par la Commission nationale d'aménagement commercial (Cnac).

Amenée à se prononcer après l'avis défavorable émis en juin par la commission départementale d'aménagement commercial (CDAC), la Commission nationale d'aménagement commercial (Cnac) a finalement validé ce 10 octobre le volet commercial du projet de réaménagement de la Gare du Nord à Paris mené par SNCF Gares & Connexions et la foncière d'Auchan, Ceetrus, ouvrant ainsi la voie à la délivrance du permis de construire.
Vieille de 155 ans et fréquentée par 700.000 voyageurs chaque jour, la première gare d'Europe doit faire l'objet d'un véritable lifting pour remédier à sa saturation. Elle constitue en effet un véritable carrefour où se côtoient les trains de la banlieue nord de Paris, les TER et Intercités des régions nordistes, les trains à grande vitesse de Belgique, des Pays-Bas et d'Outre-Manche, trois lignes de RER et plusieurs lignes de métro.
Moyennant 600 millions d'euros, le projet prévoit un toit terrasse végétalisé d'un hectare avec vue sur le Sacré-Coeur, doté d'une piste de trail, un parking pour 2.000 vélos, une grande nef transversale. Avec 88.000 m2 supplémentaires, la Gare du Nord devrait ainsi atteindre une superficie totale de 124.000 m2, dont 46.000 m2 consacrés à une salle de spectacle, des équipements culturels, une salle de sport ou encore des commerces et bureaux. Le volet sur lequel portait la décision de la Cnac consiste en une extension des surfaces commerciales de 16.321 m2.

Projet jugé "ultraprioritaire" par la présidente de région

Mais ce projet est très controversé. Une vingtaine d'architectes de renom, dont Jean Nouvel et Roland Castro, l'ont jugé "inacceptable" et "pharaonique", dans une tribune publiée dans Le Monde début septembre. La ville de Paris qui l'avait d'abord soutenu, s'y est ensuite opposé, le jugeant trop commercial. "Ce projet, qui ne répond pas aux enjeux environnementaux actuels, doit évoluer significativement pour s'adapter aux attentes des voyageurs et des habitants, qu'il s'agisse d'intermodalité, de densité, ou de logistique urbaine", a-t-elle réagi ce 11 octobre dans un communiqué prenant acte de la décision. Elle affirme qu'elle "proposera, dès la semaine prochaine, des pistes d'évolution au préfet de région [qui doit se prononcer sur le permis de construire] et au président de la SNCF" et que sa démarche s'inscrit "dans le cadre de la préparation de l'enquête publique".
Jeudi soir, le premier adjoint Emmanuel Grégoire n'excluait pas de déposer un recours si le projet restait en l'état. "Sous la pression du gouvernement, la Cnac a fait le choix de défendre les intérêts du groupe Auchan contre l'intérêt général", a regretté auprès de l'AFP Didier Le Reste, conseiller de Paris PCF du Xe arrondissement.
La SNCF et StatioNord, le groupement chargé du projet, ont eux salué vendredi une "étape importante en vue de l'obtention du permis de construire", dans une déclaration transmise à l'AFP. Ils affirment aussi vouloir "maintenir un dialogue permanent avec l'ensemble de leurs partenaires".
Le gouvernement défend pour sa part ce projet. Le secrétaire d'État chargé des transports, Jean-Baptiste Djebbari, a estimé qu'il était "nécessaire" pour les Franciliens et en prévision des JO-2024 de Paris. La présidente de la région Île-de-France et d'Île-de-France Mobilités, Valérie Pécresse, a aussi affiché son soutien au projet, le qualifiant "d'ultraprioritaire".

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