La part des femmes en âge de procréer résidant à plus de 45 minutes d'une maternité progresse depuis 20 ans

La direction de la recherche, des études, de l'évaluation et des statistiques (Drees) des ministères sociaux se penche, à travers une étude, sur la question de l'accès aux maternités, qui est l'une des composantes essentielles de la désertification médicale. Les perspectives de fermeture d'une petite maternité suscitent d'ailleurs une mobilisation générale des élus et des habitants. 

Le principal enseignement de l'étude est qu'entre 2000 et 2017, la part des femmes en âge de procréer résidant à plus de 30 minutes ou plus de 45 minutes (en voiture) d'une maternité a augmenté en France et dans les Drom (hors Guyane et Mayotte). La part des femmes résidant à plus de 30 minutes d'une maternité a ainsi progressé d'environ un tiers durant cette période, pour atteindre aujourd'hui 7%. Celle des femmes résidant à plus de 45 minutes a augmenté d'environ 40% et s'établit désormais à entre 1 et 2%. De façon globale, le temps médian de trajet a progressé – même s'il reste faible en moyenne – passant de 7,9 minutes en 2000 à 8,5 en 2008 et 9,1 en 2017. Dans le même temps, la distance médiane de trajet (50% au-dessus et 50% en dessous) est passée de 5,4 km à 6,0 puis 6,5 km. Sans surprise, "l'éloignement des femmes aux maternités s'explique par les fermetures d'établissements". Mais ce constat est le résultat de deux évolutions contradictoires. D'un côté, la répartition des femmes sur le territoire s'est modifiée au cours de la période étudiée. La Drees explique qu'"en moyenne, la localisation des femmes en âge de procréer évolue vers des lieux de résidence plus proches des maternités, ce qui tend à réduire la part des femmes éloignées d'une maternité". À l'inverse, le nombre de maternités a nettement diminué entre 2000 et 2017, passant de 717 à 496 et réduisant ainsi l'offre de soins. Au final, c'est ce second effet qui prend le dessus sur le premier. S'ajoute un troisième facteur concernant l'évolution du réseau routier, mais "qui ne peut toutefois pas être pris en compte via les outils disponibles". La Drees a calculé que "si l'offre de maternités était restée inchangée entre 2000 et 2017, les mouvements de population au cours de la période auraient conduit à un rapprochement des femmes des maternités".

Ces tendances générales se doublent d'évolutions contrastées dans les territoires. La situation s'est ainsi fortement dégradée dans des départements comme le Lot, la Nièvre ou le Cantal. Mais d'autres départements – à dominante tout aussi rurale – ont connu une évolution inverse. C'est le cas de la Corse et des Alpes-de-Haute-Provence, dont l'accessibilité des femmes aux maternités s'est améliorée durant la période, même si elle reste moindre qu'au niveau national. Autre élément de contraste : si le temps moyen d'accès aux maternités a augmenté, celui de l'accès aux maternités de type 3 (spécialisées dans la prise en charge des grossesses à risque et des grands prématurés) s'est au contraire réduit, passant de 24 minutes en 2000 à 22 minutes en 2017. Ceci s'explique par la politique nationale d'obstétrique consistant – pour des raisons de sécurité – à fermer les petites maternités réalisant peu d'accouchements et à renforcer les maternités plus importantes, dont celles de type 3. Néanmoins, dans onze départements (Alpes-de-Haute-Provence, Hautes-Alpes, Aveyron, Cantal, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Indre, Lot, Lot-et-Garonne, Lozère et Nièvre), la totalité des femmes du territoire habitent à plus de 45 minutes d'une maternité de type 3, et cela en 2000 comme en 2017.

 

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