Le SIAS de Maîche a inventé le centre d'hébergement et de réinsertion sociale "éclaté"

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Doubs

Le syndicat mixte de Maîche avait peu d'espoir d'obtenir l'implantation d'un centre d'hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) sur son petit territoire. Pourtant, les besoins étaient manifestes pour quelques habitants, en difficultés sociales et dans l'incapacité de trouver un logement de façon autonome. Le SIAS a trouvé l'alternative : un CHRS éclaté sur trois appartements, en partenariat avec une association et un bailleur social.

Les problèmes de logement et d'hébergement ne sont pas réservés au monde urbain. Le syndicat mixte d'action sociale de Maîche (dix-neuf communes de la communauté de communes du Pays de Maîche et trois communes voisines, 13.000 habitants) en a fait le constat plusieurs années auparavant.
En accord avec les travailleurs sociaux du Conseil Général un “atelier logement” a été créé en 1996 afin de réunir tous les partenaires concernés par les questions de logement pour trouver ensemble, au cas par cas, des solutions.
L’atelier-logement en question implique le centre médico-social du conseil général, le dispositif logement du Haut Doubs – DLHD (1), le syndicat mixte d'action sociale de Maîche (SIAS), les bailleurs sociaux et des associations tel le Secours Catholique. “Nous sommes parvenus, grâce à cet atelier, à mieux traiter un certain nombre de situations en terme de préventions de l’expulsion locative, de recherche et de maintien dans le logement, explique Renée Bailleux, présidente du SIAS de Maîche, mais pour certaines personnes en marge, un accompagnement et un suivi de proximité, du type centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS)” s’imposait. Aux alentours, les centres sont ceux de Pontarlier, Montbéliard ou Besançon qui s’avèrent, trop loin et impliquent un déracinement, pour des personnes fragiles souvent chevillées à leur environnement natal, rural. Compter sur la création d'un CHRS sur la seule commune de Maîche était une hypothèse complètement irréaliste, les partenaires ont donc imaginé une alternative.

Un centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) mutualisé au secours de chômeurs et de sans-logis

D’où l'idée d'un “CHRS éclaté”, à savoir des appartements (en l'occurrence trois), dans lesquels des personnes en mal de logement et d'insertion professionnelle sont hébergées tout d’abord six mois, puis six autres mois si besoin, voire un peu plus dans quelques cas. A l’instar de ce qui se passe dans un centre d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS), un travailleur social assure le suivi et l'accompagnement quotidien de ces résidents. Son rôle, souligne Renée Bailleux, est indispensable pour “travailler la capacité à vivre dans un logement autonome, s'occuper de soi, reprendre confiance, bref, régler un certain nombre de problèmes préalables avant d'envisager l'insertion”.
Le projet a demandé du temps, au moins deux ans pour “convaincre les financeurs, État et conseil général” relate Renée Bailleux. Deux types de financement croisés ont permis de réaliser l’opération un financement Ddass dont dépendent les CHRS d’une part et un financement du conseil général d’autre part, à travers les aides au logement transitoire (dispositif ALT), en particulier.

Une conseillère à la double "casquette", financée par le syndicat intercommunal sur fonds propres

Pour combiner les sources de financement indispensables au projet, le syndicat intercommunal de Maîche a dû user de patience et de conviction. Ce syndicat n’est pas habilité à recevoir directement l'aide au logement transitoire (ALT) parce qu’il n’est pas doté d’un centre d’hébergement et de réinsertion sociale en soi. Pour surmonter cet obstacle, le SIAS de Maîche a passé une convention avec le dispositif logement du Haut Doubs (DLHD). Les logements, mis à disposition par un bailleur social, sont gérés par le dispositif logement du haut-Doubs qui s’est chargé d’obtenir l’agrément pour ces trois places d’hébergement supplémentaires, dans le cadre du centre d’hébergement qu'il gère déjà à Pontarlier. Ces places sont désormais pérennes.
La conseillère en économie sociale et familiale qui suit les bénéficiaires est mise à disposition par le SIAS de Maîche qui finance son poste sur ses fonds propres. La présidente, Renée Bailleux, précise “Nous l'avions recrutée pour le suivi du RSA et elle partage son temps entre cette mission et le suivi des personnes concernées par le centre d’hébergement partagé.
Résultat, après deux ans d'activité : “La majorité des personnes ont pu à l'issue de leur hébergement se repositionner et trouver place dans un logement autonome, entrer dans un parcours d'insertion en vue d’un emploi. Certaines ont finalement rejoint une autre structure en ville ou sont retournées chez leurs parents. Ce ne sont pas ce que l'on appelle des sorties positives, mais l’expérience du centre d’hébergement leur a fait prendre conscience qu'elles n'étaient pas prêtes à vivre de façon autonome, mais elles ont aussi pris conscience de leur capacité à rebondir”, estime Renée Bailleux.

Emmanuelle Stroesser pour la rubrique Expériences  du site Mairie-Conseils

(1) Structure spécialisée dans l'accompagnement social lié au logement, de l'Association départementale du Doubs de sauvegarde de l'enfant à l'adulte (ADDSEA)
 

SIAS de Maîche

Maison des services
25120 Maîche

Renée Bailleux

Présidente
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