Yvelines

Emmanuelle Stroesser

Mobilisation générale autour de la perte d'autonomie avec la Scic Solidarité Versailles Grand Âge (78)

Santé, médico-social, vieillissement

Social

La Scic Solidarité Versailles Grand Âge expérimente une nouvelle forme de partenariat public-privé afin d'offrir une large gamme de services aux personnes âgées dépendantes ou en perte d'autonomie, en jouant le rôle d’ensemblier pour une offre globale. Un projet social public-privé innovant qui veut limiter le coût pour les bénéficiaires.

"C'est en mettant tous les acteurs du territoire autour de la table au sein de la Scic Solidarité Versailles Grand Âge et en identifiant ce qui pouvait manquer en termes de services, que nous avons réussi à fluidifier le parcours des personnes âgées", explique l'adjointe au maire de Versailles, déléguée à l'action sociale et à la santé, Corinne Bebin, qui pilote depuis le début ce projet. Résultat, en complément d’une plateforme téléphonique, d’un service de visites à domicile et d’un autre de portage de repas gérés par le CCAS, l’offre réunit sous la bannière de la Scic un service de soins infirmiers à domicile (135 places) et un établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes de 112 logements. Cette palette de services a été complétée d'un accueil de jour de 12 places et d'une équipe spécialisée Alzheimer à domicile.
La Scic Solidarité Versailles Grand Âge porte la maîtrise d'ouvrage de l'opération depuis octobre 2012 et en assure la gestion depuis le 1er janvier 2017. Le pilotage en est assuré conjointement par le CCAS de la ville de Versailles et par Entreprendre pour humaniser la dépendance (EHD), tous deux à l'origine du projet.

La Scic a servi à créer une dynamique de territoire

Fondée sur une coopération de plusieurs collèges sociétaires, la Scic Grand Âge Versailles (SVGA) réunit les acteurs concernés du territoire : collectivités locales, partenaires du secteur sanitaire et médicosocial, bénéficiaires, salariés et l'ensemble des souscripteurs. Elle a pu ainsi trouver les capitaux ad hoc en combinant des capitaux publics et privés, et compter sur l'épargne solidaire
"La rencontre avec EHD (filiale d’Habitat et Humanisme) a été déterminante pour constituer les fonds propres et ensuite dérouler le montage financier, dont un prêt de la Caisse des Dépôts (de 10,5 millions d'euros), explique l'élue. EHD a en effet l'assise nécessaire pour garantir le capital déposé. Ce que n'a pas la Sic SVGA." Autre exemple de cet ancrage local : la levée de capitaux auprès de particuliers a été encouragée par la proposition d'une banque privée, qui, informée de ce projet, a voulu inscrire ce projet comme produit éthique de son panier d'investissement.
Le conseil départemental des Yvelines et la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie ont apporté 4.200.000 € de subvention.

Chacun garde sa personnalité

Tous les partenaires alimentent le projet avec des degrés d'investissement bien sûr variables. En qualité de cofondateur et de cogouvernant, le CCAS détient la moitié des parts. "Certaines structures ont un degré de coopération étroite, tandis que d’autres sont davantage en position d’observateurs, mais toutes sont utiles, relève l'élue. Le regard critique de chacun compte." Tout autant que le développement de nouveaux projets, ouvrant à de nouveaux partenaires. Comme le jardin thérapeutique créé au sein de l'Ehpad, fruit d’une coopération entre la fondation Médéric-Alzheimer et l'École nationale supérieure de paysage.

Premier bilan : un cercle vertueux

La ville de Versailles était dans une impasse, les bâtiments de l’Ehpad ne répondant plus aux besoins, agents démotivés, bénéficiaires peu satisfaits, et la ville n'avait pas le financement à sa portée pour un nouveau projet. "Grâce à la Scic et la mobilisation de l'ensemble des acteurs publics et médicosociaux du territoire, nous avons réenclenché un cercle vertueux renouant avec la créativité de chaque groupe d’acteurs" estime l'élue.

Seconde leçon : un choc culturel public-privé accessible

Reste que "faire travailler une collectivité publique avec une société privée confronte l'ADN de chacun à l’autre et le met ainsi à l’épreuve : les questions d'universalité de l’accès du service public pour l'un, de réactivité de la réponse pour l’autre" ne sont pas chose facile, reconnaît l'élue. Chaque spécificité doit être respectée. Cela peut générer des résistances. Il ne faut donc "pas faire l'économie de l’accompagnement du changement, auprès de tous les acteurs", insiste-t-elle. Autrement dit, "il est important d’être très à l'écoute et de prendre le temps de recueillir les doutes et de permettre à chacun de faire un pas vers l'autre".

Favoriser l'investissement des salariés

La Scic gestionnaire depuis très récemment - 2017- de l’offre globale Lépine Versailles, d’autres étapes restent à franchir. Notamment, l'investissement plus soutenu des salariés au sein de la Scic, explique l'élue. "Certains qui étaient des agents de la ville, sont maintenant détachés : ils travaillent au sein d'un écosystème au service de la personne en perte d'autonomie. C'est une autre forme de dynamique que l'on doit trouver pour que les salariés s'approprient cette structure coopérative en tant que co-constructeurs des réponses à l'évolution des besoins." "Cela peut se traduire par des propositions visant à modifier l'organisation du travail, les modalités managériales", poursuit l’élue.

La ville, prescripteur et partenaire sur les réponses collectives

"Versailles joue avec le CCAS le rôle de prescripteur auprès de la Scic en étant observateur de l'évolution des besoins et en cernant ceux auxquels il faut s'atteler en priorité", explique l'élue. C’est ainsi qu’aujourd'hui, la Scic Solidarité Versailles Grand Âge réfléchit à de nouveaux développements : d’une part la télémédecine en lien avec un hôpital privé gériatrique de Versailles, d’autre part un projet médical numérique partagé, une sorte de "e-parcours" qui faciliterait le partage d'informations.

Une Scic et cinq collèges
- le collège des deux fondateurs : CCAS et Entreprendre pour humaniser la dépendance (EHD)
- les salariés
- les bénéficiaires
- les partenaires locaux
- les partenaires financiers solidaires
La part d'action de la Scic est de 20 euros.

Contact(s)

Commune de Versailles

4, avenue de Paris, RP 1144
78011 Versailles cedex
Nombre d'habitants : 85571

Corinne Bebin

Adjointe au maire et vice-présidente du CCAS
corinne.bebin@versailles.fr
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