Santé : la FHF demande l'ouverture d'une convention citoyenne, l'APVF une action forte contre les déserts médicaux

Dans la foulée de l'arrivée d'Olivier Véran au ministère de la Santé, la Fédération hospitalière de France réitère sa demande de convention citoyenne, sur le modèle de celle pour le climat. L'Association des petites villes insiste sur la priorité à donner à la lutte contre la désertification, se ralliant au passage au récent rapport du Sénat prônant des "mesures de régulation" pour les médecins libéraux.

Le changement de titulaire à la tête du ministère des Solidarités et de la Santé, avec le départ d'Agnès Buzyn et l'arrivée d'Olivier Véran, ne manque pas de faire réagir les acteurs institutionnels du secteur. C'est le cas de la Fédération hospitalière de France (FHF), qui relance sa demande d'organisation d'une convention citoyenne pour la santé. C'est le cas aussi de l'Association des petites villes de France (APVF), qui "demande au nouveau ministre de la Santé de s'attaquer résolument à la question de la désertification médicale".

La FHF vigilante sur "la bonne continuation du plan Investir pour l’hôpital"

Avec sa demande d'une convention citoyenne pour la santé, la FHF reprend et élargit l'idée avancée par Frédéric Valletoux, son président (également maire de Fontainebleau et conseiller régional d'Île-de-France), lors des vœux de la Fédération, le 16 janvier dernier. L'idée était alors d'"inscrire la santé en haut de l'agenda politique et public par la mise en place d'une conférence nationale de consensus pour sortir de la crise que traverse notre système de santé". La FHF présentait cette solution comme la "seule option viable afin de faire émerger des solutions structurelles et structurantes à la hauteur de l'ambition que la société porte pour son offre publique de santé".

Avec la demande d'une convention nationale – sur le modèle revendiqué de la convention citoyenne sur le climat –, l'objectif est maintenant de "sortir de l'entre-soi des experts et d'impliquer réellement les citoyens sur les sujets de santé qui préoccupent de plus en plus les Français". Ce "débat participatif" devrait rassembler "experts (sociologues, économistes...), élus (nationaux et locaux), professionnels (de santé et du médicosocial, de l'hôpital comme de la ville), mais aussi et surtout citoyens français, pour permettre de bâtir ensemble l'avenir du système de soins français". En attendant, la FHF entend rester vigilante sur "la bonne continuation du plan Investir pour l’hôpital, présenté en novembre dernier par le Premier ministre et Agnès Buzyn (voir notre article ci-dessous du 20 novembre 2019).

À noter : contrairement au discours largement répandu sur la crise des hôpitaux, la FHF "souhaite avant tout remercier Agnès Buzyn pour son travail accompli depuis près de trois ans. [...] Elle a su s'imposer comme une ministre solide, aux convictions fortes, avec des positions fermes en faveur de l'offre de soins publique, qui n'ont jamais été prises en défaut".

L'APVF "réitère son souhait le plus ardent" sur les déserts médicaux

De son côté, l'APVF, dans un communiqué du 18 février, "prend acte de la nomination d'un nouveau ministre de la Santé, Oliver Véran [...]. Elle se félicite que le nouveau ministre de la Santé soit un bon connaisseur des questions hospitalières et lui souhaite bonne chance dans l'exercice de ses fonctions pour relever les lourds défis qui l'attendent". Plus précisément, l'association "réitère son souhait le plus ardent pour que la question de la désertification médicale, de plus en plus prégnante dans beaucoup de territoires, et qui figure largement dans les préoccupations des électeurs et dans celui des candidats aux élections municipales dans les petites villes, soit enfin prise à bras le corps par le gouvernement".

Au passage, l'APVF se rallie au tout récent rapport du groupe de travail du Sénat sur les déserts médicaux (voir notre article ci-dessous du 4 février 2020). En effet, ce rapport prône "l'instauration de mesures de régulation pour l'installation des médecins libéraux". En attendant, "les mesures prises jusqu'à présent révèlent certes un début de prise de conscience, mais demeurent largement en-dessous de ce qu'il faudrait faire pour enrayer une situation préoccupante". D'où les attentes exprimées par l'APVF à l'égard d'Olivier Véran. En se penchant sur le parcours du nouveau ministre, on peut relever qu'outre son diplôme de médecin neurologue, Olivier Véran est également titulaire d'un master en gestion et politique de santé, obtenu à Sciences-Po Paris et dont le mémoire était consacré... aux déserts médicaux.

"Interdit de naître avec des problèmes de santé sur le territoire de la commune"

Certains maires n'ont pas l'intention d'attendre la réponse à cette demande de l'APVF. Dans un communiqué du 18 février, le président départemental de la Sarthe de l'AMRF (Association des maires ruraux des France) annonce "une action de groupe pour alerter sur les difficultés d’accès aux soins". Reprenant un type d'action dans l'air du temps, dix maires ont déjà pris des arrêtés symboliques stipulant qu'"il est interdit de vouloir bénéficier d’un accès urgent aux soins pour toute pathologie sur le territoire de la commune", qu'il est de même "interdit d’avoir un accident ou un malaise grave sur le territoire de la commune" ou encore "de naître avec des problèmes de santé sur le territoire de la commune". En revanche, "il est autorisé de déménager dans le département des Alpes-Maritimes ou à Paris pour accéder à des services de santé efficients".

Dans son communiqué, le président de l'AMRF 72 fait valoir que "la situation de l’accès aux soins dans [son] département s’aggrave de semaine en semaine" et qu'"à ce jour, près de 70.000 Sarthois sont sans médecin référent, c’est-à-dire sans solution pour obtenir un rendez-vous auprès d’un médecin".

 

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