Accès aux soins : le docteur junior va entrer en scène

Après la finalisation du statut d'infirmier de pratique avancée (IPA) il y a quelques jours (voir notre article ci-dessous du 16 janvier 2020), c'est un nouvel acteur de l'accès aux soins qui va pouvoir se mettre en place avec deux arrêtés des 15 et 16 janviers, relatif au "docteur junior". Cet adjectif courant chez les consultants, mais très insolite dans le champ de la santé – et pas forcément très porteur en termes de communication auprès des patients –, concrétise une mesure lancée en 2016 dans le cadre de la réforme des études médicales. L'origine en remonte à un rapport de 2010 de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas) et de l'Inspection générale de l'administration, de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR) sur l'organisation du troisième cycle des études médicales et du post-internat.

Le statut de docteur junior s'adresse aux étudiants de troisième cycle des études de médecine ou de pharmacie pour les étudiants inscrits en biologie médicale et aux internes et assistants des hôpitaux des armées, qui accomplissent la phase 3 dite de consolidation. Il vise à mettre le droit en phase avec la réalité de la pratique dans un grand nombre d'hôpitaux. Le docteur junior n'est plus un étudiant mais pas encore un médecin au sens strict, d'où le choix de ce curieux intitulé. Contrairement à l'interne, qui exerce ses fonctions par délégation et sous la responsabilité du praticien dont il relève (généralement le chef de service), le docteur junior dispose d'une réelle autonomie. Il exerce ainsi, seul, des fonctions de prévention, de diagnostic, de soins et, le cas échéant, assure des actes de biologie médicale. Il peut ainsi prescrire – ce que l'interne ne peut en principe pas faire –, rédiger des certificats, assurer des remplacements et sa participation aux gardes fait l'objet d'une valorisation sur la base de celle des médecins "seniors".

Les premières nominations de docteurs juniors interviendront à compter du 1er novembre 2020. Elles seront réalisées par le directeur général du CHU de rattachement. Dès sa nomination, le docteur junior pourra demander à être inscrit, pour la durée de la phase 3 restant à accomplir, sur un tableau spécial du conseil départemental de l'ordre des médecins ou des pharmaciens.

L'arrêté du 15 janvier 2020, qui s'appliquera à compter de la rentrée universitaire 2020-2021, fixe la liste des spécialités pour lesquelles le docteur junior peut être autorisé à participer, à sa demande, au service des gardes et astreintes médicales. La liste en question comprend à peu près toutes les disciplines médicales et chirurgicales. Pour sa part, l'arrêté du 16 janvier propose, en annexe, le référentiel de mises en situation et les étapes du parcours "permettant au docteur junior d'acquérir progressivement une pratique professionnelle autonome".

Référence : arrêté du 15 janvier 2020 relatif à la liste des spécialités pour lesquelles le docteur junior peut être autorisé à participer, à sa demande, au service des gardes et astreintes médicales pris en application de l'article R.6153-1-5 du code de la santé publique ; arrêté du 16 janvier 2020 relatif au référentiel de mises en situation et aux étapes du parcours permettant au docteur junior d'acquérir progressivement une pratique professionnelle autonome pris en application de l'article R.6153-1-2 du code de la santé publique (Journal officiel du 19 janvier 2020).
 

Pour aller plus loin

Voir aussi

Abonnez-vous à Localtis !

Recevez le détail de notre édition quotidienne ou notre synthèse hebdomadaire sur l’actualité des politiques publiques. Merci de confirmer votre abonnement dans le mail que vous recevrez suite à votre inscription.

Découvrir Localtis

Choix du format

 

Pour en savoir plus sur le traitement de vos données nous vous invitons à consulter notre Politique de protection des données à caractère personnelle