Un EPCI met en place une couveuse en maraîchage biologique (81)

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Développement économique

Tourisme, culture, loisirs

Tarn

Pilotée par la communauté de communes Tarn et Dadou, une pépinière agricole permet à des porteurs de projet en maraîchage biologique de tester leur activité avant de créer leur propre exploitation.

Offre locale déficitaire en fruits et légumes, vieillissement des agriculteurs sans perspective de transmission d’exploitation, demande de produits bio de la part de particuliers et de collectivités pour la restauration collective : ce sont ces constats qui ont conduit les élus de la communauté de communes Tarn et Dadou (Tarn, 29 communes, 50.000 habitants) à engager une réflexion approfondie sur le développement d’activités agricoles répondant aux besoins du territoire.
Deux atouts supplémentaires confortent cette décision : la proximité du centre de formation Ineopole, maison familiale rurale Midi-Pyrénées, qui accueille, entre autre, chaque année, une trentaine d’étudiants pour un cursus dédié à l'agriculture biologique, en particulier en maraîchage. Et la disponibilité d'une dizaine d'hectares de terres agricoles sur la zone du Mas de Rest, propriété de l’EPCI.
Fort de ces constats, les élus décident de lancer une structure qui accompagne les porteurs de projets en maraîchage bio : ce sera la couveuse d'activité agricole, dite l'Essor maraîcher de Tarn et Dadou.

Un groupe de travail réunit les partenaires fondateurs

Dès 2009, un groupe de travail associe aux élus de la communauté de communes Tarn et Dadou, les représentants d’organismes, qui sont autant de partenaires fondateurs de l'Essor maraîcher de Tarn et Dadou : chambre d'agriculture du Tarn, association pour le développement de l'emploi agricole et rural dans le Tarn, Inéopole Formation, association Nature & Progrès Tarn, réseau des associations pour le maintien d'une agriculture paysanne (Amap) du Tarn, la coordinatrice de L’Essor maraîcher. "Il n'était pas évident de réunir autour d'un même projet des partenaires qui n'avaient pas l'habitude de travailler ensemble, observe Claudette Formantin, membre du groupe de travail pour le compte d’Ineopole. L'accompagnement de l'association formation-développement de l'Aveyron et du Tarn a permis de clarifier les objectifs du projet. Dès l’étude d’opportunité, en 2010, tout le monde est tombé d’accord sur le besoin de professionnalisation des candidats à l’installation en maraîchage biologique, qui, pour la plupart, ne sont pas issus du secteur agricole."

Création de l’association, mise à disposition d’une coordinatrice, lancement

En 2010, les grands principes sont validés : la couveuse mettra à disposition des candidats maraîchers un foncier certifié en agriculture biologique et une infrastructure agricole, pour leur permettre de tester leur activité sans prise de risque financier, tout en bénéficiant d'un statut juridique et social, via un contrat d’appui au projet d’entreprise de 3 ans maximum, et d’un accompagnement technique et de gestion. La couveuse représente 11 hectares, répartis en trois parcelles sur la commune de Gaillac, pouvant accueillir 4 candidats pour un test de 1 à 3 ans maximum (critères d’admission, conditions juridiques de mise à disposition du foncier et du matériel, préparation à l’installation en fin de test, etc. : télécharger ci-contre le document "Présentation de l’expérimentation"). Les investissements initiaux d’achat et d’aménagement du foncier sont pris en charge par l’EPCI (voir encadré ci-dessous). En 2011, une étude réalisée avec l’appui d’un cabinet d’études débouche sur la création d’une association de gestion de la couveuse. Une coordinatrice est mise à disposition de l’association par le centre de formation Ineopole deux jours par semaine. En mars 2012, L'Essor maraîcher de Tarn et Dadou accueille une première maraîchère.

Un besoin d’accompagnement des maraîchers débutants plus important que prévu

Si la coordination amont entre partenaires s’était bien déroulée, la mise en œuvre sur le terrain a réservé son lot de surprises : l’insuffisance de la nappe phréatique qui a retardé le début de l’exploitation sur une parcelle, un refus de financement du Feader pour les investissements en matériel, un besoin d’accompagnement des maraîchers débutants plus important que prévu. Début 2014, une équipe a été constituée autour de la coordinatrice : un soutien en comptabilité-gestion de 2 à 3 jours par mois et un technicien agricole, également à temps partiel. "Le projet était trop lourd à porter seule. Une gestion collégiale est plus adaptée : à plusieurs, on court moins le risque de prendre de mauvaises décisions", observe la coordinatrice. Pour bénéficier d’un partage d’expériences, elle s’est mise en contact avec des couveuses en Midi-Pyrénées. A ses yeux, l’une des conditions de la réussite est de valider la motivation réelle des candidats à l’installation. Au printemps 2014, tout le foncier est enfin occupé. Cependant, il n’y a pas eu pléthore de candidatures malgré la proximité du centre de formation.

Perspectives : de l’association à la Scic ?

L’Essor maraîcher de Tarn et Dadou aura atteint son régime normal dans le courant de l’année 2014. Le recul manque pour porter un regard sur la structuration de la filière biologique sur le territoire et les conditions d’installation des maraîchers en sortie de la couveuse. Mais la bonne gouvernance de l’actuelle association permet d’envisager, à terme, sa transformation en société coopérative d’intérêt collectif (Scic), une forme juridique qui semble bien adaptée à la nature du projet.

Sophie Daguin / L’Œil à la Page, pour la rubrique Expériences des sites www.mairieconseils.net et www.localtis.info

 

Budget
Investissement
- Foncier et aménagement : 650.000 euros (communauté de communes Tarn et Dadou) ;
- Matériel : 75.000 euros (conseil général 10.000, conseil régional 6.000, Plan végétal environnement 4.600, autofinancement dont apport initial des maraîchers en test 54.000).
Fo nctionnement 2013
- communauté de communes Tarn et Dadou : 30.000 euros ;
- conseil général : 10.000 euros ;
- participation des agriculteurs en test : 6.000 euros.


 

Communauté de communes Tarn et Dadou

Nombre d'habitants :

50000

Nombre de communes :

29

Técou, BP 80133
81604 Gaillac Cedex

Marie-Thérèse Plageoles

Vice-présidente

L'Essor maraîcher de Tarn et Dadou

1200 route de Viars
81600 Gaillac

Claudette Formantin

Coordinatrice
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