Un foyer de jeunes travailleurs géré en régie directe par la ville

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Haute-Marne

Chaumont est l'une des rares villes qui dispose d'un foyer de jeunes travailleurs géré en régie directe. Installé depuis près de quarante ans, il offre une solution de logement adaptée à des jeunes qui débutent leur parcours professionnel. Loin de diminuer, la demande se fait plus pressante compte tenu des conditions d'accès au logement souvent inabordables dans le parc privé. Dans le cadre d'une opération de rénovation urbaine à horizon 2009, le foyer pourrait être transféré dans des nouveaux locaux et ouvrir ses services aux étudiants.

La rénovation du foyer de jeunes travailleurs de Chaumont (FJT) a été confiée à un chantier d'insertion en 2005. Si elle reste modeste, comme le souligne Danielle Mallard, adjointe à l'insertion, à l'emploi et au développement social de la ville, cette rénovation (réfection des chambres, des couloirs...) était nécessaire. Le foyer créé à la fin des années 1960 au coeur du nouveau quartier du Cavalier a toujours été géré directement par la ville alors que la majorité desFJT le sont par des structures associatives.

Un tremplin pour l'insertion socioprofessionnelle des apprentis, saisonniers, publics en insertion, étudiants

Le FJT est attaché au service du développement social de la ville. Le lien n'a rien d'anodin puisque les jeunes résidants s'inscrivent dans un projet professionnel ou d'insertion et qu'ils bénéficient au sein du foyer de l'encadrement d'une petite équipe éducative. Celle-ci est composée, outre le directeur, Jean-Yves Brugnon, d'une directrice adjointe/animatrice et d'une éducatrice. Si quelques jeunes s'adressent d'eux-mêmes au foyer pour y trouver une chambre, le plus souvent, ils sont orientés par des partenaires, notamment par la mission locale. Y séjournent donc des jeunes de 16 à 25 ans qui démarrent ou poursuivent un projet professionnel (étudiants, apprentis, stagiaires, jeunes salariés) et pour lesquels l'hébergement dans le parc privé ou social s'avère impossible car trop coûteux ou inadapté. "Les jeunes accueillis ici sont plutôt en difficultés financières. La plupart sont en parcours d'insertion. Certains (un tiers environ) ont des problèmes personnels et ont besoin d'un suivi social car ils ont encore des difficultés pour se prendre en charge. Le foyer correspond réellement à un besoin, la demande ne baisse pas. "Nous observons une population avec de plus en plus de difficultés", expose Danielle Mallard. Quelles que soient ses difficultés, le jeune doit avoir un projet de travail ou un travail pour être accueilli au foyer, insiste Jean-Yves Brugnon. "Un jeune sans logement, en difficultés sociales ou psychologiques mais sans démarche professionnelle sera orienté vers une autre structure, de type CHRS (centre d'hébergement et de réinsertion sociale). Nous devons rester vigilant pour assurer un brassage des jeunes d'horizons divers et ne pas fragiliser l'équilibre dans la vie sociale du foyer", précise-t-il. Le foyer accueille ainsi nombre de stagiaires, qu'ils viennent de l'école de police ou de l'école de la deuxième chance. "Certains sont en rupture familiale, mais ce n'est pas la majorité. Par ailleurs, nous refusons ceux qui présentent des troubles du comportement", complète le directeur.

Le foyer comme étape avant l'acquisition autonome d'un logement

Il n'y a pas de durée minimum de séjour. Le contrat se négocie et se renouvelle au cas par cas. "Parfois le projet professionnel du jeune se limite à un mois, mais c'est un risque que nous prenons car nous sommes là pour l'accompagner. A l'issue, nous examinons sa situation, avec lui et le partenaire qui le suit, la mission locale le plus souvent. S'il a la volonté de continuer son parcours, le jeune peut prolonger son séjour le temps nécessaire", poursuit le directeur. "Le foyer doit être utilisé comme un tremplin, une étape pour aider le jeune dans sa quête d'autonomie et accéder à un logement plus stable", reprennent en choeur Danielle Mallard et Jean-Yves Brugnon. Le coût du loyer est de 188 euros par mois pour une chambre seule (repas non compris). Une convention signée avec la CAF rend le foyer éligible à l'allocation logement (trois quarts des résidants en bénéficient) ; le FJT perçoit directement ces aides. Par ailleurs, le foyer reçoit une prestation sociale de la CAF pour financer la fonction socio éducative du foyer (1). Aujourd'hui, le taux de remplissage avoisine les 60%. "Difficile d'aller au-delà tant que nous n'aurons pas retapé toutes les chambres", concède l'adjointe.

L'opération Portes ouvertes

Le foyer est composé d'une partie hébergement comprenant 69 chambres (77 lits) et d'une petite partie auberge de jeunesse (12 lits dans 5 chambres). Les services proposés : une cafétéria et un restaurant (également accessible au public extérieur en semaine le midi), une cuisine, une laverie, deux salles de télévision, une salle multimédia et des salles de réunion. L'argent récolté par les jetons de la laverie servent à financer les projets de l'association des résidents, présidée par un jeune et vivifiée par l'animatrice. L'association est le ferment de la vie sociale et conviviale du foyer. Elle a mis en place la salle multimédia, elle organise des sorties, des animations sportives, les loisirs...
A l'horizon 2009, le FJT pourrait déménager dans de nouveaux locaux, plus spacieux, en l'occurrence une ancienne caserne. Cette réflexion s'intègre dans l'opération de renouvellement urbain en cours sur la ville. "Nous étudions le projet avec le concours de l'Union nationale des FJT pour cerner les besoins, donner la dimension d'un nouveau foyer, envisager la question de l'accueil des étudiants...", expose l'élue. La ville ne compte pas d'université, mais un institut universitaire de formation des maîtres, un autre de soins infirmiers ainsi que plusieurs lycées professionnels et de nombreuses sections de BTS, une nouvelle formation graphique a récemment été créée.

(1) La ville a signé avec la CAF un contrat de projet pluriannuel. Le budget annuel du foyer est d'environ 500.000 euros, comprenant une subvention d'équilibre de la municipalité de 260.000 euros, le loyer des résidents et les prestations de services de la CAF.

Contact(s)

Foyer de jeunes travailleurs de Chaumont

1 rue Carcassonne
52000 Chaumont
03 25 03 22 77

Jean-Yves Brugnon

Directeur

Mairie de Chaumont

BP 564
52012 Chaumont Cedex
03 25 30 60 00

Danielle Mallard

Adjointe au maire, chargée de l'insertion, de l'emploi et du développement social
d.mallard@wanadoo.fr
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