Brest inaugure sa deuxième ligne de tramway, 40 ans après les premières études
Brest a inauguré ce 14 février sa deuxième ligne de tramway, reliant le nord au sud de la ville en une vingtaine de minutes, aboutissement d'un projet vieux de 40 ans, abandonné en 1990 à la suite d'un référendum.
Construite sur un tracé de 5,1 km, cette nouvelle ligne quitte la gare SNCF pour rejoindre le CHU en passant par le campus de l'université de Bretagne occidentale (UBO). Elle complète une première ligne de 14,3 km inaugurée en 2012 sur un axe Est-Ouest. "La deuxième ligne va être encore plus structurante que la première, de par la desserte de la gare de Brest, du campus et de l'hôpital. Cela va marquer encore plus en profondeur la mutation de la ville", a déclaré à l'AFP Yohann Nédélec, vice-président (PS) chargé des mobilités à Brest métropole. Il a dit s'attendre à une augmentation "de 15 à 18%" du nombre de voyages réalisés sur le réseau de transport en commun brestois (27 millions de voyages par an) dans l'année suivant l'inauguration.
Avec la ligne de bus à haut niveau de service construite simultanément, cette ligne de tram a coûté 225,5 millions hors taxe, un montant autofinancé à 82%, complété par des aides de l'État et de la région Bretagne. Elle avait fait l'objet de premières études dès 1985 par la communauté urbaine de Brest. En 1990, le nouveau maire socialiste Pierre Maille décidait de soumettre le projet à référendum, au moment où plusieurs villes comme Nantes ou Grenoble faisaient le choix de relancer ce mode de déplacement urbain. Mais la ville du Finistère ne fera pas partie du lot : la CGT et la droite RPR-UDF s'y opposent, dénonçant un "tramway nommé délire", et le tram est rejeté par 80% des votants (pour un taux de participation de 41%). "Un enterrement de première classe", commente Yohann Nédélec. Alors que "maintenant, tout le monde veut le tramway. On nous le réclame partout. Comme dit le vieil adage : essayer, c'est l'adopter".
Fin 2025, on comptait 92 lignes de tramways réparties dans 30 agglomérations françaises pour environ un millier de kilomètres de voies, selon le Service technique des remontées mécaniques et des transports guidés (STRMTG). La France comptait plus d'une centaine de réseaux de tramway au début du XXe siècle. La quasi-totalité d'entre eux avaient disparu dans les années 60, avant de reprendre leur essor à partir des années 1990.