Des huiles biodégradables pour les ponts de Montceau-les-Mines

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Environnement

Energie

Saône-et-Loire

La communauté Creusot Montceau (Saône-et-Loire) a lancé en novembre 2008 un chantier de conversion des graisses et des huiles d'entretien des trois ponts du canal de Montceau. Elle devance ainsi l'application de la loi d'orientation agricole de 2006. Plus chère à l'achat, l'huile biodégradable présente des avantages non négligeables : non polluante, elle permet de supprimer les vidanges des installations et de réduire le renouvellement des lubrifiants.

La communauté urbaine Le Creusot Montceau-les-Mines (dix-huit communes, 95.500 habitants) a entrepris de changer les huiles et graisses d'entretien utilisées pour les ponts mobiles de la ville de Montceau : une passerelle pour piétons enjambant le canal du Centre, un pont-levis et un pont levant. Ces ouvrages mobiles laissent passer régulièrement les bateaux et, à l'occasion des levées, une partie de l'huile des rouages et des systèmes hydrauliques s'écoule goutte-à-goutte dans le canal et le pollue. En décidant de modifier les huiles utilisées, la communauté urbaine a choisi d’anticiper les prescriptions de la loi d'orientation agricole du 6 janvier 2006, entrée en vigueur en janvier 2008, mais dont les décrets d’application ne sont pas publiés au printemps 2009. Cette loi interdit en effet l'utilisation des huiles minérales pour les machines évoluant en milieu dit "sensible" et impose la conversion aux huiles hydrauliques biodégradables. Elle obéit aussi au principe de "pollueur payeur" : en cas de pollution accidentelle, les coûts de décontamination sont très élevés. Les risques financiers pour la collectivité impliquée sont de 75.000 euros, à raison de 10m3 à dépolluer pour 1m3 dégradé.

Une huile chère, mais écologique et rentable à long terme

A l'occasion d'une révision des ponts en novembre 2008, la communauté urbaine a donc décidé d'accepter l'offre de conversion des lubrifiants proposée par l'entreprise en charge de leur entretien. "Cette action anticipatrice montre la volonté de la communauté de renforcer ses mesures en faveur de la préservation de l'environnement, et notamment celle des ressources en eau, une préoccupation de longue date pour un territoire à la vocation industrielle affirmée", souligne Patrice Notteghem, directeur des services du développement durable à la communauté urbaine. Kadder Madani, responsable du secteur signalisation et mobilier urbain à la communauté urbaine, est à l'initiative de cette décision : "En plus d'être dépourvus de substances toxiques, les lubrifiants biodégradables sont plus performants que les huiles minérales classiques, car ils ont une durée de vie nettement supérieure, explique-t-il. En supprimant les vidanges et les stockages d'huiles, ils permettent de limiter les déchets issus de l'activité des rouages." En réduisant les travaux de maintenance hydraulique des ponts, ces huiles induisent aussi une réduction des déplacements des véhicules d'entretien et présentent ainsi un excellent bilan carbone. Seul bémol : le coût de départ. Les lubrifiants biodégradables coûtent trois fois plus cher que les huiles minérales. "Le retour sur investissement est toutefois escompté sur trois ans, car d'autres coûts vont être minorés avec la suppression des vidanges systématiques et la réduction des frais de transport pour le renouvellement des huiles", explique Kadder Marani. La communauté urbaine devrait utiliser prochainement ces huiles biodégradables pour les véhicules de collecte et les bennes à ordures.

Laura Henimann / PCA, pour la rubrique Expériences du site Mairie-conseils 

Communauté Creusot-Montceau

Château de la Verrerie- BP 69
71206 Le Creusot cedex
info@lacommunaute.fr

Kadder Madani

Responsable du secteur signalisation et mobilier urbain

Patrice Notteghem

Directeur des services du développement durable
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