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Développement des compétences de l’après-crise : faire confiance aux acteurs de terrain

Pour répondre aux défis de la crise, à savoir l’urgence sociale, les besoins de recrutements et la transformation de notre modèle de développement, mais aussi la coordination des politiques de l’emploi-formation, l’échelon régional est le plus pertinent selon Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, et Bertrand Martinot, directeur de Siaci-Saint-Honoré, qui participaient le 6 avril à la 3e Controverse des régions sur le thème : "Quel rôle pour les régions dans le développement des compétences pour le monde de l’après-crise ?"  

D’un mal peut sortir un bien. C’est l’avis de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui lors de la 3e "Controverse des régions" organisée le 6 avril sous forme de webinaire, a invité à tirer les bénéfices de ce qui s’est opéré durant le premier confinement. "A ce moment-là, tous les partenaires sociaux se sont très vite concertés, confrontés aux enjeux économiques et sociaux et les premiers ne sont pas passés avant les seconds, on a été obligé d’articuler ces deux dimensions. Maintenant le moment est venu de faire perdurer cela."

Partir des réalités de terrain

S’agissant du rôle des régions dans le développement des compétences pour le monde de l’après-crise, thème qui était au cœur de ce webinaire, le secrétaire général de la CFDT a souligné l’importance de l’échelon local, voire très local pour répondre aux enjeux de compétences. "Il faut partir des réalités de terrain pour répondre aux défis qui sont de trois ordres : l’urgence sociale avec les travailleurs qui perdent leur travail, mais aussi les jeunes qui ont du mal à rentrer sur le marché de l'emploi, les besoins de recrutements des entreprises pour favoriser la reprise, et enfin, la transformation de notre modèle de développement."
Pour relever ces trois défis, "il faut faire confiance aux acteurs dans les territoires, qui sont au nombre de quatre : les entreprises, les salariés, les collectivités territoriales et notamment les conseils régionaux et l’Etat déconcentré". Sans vouloir désigner de chef de file, Laurent Berger a estimé que, s’agissant de l'enjeu des compétences, l'acteur qui les représente le mieux sur le territoire était le conseil régional.

Transférer des compétences aux régions

Face à lui, Bertrand Martinot, directeur de Siaci-Saint-Honoré et expert des politiques emploi-formation, a également jugé que l’acteur naturel pour animer et coordonner des politiques emploi-formation était la région. "Encore faut-il pour ça qu'elle ait un monopole sur les outils. Or aujourd'hui l'État en a un certain nombre et est aussi sur le terrain, à la différence de la région, qui ne dispose pas d’équipes opérationnelles sur le terrain, ce qui limite sa capacité d’action. Les régions ne pourront assumer leurs responsabilités que si elles finissent par avoir des transferts de compétences de l’Etat avec des personnels sur le terrain pour animer l'emploi et la formation, sinon elles resteront entravées pour exercer une compétence pourtant essentielle pour elles."
Le directeur de Siaci a également pointé la dilution de responsabilités en matière d’apprentissage et de formation professionnelle, jugeant indispensable pour une meilleure efficacité et une meilleure utilisation des fonds publics que la région soit responsable d’un bloc de compétences insertion professionnelle des jeunes. "Pour la jeunesse, l’échelon territorial est le bon pour créer des dynamiques de solidarité et d'accompagnement et pour permettre leur émancipation à travers l'emploi et la formation", a appuyé Laurent Berger.

Enjeux transversaux

Le secrétaire général de la CFDT a par ailleurs encouragé à faire vivre plus fortement les Crefop (comités régionaux de l'emploi, de la formation et de l’orientation professionnelles) pour animer ces politiques emploi et formation. Bertrand Martinot s’est montré moins enthousiaste sur les Crefop, selon lui pas suffisamment "opérationnels pour régler les problèmes concrets notamment en matière de reconversion professionnelle au niveau local", appelant à privilégier plutôt les grosses branches professionnelles et les Opco. "Ces dernières ne sont que 11, elles ont des moyens financiers considérables, ce sont des interlocuteurs crédibles au sein des régions", a-t-il souligné.
Sans s’opposer sur ce point, Laurent Berger a cependant mis au garde contre le risque d’une trop grande verticalité : "Un exemple très concret est celui du dispositif des transitions collectives : à chaque fois, ce n’est pas le même Opco, pas la même branche professionnelle et si on ne travaille pas en transversal on n’y arrivera pas." Et de conclure : "Les enjeux devant nous vont être transversaux."

 

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