États généraux des festivals #2 : cartographie, développement durable et concentration

Roselyne Bachelot a organisé la seconde édition des états généraux des festivals, qui s'est tenue le 28 juin en clôture du Printemps de Bourges. Plusieurs études ont été présentées : indicateurs socioéconomiques des festivals, analyse des publics... Une cartographie va aussi être élaborée. Et la problématique de la concentration des festivals et donc du risque de positions dominantes a été soulevée.

Comme elle s'y était engagée, Roselyne Bachelot a organisé la seconde édition des états généraux des festivals, qui s'est tenue le 28 juin, à l'occasion de la clôture du Printemps de Bourges. La première édition avait eu lieu à Avignon les 2 et 3 octobre derniers (voir notre article du 1er octobre 2020). Le contexte est aujourd'hui sensiblement différent, avec la levée progressive des restrictions sanitaires et malgré l'annulation d'un certain nombre de festivals qui auraient dû avoir lieu cet été. Mais ce climat plus serein ne suffit pas à faire disparaître les impacts négatifs de la crise sanitaire, ni les problèmes de fond qui touchent ce secteur.

Un portrait sociologique du festivalier

Le dossier de présentation de cette seconde édition précise que l'objectif de ce deuxième rendez-vous était de "présenter les résultats des différentes études lancées à l'issue de la première édition [...], notamment celles relatives au sujet essentiel de l'observation des festivals". Ce dispositif d'observation des festivals associe trois entités : France Festivals (la fédération des festivals de musique et du spectacle vivant), le département des études, de la prospective et des statistiques du ministère de la Culture (DEPS) et le CNRS, par l'intermédiaire du Cepel (Centre d'études politiques et sociales, de l'université de Montpellier), qui s'appuie sur un partenariat scientifique avec le laboratoire Sophiapol (université de Nanterre).

Les premiers travaux ont déjà produit un certain nombre de résultats. Ainsi, le Cepel a présenté les conclusions d'une étude sur les indicateurs socioéconomiques des festivals, qui permet d'établir une typologie de sept grandes familles de festivals et de mettre en évidence les perspectives en termes d'action publique.

De leur côté, les travaux du DEPS (avec son étude récurrente sur "Les pratiques culturelles des Français") et ceux de France Festivals, via son étude SoFEST!, ont abouti à une analyse des publics des festivals. Les deux organismes ont notamment exploité pour cela 30.000 questionnaires servis par des spectateurs et 2.000 par des bénévoles. Les enseignements de cette étude, qui seront disponibles sur le site de France Festivals, portent notamment sur le portrait sociologique du festivalier, les modalités de la venue des festivaliers aux festivals, la motivation et l'expérience au travers de cinq familles de festivaliers, la sociologie du goût, et les caractéristiques des bénévoles.

Parallèlement à cette étude, il a été décidé d'élaborer une cartographie des festivals, avec une expérimentation dans trois régions pilotes (Bretagne, Grand-Est et Île-de-France). Le ministère précise qu'"à terme, le projet a vocation à devenir un outil pérenne sous la forme d'un Atlas culturel couvrant l'ensemble du territoire de manière évolutive, afin d'améliorer la connaissance du secteur". Cet atlas prendra la forme d'un site internet.

La seconde édition des états généraux a également été l'occasion d'un focus sur la question du développement durable. Un groupe de travail dédié a été mis sur pied, en liaison avec le Collectif des festivals. Ce groupe a notamment vocation "à explorer les enjeux liés au développement durable et à émettre ses préconisations après un diagnostic approfondi".

Une "nouvelle politique de l'État à l'égard des festivals" présentée le 1er décembre à Toulouse

Enfin, cette édition a permis d'introduire un partenaire plutôt inattendu. Il s'agit en effet de l'Autorité de la concurrence. Celle-ci a présenté son avis sur la concentration des festivals. Un thème de plus en plus prégnant, avec le poids croissant des grands organisateurs et tourneurs comme Live Nation et le risque accru de positions dominantes. Saisie par la commission des affaires culturelles de l'Assemblée nationale, Isabelle de Silva, la présidente de l'Autorité de la concurrence a confirmé que les évolutions structurelles, mais aussi les conséquences de la crise sanitaire, pourraient entraîner des bouleversements du secteur, comme des opérations de consolidation sur lesquels l'Autorité invite à la vigilance. Elle estime néanmoins que l'Autorité dispose d'outils qui lui permettraient d'intervenir, si nécessaire, sur le niveau de concentration du secteur, soit en matière de contrôle des concentrations, soit pour faire cesser d'éventuelles pratiques anti-concurrentielles.

Lors de son intervention, Roselyne Bachelot a donné rendez-vous à tous les organisateurs et partenaires des festivals, le 1er décembre à Toulouse, "où sera présentée une nouvelle politique de l'État à l'égard des festivals".

 

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