Nice et sa Promenade des Anglais classées au Patrimoine mondial de l'Unesco

Nice et son incomparable décor urbain, façonné par 200 ans d'histoire cosmopolite et l'engouement des riches hivernants attirés par les bienfaits de son climat en bordure de mer Méditerranée, ont été classés ce mardi 27 juillet au Patrimoine mondial de l'Unesco.
Reconnue au titre de "ville de la villégiature d'hiver de Riviera" pour son patrimoine architectural, paysager et urbanistique, la cinquième ville de France rejoint une quarantaine de sites en France, comme les rives de la Seine à Paris, la cathédrale d'Amiens ou le Mont Saint-Michel. Le périmètre classé couvre un peu plus de 500 hectares, et englobe notamment la Promenade des Anglais, en bord de mer.
"L'histoire de Nice, à la fois enracinée et ouverte, méditerranéenne et alpine, européenne et cosmopolite, a produit une architecture et un paysage uniques, un modèle pour un grand nombre d'autres villes du monde", s'est félicité le maire Christian Estrosi. "Cette inscription consacre Nice comme archétype de la villégiature d'hiver de riviera avec son site exceptionnel, entre mer et montagne, et les diverses influences qui ont façonné son patrimoine", a aussi salué sur Twitter la ministre de la Culture, Roselyne Bachelot.
Jusqu'à l'aube du XIXe siècle, Nice était une vieille bourgade italienne du royaume de Piémont-Sardaigne adossée à une colline au château détruit, sur une côte réputée inhospitalière et hostile. Son destin change quand l'aristocratie anglaise, avide de lieux de villégiature tempérés pour passer l'hiver, jette sur elle son dévolu. Une ville nouvelle se développe alors pour devenir une véritable "capitale d'hiver" pour riches oisifs, rentiers et aristocrates itinérants de toute l'Europe pour lesquels on trace des boulevards, aménage des parcs et des promenades pour profiter du plein air, plante des espèces exotiques, palmiers ou orangers, sur des terrains pelés. Avec le rattachement de Nice à la France en 1860, le train démultiplie les accès et le nombre de ces riches résidents à la recherche de distractions et d'un air bénéfique pour la santé, à une époque où la tuberculose fait encore des ravages. Ce sont d'abord des Anglais puis des Russes et des ressortissants des empires allemands et austro-hongrois. Nice accueille progressivement des visiteurs de toute l'Europe et même des Amériques, qui en font la première représentante de cette villégiature de riviera. Pour eux, se sont bâtis des villas (la plus ancienne date de 1787), des hôtels (Le Regina pour la reine d'Angleterre et sa suite) ou des immeubles d'agrément appelés "palais" et qui forment aujourd'hui un superbe ensemble urbain environné d'un amphithéâtre de collines typique de la géographie de Nice.
En 1900, le plaisir des bains de mer n'est pas encore inventé, encore moins celui de la bronzette, mais la ville reçoit déjà 150.000 résidents par an, une fréquentation sans équivalent dans les autres villes de villégiature. "C'est donc à Nice qu'ont été d'abord découverts les attraits de ce qui va devenir la Riviera au sens postérieur du terme: le pittoresque particulier des paysages résultant de la proximité de la montagne et de la mer, la douceur du climat hivernal, l'exotisme de la végétation et même, à un certain degré, la singularité des modes de vie des autochtones", a rappelé la ville dans un dossier de presse.
L'inscription au patrimoine de l'Unesco apporte à la ville un prestige international dont la municipalité espère qu'il va favoriser l'activité touristique  et l'économie locale. Elle a aussi vocation à renforcer la sensibilité du public mais aussi la protection contre des aménagements destructeurs, grâce à un règlement d'urbanisme patrimonial, dans une ville qui a connu des outrages irréversibles comme la destruction du palace Ruhl, fleuron Belle Epoque de 1912, dynamité dans les années 1970 pour construire un hôtel aux vitres teintées à la place.
Depuis le lancement de sa candidature à l'Unesco, la ville a inventorié et protégé plus de 300 bâtiments et a restauré des dizaines d'immeubles, de villas et de jardins.
Trois jours plus tôt, samedi 24 juillet, le comité du patrimoine mondial de l'Unesco avait décidé ce d'inscrire deux sites français : le phare de Cordouan, en Gironde, et Vichy, dans l'Allier, dans le cadre d'une candidature transnationale sur le thermalisme (voir notre article ci-dessous). On supposait alors que la troisième candidature française, celle de Nice, serait reportée. L'annonce de ce jour est donc plutôt une surprise.

 

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