Réduction du trafic TER Lyon-Grenoble : une situation "inadmissible" pour la région Rhône-Alpes

Le nombre de TER sur la ligne Lyon-Grenoble devrait être réduit de moitié dans les quinze prochains jours pour "des raisons techniques", a indiqué ce 1er décembre la SNCF, provoquant l'ire du Conseil régional Auvergne-Rhône-Alpes. "Il y a en effet un manque de disponiblité de rames qui s'explique par une conjonction de facteurs", a déclaré à l'AFP la direction SNCF Auvergne-Rhône-Alpes, confirmant une information du Progrès. D'autres lignes, comme Chambéry-Grenoble, Grenoble-Lyon ou Mâcon-Lyon sont également impactées mais "à moindre mesure".  
"D'abord, en automne et en hiver, les rames patinent ou glissent légèrement au freinage à cause de la cellulose sur les rails, une pâte issue de la décomposition des feuilles mortes. Cela dégrade les essieux et nécessite leur reprofilage durant une journée", a expliqué la SNCF en invoquant également une augmentation des chocs sur la voie (arbres, personnes, véhicules et autres animaux...) depuis 2019. En outre, des "manques de personnels qualifiés à cause du Covid" pénalisent la prise en charge des rames, affirme la SNCF qui indique avoir lancé un "plan d'action" pour remédier à la situation "dans le courant du mois" de décembre.
" Une telle annonce, du jour au lendemain, pour la région et pour les voyageurs, qui vient s’ajouter à une longue liste de dysfonctionnements, n’est pas acceptable", a réagi dans un communiqué la Région Auvergne-Rhône-Alpes. En tant qu'autorité organisatrice des mobilités, elle a jugé cette situation "inadmissible" voire "indigne de l'entreprise historique du transport public en France". "Il appartient à la SNCF de régler ses problèmes liés à la maintenance ou la réparation de rames endommagées", souligne-t-elle. 
Elle rappelle que lors de la signature en 2017 de la Convention avec la SNCF, elle avait inscrit la ligne TER Grenoble-Lyon parmi les lignes stratégiques faisant l’objet d’un paiement de bonus ou de malus en fonction de la circulation des trains afin d’améliorer la régularité de cette ligne. En 2018 la région dit avoir par ailleurs exigé de la SNCF de renforcer les effectifs de ses centres de maintenance afin de limiter l’indisponibilité de ses rames. "Force est de constater que le compte n’y est pas (…), constate-t-elle. Il n’est pas possible que les voyageurs qui se déplacent en Auvergne-Rhône-Alpes et en particulier entre les deux principales métropoles de la 2e région de France soient laissés chaque jour à quai." La région a "demandé sans délai à la SNCF de mettre en oeuvre sur l'ensemble des itinéraires impactés par les indisponibilités de matériel les moyens de transports de substitution par autocar à la hauteur des besoins de nos concitoyens".
Pour l'heure, la SNCF a indiqué qu'elle était en train de renforcer ses équipes dans les centres de maintenance de TER et de mobiliser des ressources supplémentaires pour les opérations jugées prioritaires.    
 

 

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