Emploi - 2009 : le retour en grâce des contrats aidés ?

Face à la remontée du chômage, on ressort les vieilles recettes : après avoir été mis au ban, les contrats aidés sont de retour. Le Premier ministre a confirmé, mercredi sur RTL, que le nombre de ces emplois subventionnés allait sans doute augmenter "un peu" pour servir "d'amortisseur", soulignant toutefois qu'il ne s'agissait "pas d'une solution au problème du chômage". Ces annonces devraient figurer dans le plan pour l'emploi qui sera présenté la semaine prochaine par le président de la République, après avoir été reporté d'une semaine. La ministre de l'Economie Christine Lagarde a d'ores et déjà prévenu mercredi, lors d'une table ronde organisée par Oséo Lyon, que la crise financière internationale allait avoir un impact important sur le nombre de demandeurs d'emplois (celui-ci a bondi de 41.300 demandeurs d'emploi en août dernier pour atteindre 1,949 million). L'Unedic va même jusqu'à anticiper une hausse de 46.000 du nombre de chômeurs cette année, quand elle envisageait une baisse de 80.000 au printemps dernier. Conséquence : à peine présenté, le PLF 2009, qui prévoyait une baisse des crédits alloués à l'emploi de 5,2% en 2009 et de 9,1% en 2010, devrait être retoqué avant le début des débats au Parlement la semaine prochaine. Car les contrats aidés ont un coût important (exonérations, primes diverses) : 8,5 milliards d'euros sur le budget 2006 ! Certes, entre le budget initial de 2009 qui n'en prévoyait que 280.000 et les 431.000 signés en 2006, la marge est encore grande. Mais dans l'état actuel des finances publiques, il va falloir faire preuve de pédagogie. Pour le moment, c'est Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi qui s'y colle. "Cela ne m'intéresse pas de faire un contrat aidé comme on fait l'aumône, pour mettre un demandeur d'emploi sur le côté et le sortir des statistiques", a-t-il expliqué, mardi, sur i-télé. Un aveu ? Si les collectivités, notamment les départements, ont largement recours à ce type de contrats dans leurs politiques de réinsertion des personnes en difficultés, les avis sur leur efficacité dans le secteur marchand sont très partagés. A intervalles réguliers, la Cour des comptes stigmatise la pléthore de contrats et l'utilisation qui en est faite pour réguler le chômage artificiellement en fonction des priorités du moment. "Le droit des contrats aidés est marqué par l'urgence de la régulation à court terme et de la file d'attente sur le marché du travail", avait lui-aussi dénoncé le Sénat en 2007.

 

Michel Tendil

 

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