Les Pyrénées Cathares accompagnent les agriculteurs pour la transmission de leur exploitation (09)

Depuis 2016, les communautés de communes du Pays d'Olmes et de Mirepoix soutiennent les agriculteurs qui souhaitent céder leur exploitation. Ils peuvent bénéficier de chèques conseils auprès d'un réseau de partenaires pour transmettre au mieux leur exploitation. 20 exploitants ont bénéficié de ce dispositif de 2016 à 2021. Les élus s’apprêtent à renouveler l'opération pour les 5 prochaines années.

Un éleveur bovin, une productrice - transformatrice de fruits et légumes, un éleveur de volailles, porcs et agneaux : ces trois agriculteurs ont en commun de travailler dans les Pyrénées Cathares, à la limite occidentale du département de l'Ariège. Ils ont aussi tous trois plus de 50 ans et anticipent la transmission future de leur exploitation agricole avec le soutien de la collectivité locale. « Sur les Pyrénées Cathares en 2016, plus de la moitié des 250 exploitants agricoles avaient plus de 50 ans et la moitié n'avait aucune idée d'un éventuel repreneur. C'est ce qui a motivé les élus locaux à mettre en place un dispositif pour accompagner au mieux la transmission de leurs exploitations », indique Trifine Cuvillier, chargée de mission à la communauté de communes du Pays d'Olmes, qui forme les Pyrénées Cathares, avec sa voisine de Mirepoix.

Un réseau de partenaires

« Le dispositif prend la forme d'un carnet de chèques conseils de 10 chèques de 250 €. Chaque agriculteur de plus de 50 ans, ayant son siège sur le territoire et un projet de transmission peut les dépenser durant 3 ans auprès d'un réseau de partenaires locaux », poursuit la chargée de mission. Une dizaine de structures sont concernées : les acteurs agricoles « traditionnels » de la transmission-reprise, chambre d'agriculture de l'Ariège, association de développement de l’emploi agricole et rural(ADEAR), Bio Ariège Garonne (ex-CIVAM) ; mais aussi des acteurs fonciers (Safer Occitanie), des experts-comptables et des offices notariaux. « Nous ajoutons de nouveaux partenaires au fil du temps, en fonction des besoins des agriculteurs accompagnés : ils doivent trouver dans le dispositif la liberté d'être accompagné par des acteurs en qui ils ont confiance. »

20 agriculteurs accompagnés durant 5 ans

La chargée de mission prend rendez-vous avec chaque volontaire : « Il faut souvent 2 heures pour rentrer dans le vif du sujet, difficile à aborder, voire violent, car être agriculteur n'est pas seulement un métier : c’est un vrai choix de vie. » L'agriculteur signe ensuite une convention de 3 ans avec les communautés de communes. Puis, chaque utilisation d'un chèque conseil auprès d'un prestataire donne lieu à un reversement du même montant par la collectivité locale. « Les conseils sollicités sont surtout d'ordre juridique, statut, fiscalité, et relatifs à l'estimation des biens et du patrimoine : faut-il transmettre l'ensemble des bâtiments, conserver le logement... » Le premier programme 2016-2020 s'achève et 20 exploitants agricoles ont été accompagnés par le dispositif. 9 ont terminé cet accompagnement. Parmi eux, 2 ont effectivement transmis leur exploitation. 8 sont en cours et ont jusqu'en juin 2021 pour bénéficier de conseils. 3 agriculteurs ont abandonné le dispositif en cours de route : ils n'étaient finalement pas prêts à transmettre. « Le bilan complet du dispositif sera lisible dans 5 ans, lorsque tous les agriculteurs accompagnés auront pris leur retraite ».

Pierre angulaire du nouveau projet alimentaire territorial

2021 constitue une année de transition pour solder le premier programme. Les deux communautés de communes prévoient d'engager un second programme en 2022, pour accompagner une quarantaine de nouveaux agriculteurs. « La transmission-reprise constitue aujourd'hui la pierre angulaire de notre nouveau projet alimentaire territorial, labellisé en 2018 », indique la chargée de mission. Elle conditionne l'avenir économique du territoire, et constitue aussi la garantie de voir perdurer des traditions comme la transhumance et l'estive. Ces deux pratiques agricoles ont une valeur importante pour le tourisme rural, aux côtés des circuits de producteurs locaux très développés sur le territoire. Transmettre les exploitations agricoles, c'est enfin assurer l'entretien des paysages, pour qu'ils conservent leurs particularités et éviter qu’ils se « referment ». Un thème d'actualité sur le Pays d'Olmes, qui travaille à une candidature au titre de Grand Site de France sur une partie de son territoire, autour du château de Montségur.

Un projet essentiellement autofinancé

Le dispositif d'accompagnement à la transmission agricole 2016-2020 est doté d'un budget de 50.000 €. Il est majoritairement financé par les deux communautés de communes partenaires. Ce dispositif est intégré dans un programme d’actions « Renforcement des filières alimentaires de proximité de Pyrénées Cathares » mise en place depuis 2013. L’ensemble du programme est inscrit dans le programme LEADER et bénéficie de financements des ministères de l’Agriculture, de l’Environnement, du conseil régional Occitanie, et du conseil départemental de l’Ariège.

À l’origine, porté par le Pays des Pyrénées Cathares dont les missions se sont recentrées sur le programme Pays d'Art et d'Histoire, ce dispositif fonctionne en coopération entre les communautés de communes du Pays d'Olmes et du Pays de Mirepoix depuis 2016.

Communauté de communes du Pays d'Olmes

Nombre d'habitants :

14993

Nombre de communes :

24
1 chemin de la Coume
09300 Lavelanet
ccpo@paysdolmes.org

Trifine Cuvillier

Chargée de mission Renforcement des filières alimentaires de proximité

Patrick Ferrié

Délégué communautaire, en charge de l'agriculture

Communauté de communes du Pays de Mirepoix

Nombre d'habitants :

10859

Nombre de communes :

33
1, chemin de la Mestrise
09500 Mirepoix
contact@paysdemirepoix.org

Simone Verdier

Vice-présidente, en charge de l'agriculture