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24 millions d'euros de taxe de séjour reversés en 2018 par Airbnb et des surprises dans la répartition

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par
Jean-Noël Escudié / P2C pour Localtis
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Tourisme, culture, loisirs

Finances et fiscalité

Logement

Airbnb a annoncé le 16 janvier avoir reversé plus de 24 millions d'euros de taxe de séjour aux communes françaises pour l'exercice 2018. Ce chiffre marque une forte progression (+78%) par rapport au montant collecté sur l'exercice précédent. Cette hausse spectaculaire s'explique, pour partie, par l'extension du champ de perception de la taxe. Celui-ci a débuté, en 2015, sur une base "volontaire", avec les seules villes de Paris et de Chamonix (pour une recette de 1,2 million d'euros). Il s'est étendu, en 2016, à 19 grandes villes (7,3 millions), puis à 50 communes en 2017 (13,5 millions).

Un changement d'échelle

Changement d'échelle en 2018 puisque, depuis le 1er juillet, Airbnb étend la collecte à près de 23.000 communes ayant voté une taxe de séjour au réel. À cet effet mécanique s'ajoutent aussi le dynamisme de l'activité de location touristique meublée (+40% l'an dernier pour Airbnb en France) et la plus grande rigueur dans le respect de la réglementation.

La plateforme estime dans un communiqué qu'"avec la collecte de la taxe de séjour, Airbnb s'affirme comme un atout pour de nombreux territoires, et pas seulement les plus grandes villes ou les stations touristiques. La taxe de séjour est ainsi une ressource émergente pour les villes petites et moyennes". Elle affirme aussi : "Le développement d'Airbnb bénéficie chaque année à de nouveaux territoires, y compris des communes qui ne percevaient jusqu'ici aucun revenu du tourisme, faute notamment d'offre d'hébergement traditionnel. En effet, alors que seules 7.000 communes disposent d'hébergements de type hôtelier, 23.000 communes françaises ont au moins une annonce sur Airbnb."

Paris représente le tiers de la taxe collectée

En termes géographiques, le communiqué d'Airbnb ne cite que les trois premières villes concernées. Il s'agit en l'occurrence de Paris avec 7,5 millions de taxe de séjour collectée, soit le tiers du total (mais la capitale est aussi la première destination touristique mondiale), suivie de Nice (1,1 million) et de Marseille (1 million).

Si la plateforme s'en tient au trio de tête, le quotidien Le Parisien publie en revanche, dans son édition du 18 janvier, une carte montrant les sommes reversées à une cinquantaine de villes. Lyon arrive ainsi au pied du podium avec 790.000 euros, suivie de Bordeaux (660.000), Montpellier (450.000), Cannes (420.000), Antibes, La Rochelle et Lille (300.000 chacune), Strasbourg (280.000), Toulouse (270.000) Aix-en-Provence (260.000)... Les stations de ski et villes de montagne sont également bien placées, avec 240.000 euros reversés respectivement à Annecy et Chamonix et un total de 623.000 euros pour les "stations de ski des Alpes". À signaler également le cas de Saint-Malo, qui affiche 200.000 euros de taxe de séjour collectée.

Jackpot pour Serris et Besse-et-Saint-Anastaise !

Certains résultats semblent plus surprenants. C'est le cas de Besse-et-Saint-Anastaise (Puy-de-Dôme, 1.500 habitants). La commune bénéficie en effet d'un reversement de taxe de séjour de 120.000 euros (pour des recettes de 6,26 millions d'euros à la section de fonctionnement du budget primitif 2018). Si la commune abrite un remarquable patrimoine architectural et la station de Super-Besse, elle n'en affiche pas moins un montant de taxe de séjour reversé par Airbnb nettement supérieur à ceux de Versailles (61.000 euros), Grenoble (85.000), Colmar (90.000) ou Deauville (82.000 euros).

Autre exemple surprenant : les 54.000 euros de taxe de séjour collectés à Serris (Seine-et-Marne, 8.800 habitants). Un montant supérieur à ceux de villes de la Côte d'Azur comme Hyères (51.000 euros), Toulon (idem) ou Saint-Raphaël (48.000). Si Serris n'affiche pas vraiment de patrimoine architectural ou culturel, elle a en revanche la chance d'être limitrophe de Disneyland Paris... A noter que, dans cette carte des 50 premières villes, ne figure pas Saint-Tropez, qui fut pourtant le symbole du tourisme estival français.

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