56% des maires favorables au maintien des élections en juin

56% des maires ayant répondu à la consultation lancée ce weekend par le gouvernement estiment que les élections régionales et départementales peuvent se tenir en juin. 40% sont pour un report. De quoi sans doute peser dans la balance au moment où Jean Castex doit s'exprimer ce mardi à l'Assemblée. Territoires Unis (AMF, ADF, Régions de France) avaient dit regretter que l'exécutif considère ces élections comme "non-essentielles", craignant un report après les présidentielles.

24.257 maires, soit 69% des maires ont répondu à la consultation express lancée vendredi par le gouvernement via les préfets avec réponse attendue dès ce lundi 12 avril. Il leur était demander de répondre "oui" ou "non" à la question de savoir si les conditions sanitaires préconisées par le Comité scientifique leur semblaient réunies pour que les élections régionales et départementales puissent se dérouler en juin (voir notre article du 11 avril). Le verdict des maires : oui à 56% (13.513 élus), non à 40% (9.812). Et 4% (932) ayant participé à la consultation mais n'ayant pas souhaité donner de réponse. Le ministère de l'Intérieur a communiqué ces chiffres ce lundi en fin de journée, avec un tableau détaillant les résultats par département. Des chiffres dont Jean Castex va pouvoir prendre connaissance avant son intervention ce mardi 13 avril à l'Assemblée puis le lendemain au Sénat. En sachant que chaque intervention sera suivie d'un débat... et d'un vote, ce qui n'était pas prévu.

"Les maires de France ont manifesté leur volonté que le calendrier électoral soit respecté. Malgré le contexte sanitaire particulier qui rend à l’évidence plus complexe l’organisation matérielle du scrutin, les maires ont envoyé un signal très fort d’attachement à la démocratie, à son esprit et à ses règles", a réagi lundi soir l'Association des maires de France (AMF) dans un communiqué. "Si les conditions précipitées dans lesquelles ils ont été consultés pouvaient laisser craindre que ce regain d’intérêt pour leur opinion ne serve d’autres objectifs que la seule sécurité sanitaire, ils ont su placer l’intérêt général au-dessus de toute considération politique", ajoute-t-elle. Rappelant qu'il "appartient désormais à l’Etat, dont c’est la responsabilité, de mettre en œuvre les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité sanitaire de ce scrutin", l'AMF assure que les maires, ici en tant qu'agents de l'Etat, "apporteront leur plein et entier concours, comme ils l’ont toujours fait".

Depuis vendredi soir, le ton était monté. Plus tôt dans la journée, l'AMF, l'Assemblée des départements de France (ADF) et Régions de France avaient affirmé sous leur bannière commune, que le gouvernement serait tenté de reporter les élections régionales et départementales après la présidentielle de mai 2022. "En réalité, le gouvernement n'a peur ni de l'épidémie, ni de la capacité des maires (...). Ce dont il a peur, c'est du verdict des urnes", "il n'a pas confiance en la capacité du peuple à renouveler démocratiquement les assemblées des régions et des départements qui conduisent des politiques essentielles pour le quotidien et l'avenir de nos concitoyens", disait leur communiqué.

Aux yeux de ces associations présidées par trois élus LR ou DVD, "ce qui se joue, en réalité, sur le dos des maires et sous le prétexte de la situation sanitaire, c'est le report des élections locales après les présidentielles et législatives car elles seraient des 'élections non-essentielles'". Elles craignent en effet qu'en cas de report à l'automne, le Conseil constitutionnel juge "le scrutin d'octobre trop proche des élections présidentielles, et de fait les [renvoie] à fin 2022". Et Territoires Unis de demander "à chaque parlementaire en son âme et conscience de ne pas favoriser cette manoeuvre".

D'autres sources considèrent comme "un aveu" la lettre adressée la semaine dernière à Jean Castex par le président (LREM) de l'Assemblée nationale, Richard Ferrand, dans laquelle celui-ci craignait que "l'absence d'une campagne électorale (...) accroisse encore ce qu'il est convenu d'appeler la 'prime au sortant'".

Curieusement, l'annonce d'un débat suivi d'un vote au Parlement a également suscité des critiques : "C'est à 16h27 par SMS, puis 16h43 par un courrier du cabinet du Premier ministre que nous avons appris officiellement la tenue d'un débat 50-1 (...) Au bout du compte, le gouvernement est le seul décideur du maintien ou pas des élections, il ne doit pas se défausser", a par exemple réagi la sénatrice communiste Eliane Assassi.

En tout cas, l'avis exprimé par les maires devrait conforter Jean Castex dans la position qui avait jusqu'ici été la sienne. Selon une source gouvernementale interrogée par l'AFP lundi soir, le Premier ministre défendra bien mardi et mercredi le maintien des élections régionales et départementales en juin.

 

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