6 choses à retenir du 4e baromètre des LegalTech

Le 4ème baromètre des LegalTech est sorti, et il révèle l’impact paradoxal que la crise a eu sur le marché des startups du droit. Si les levées de fonds chutent considérablement, le développement de ces nouveaux services s’est accéléré. Malgré la crise économique, le secteur apparaît donc plus solide. 

Chaque année, Maddyness réalise en partenariat avec le groupe média Wolters Kluwer un baromètre du secteur afin d’analyser en profondeur le marché des LegalTech. Quels sont les enseignements pour l’année 2020 ? Nous vous présentons les 6 points les plus marquants de cette nouvelle étude pour comprendre la structure des LegalTech françaises et envisager leur avenir.

 1. L’impact de la crise sur les LegalTech

L’année 2019 était une année record pour les LegalTech avec une levée de fonds globale de 52,1 millions d’euros. La crise sanitaire a fortement perturbé le développement du secteur.  La chute est vertigineuse en 2020 (-65,9%) avec un tour de table de - seulement - 17,8 millions d’euros. L’envergure de la chute va de pair avec un faible développement du secteur qui enregistre seulement 3,6% de nouvelles startups sur l’année 2020, alors que les taux oscillaient de 16 à 22% entre 2016 et 2019.

Les effets de la crise n’ont cependant pas été les mêmes pour toutes les startups du droit. En effet, pour 37% d’entre elles, l’impact de la crise a été très fort. Mais un clivage s’opère entre celles pour qui la crise n’a eu qu’un faible impact (25,9%), et celles pour qui l’impact négatif a été maximal (11,1%). Pour 50,6% des LegalTech, la crise a même eu un effet positif sur les services qu’elles proposent grâce à la conquête de nouveaux marchés et au développement de nouveaux services. Côté clients, le constat est plus mitigé : 59,3% des LegalTech font part d’un bilan négatif avec des pertes de contrats et des délais de vente rallongés.

L’optimisme règne toutefois puisque 77,1% des startups interrogées envisagent de nouveaux recrutements dans les 3 prochains mois. Pour rappel, 36,1% des LegalTech emploient 1 à 5 salariés et 57,8% d’entre elles génèrent moins d’un million d’euros de chiffre d'affaires. En revanche, 1,2% d’entre elles génèrent entre 10 et 30 millions d’euros de chiffre d'affaires.

 2. Etat des lieux des levées de fonds

Quelles sont les 3 plus grosses levées de fonds de 2020 ?

  • LegaLife : 5,2 millions d’euros
  • reciTAL : 3,5 millions d’euros
  • Quai des notaires.com : 1,7 millions d’euros

2%, c’est ce que représentent les levées de fonds de la LegalTech dans l’écosystème des startups. L’écart se creuse d’ailleurs entre la plus importante levée de fonds toutes startups françaises confondues et la plus importante des LegalTech (-86,6%). Si 51,8% des startups de la LegalTech ont levé des fonds en 2020, seulement 24,1% d’entre elles ont levé plus d’un million d’euros. La crise a, de plus, affecté la trésorerie de ces startups, poussant 13,6% d’entre elles à solliciter une aide de l’État, souvent sous la forme d’un PGE (Prêt Garanti par l’État).

3. Exporter le marché au-delà des frontières françaises

Le marché français ne semble déjà plus suffire aux LegalTech qui s’internationalisent de plus en plus. L’année dernière, 72,1% des startups du droit s’adressaient exclusivement au marché hexagonal contre 60,2% en 2020, soit une progression de 11,9%. De plus en plus de LegalTech comptent suivre cette voie (3 fois plus que l’année précédente !) : 10,8% des sondés qui pensent exporter leurs solutions hors de France dans les 3 prochains mois. Seule ombre au tableau : 16% des startups déclarent se heurter à des freins réglementaires qui entravent leur développement international, un chiffre en hausse de 2,8% par rapport à l’année précédente.

4. Les entreprises comme principaux clients

La LegalTech française s’adresse de moins en moins aux particuliers. Si ceux-ci représentaient 42,6% du marché en 2018, ils ne représentent plus que 9,6% en 2020. A contrario, les entreprises sont toujours fidèles aux solutions proposées par les startups du droit puisqu’elles représentent 49,4% des clients. Les professionnels du droit sont ensuite 

les plus importants clients : 

  • 24,3% pour les avocats, 
  • 6% pour les notaires 
  • et 2,4% pour les huissiers. 

45,8% des LegalTech ont déjà conclu un partenariat avec un grand groupe ou d’autres professionnels. Un chiffre stable par rapport à 2019.

5. La digitalisation des processus métiers au cœur des LegalTech

Depuis maintenant trois ans, la digitalisation des processus métiers est un service en constante progression. Elle représentait 12% des services proposés par les LegalTech françaises en 2018 et 19,1% en 2019. En 2020, elle s’établit à 42,2%. La démocratisation du télétravail au cours des confinements est très certainement à l’origine de cette augmentation. De nombreux services sont ainsi proposés : plateforme de gestion de projets et de contrats, signature numérique ou encore plateformes sécurisées d’échanges et de partages de documents. Le secteur se montre aussi très flexible et agile avec 44,6% des startups de la LegalTech qui ont pivoté depuis leur création. Le modèle économique du secteur semble donc s’adapter à la conjoncture actuelle qui suppose une forte capacité à proposer de nouvelles solutions.

6. L’engagement RSE, une tendance de fond ?

L’approche RSE (responsabilité sociétale des entreprises) semble séduire de plus en plus de LegalTech. 25,3% d’entre elles ont initié des démarches en ce sens : 15,7% pour les relations et conditions de travail, 6% pour la gouvernance de l’organisation, 6% pour l’environnement et 7,2% pour l’attention portée aux consommateurs. La prise en charge d’engagements RSE témoigne de la maturité d’un secteur encore en pleine mutation.