9e Nuit de la solidarité : +10% de personnes sans-abri recensées à Paris, +32% en banlieue

Le nombre de personnes sans solution d'hébergement recensées à Paris lors de la 9e Nuit de la solidarité dans la capitale a augmenté de 10% par rapport à 2025, selon un premier bilan présenté mercredi 18 février, sachant que ces résultats seront consolidés d’ici cet été.

Dans la nuit du 22 au 23 janvier, 1.500 Parisiens et 500 professionnels à Paris, ainsi que plus de 2.200 bénévoles relevant de 33 communes de la Métropole du Grand Paris (MGP) sont allés à la rencontre des personnes sans-abri afin de mener un nouveau décompte.

Entre 2022 et 2025, le nombre de personnes à la rue dénombrées dans le cadre de cette opération annuelle est passé de 2.600 à 3.500 dans la capitale. Les chiffres sont cette année encore à la hausse. Les estimations publiées mercredi dans un communiqué commun de l'Union nationale des centres communaux d'action sociale (Unccas), de la MGP et de la ville de Paris font état de 3.857 personnes sans-abri recensées lors de la 9e édition.

Cette hausse de 350 personnes rencontrées par rapport à l'édition 2025 s'explique "principalement par l'augmentation du nombre de personnes vivant en campement de plus de 20 personnes". Près d'une personne sur cinq (721) a ainsi été recensée dans un groupe de 20 personnes ou plus. "Alors qu’en 2025, sept campements étaient identifiés dans Paris, 16 groupes de plus de 20 personnes ont été recensés cette année", précise le communiqué.

La proportion des femmes décomptées par rapport à l'année précédente a par ailleurs baissé, de 14% en 2025 à 11% cette année, en lien peut-être, avancent les organisateurs, avec les mises à l'abri réalisées lors de la période de grand froid, entre fin décembre et début janvier.

Il est par ailleurs précisé que 70% des personnes rencontrées l'ont été dans les rues, les 30% restants l'ayant été au sein de "secteurs spécifiques" couverts par des professionnels (campements, parcs, bois, stations de métro, gares, parkings, hôpitaux…). Les personnes mises à l'abri en hébergement d'urgence ne font pas partie du décompte.

En dehors de la capitale, 33 communes de la MGP ont participé à l'opération, dont deux pour la première fois (Epinay-sur-Seine et Noisy-le-Grand). Sur ces territoires, 1.083 personnes ont été décomptées, soit 248 personnes de plus que l'an dernier (+32%). Dont 60% de personnes dans les rues et 40% sur des "secteurs spécifiques" (ici notamment campements ou installations le long de l'A86, La Défense, parkings souterrains…).

Les villes les plus concernées : Saint-Denis (395 personnes dont 254 en groupes de 20 personnes), Saint-Ouen (133, dont 100 sans un campement), Bobigny, Pantin, Noisy-le-Grand… A contrario, certaines communes sont très peu exposées (moins de dix personnes : Rueil, Epinay, Vincennes, Alfortville, Montrouge…) voire pas du tout (aucune personne rencontrée : Chaville, Livry-Gargan, Villeneuve-la-Garenne et Villetaneuse).

Et ailleurs ?

Qu'en est-il hors Ile-de-France ? On le sait, un certain nombre de villes en région ont elles aussi depuis quelques années rejoint la démarche de la Nuit de la Solidarité. On en comptait 15 en 2023. On ne dispose pas encore à ce jour de remontées chiffrées de leur part.

Si, donc, "d’autres communes ont suivi le mouvement", les choses ne sont "pas linéaires" et "plusieurs raisons expliquent ce phénomène", analyse la sénatrice PS du Val-de-Marne Laurence Rossignol, évoquant "la démobilisation de certains bénévoles, le manque de moyens humains, le choix de certaines communes de ne pas procéder à cette opération tous les ans ou encore leur décision de faire une pause". L'élue s'exprimait ainsi en 2024 lors de l'examen d'une proposition de loi sénatoriale "visant à mettre en place un décompte annuel des personnes sans abri dans chaque commune" – autrement dit à généraliser la Nuit de la Solidarité. Mais, suite à un amendement adopté par le Sénat, uniquement pour les villes de plus de 100.000 habitants.

Ce texte signé du sénateur PS de Paris Rémi Féraud, voté par le Sénat en janvier, a bien été transmis à l'Assemblée… où il reste toujours en suspens. L'objectif de ce décompte généralisé : que celui-ci "fasse bouger les choses et mette la question des sans-abri au premier rang des priorités politiques". L'article 1er prévoit qu'"à partir des données collectées", un "diagnostic territorial relatif au sans-abrisme" doit être élaboré "afin d’évaluer et de piloter la politique d’hébergement d’urgence et d’accompagnement social sur le territoire concerné". Dans la version adoptée par le Sénat, les communes de moins de 100.000 habitants resteraient en charge d'un recensement des personnes sans abri. La Dihal centraliserait l'ensemble des données, sur la base desquelles le gouvernement aurait à remettre au Parlement un rapport annuel d’évaluation nationale des politiques de prévention et de lutte contre le sans-abrisme.

 

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