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Accessibilité, finances, santé, grands prédateurs au coeur du congrès de l'Anem

Publié le
par
Virginie Fauvel
dans

Cohésion des territoires

Organisation territoriale, élus et institutions

Annie Genevard a pris la suite de Marie-Noëlle Battistel à la présidence de l'Association des élus de la montagne (Anem), lors du 34e congrès de l'association qui s’est tenu ces 18 et 19 octobre à Morteau. La ville a accueilli le premier déplacement du nouveau ministre chargé des collectivités territoriales, Sébastien Lecornu, qui refuse toute distinction “entre petites et grandes associations d’élus”.

Accessibilité, finances, santé, grands prédateurs, les quatre grandes préoccupations des élus de la montagne (Anem) - dont la présidence est désormais assurée Annie Genevard - ont fait l’objet de quatre motions  votées à l’issue de leur 34e congrès qui s’est tenu les jeudi 18 et vendredi 19 octobre 2018 à Morteau. Deux jours après le remaniement, les élus de la montagne ont salué la venue de Sébastien Lecornu, qui faisait son premier déplacement en tant que nouveau ministre en charge des collectivités territoriales. "L’apparition d’un grand ministère de la Cohésion des territoires va permettre d’avoir une vision à 360 degrés des enjeux que peuvent vivre les élus locaux", a-t-il déclaré devant l'assemblée, appelant de ses vœux le fait "que l’Anem ait sa place dans les travaux de la Conférence nationale des territoires". "Il n’y a pas de petites et de grandes associations d’élus", a-t-il insisté. Le ministre a par ailleurs rappelé qu’il souhaitait apporter des réponses aux trois enjeux que sont "la lutte contre le désenclavement et la fracture numérique, l'adaptation au changement climatique, la simplification et l’adaptation des normes". A propos du programme "Cœur de ville", Sébastien Lecornu a parlé de "révolution" : "Avant, on lançait des appels à projets ; on faisait rentrer les projets locaux dans un corset" tandis qu'aujourd'hui, selon lui, "on rassemble tous les acteurs" pour sonder leur besoin. Sur la question énergétique, le ministre s'est déclaré "un militant fort de l'hydroélectricité en montagne". "Mettre les concessions dans des SEM (société d'économie mixte, ndlr) avec les collectivités, ça marche", a déclaré Sébastien Lecornu, affirmant vouloir défendre ce modèle face à Bruxelles.

S’abstenir de toute nouvelle introduction de l'ours...

De leur côté, les élus de la montagne ont mis le cap sur les thèmes de l'accessibilité, des finances, de la santé et des grands prédateurs, par le vote final de quatre motions en clôture de congrès. Concernant l’accessibilité pleine et entière des territoires de montagne, une première motion rappelle le dépôt imminent du projet de loi d’orientation des mobilités au Parlement et regrette qu’une application indifférenciée de la limitation de vitesse à 80 km/h selon la dangerosité des routes secondaires, ait été prise par le décret du 15 juin 2018. Les élus de montagne rappellent leur volonté de sauvegarder des petites lignes ferroviaires et des gares TGV de montagne et attire l’attention sur la nécessité d’améliorer "les conditions d’accès aux stations de ski en facilitant le franchissement des cols et le dernier kilomètre dans les mêmes stations". Sur le volet financier, la deuxième motion, l’Anem continue de demander "une réforme de la dotation globale de financement avec prise en compte de la spécificité de la montagne à travers des critères de répartition incontestables comme l’altitude, la superficie, la longueur de voirie et l’importance des ouvrages d’art". Dans une troisième motion, les élus de la montagne demandent d’œuvrer notamment pour "service accessible de médecine générale en vingt minutes maximum et d'urgence en trente minutes maximum de trajet automobile et, dans les territoires très enclavés, que le schéma régional d'organisation des soins prévoit un système de transport sanitaire d'urgence par voie aérienne". Enfin, sur l’épineuse question des grands prédateurs, les élus de la montagne demandent au gouvernement "de rétablir une véritable concertation sur la question des prédateurs" et de s’abstenir, s’agissant de l’ours, de toute nouvelle introduction tant que le dialogue n’est pas restauré afin de respecter l’obligation "d’acceptabilité sociale". Il s’agirait aussi, d’après l’Anem, de "défendre au niveau de l’Union européenne une nouvelle approche en matière de grands prédateurs, avec une logique de régulation (..) , ainsi qu’une révision du classement de ces espèces au regard de la convention de Berne et des annexes de la directive habitats".

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