Agriculture - Aide au développement des circuits courts : le Rhône innove

Une étape supplémentaire dans les engagements du gouvernement et une évolution majeure pour le département du Rhône : la première convention sur les circuits courts agricoles a été signée entre l’Etat, le conseil général du Rhône, la chambre d’agriculture du Rhône et l’office public d’aménagement et de construction du Rhône, vendredi 29 octobre. Un partenariat qui favorise l’approvisionnement local en restauration collective et le développement de magasins de produits locaux dans le département. Ainsi, le ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, Bruno Le Maire, et son homologue en charge de l’Espace rural et de l’Aménagement du territoire, Michel Mercier, en déplacement dans la circonscription, ont pu marquer leur attachement aux circuits courts qu’ils avaient tenu à intégrer dans la loi de modernisation de l’agriculture (voir ci-contre notre article du 6 juillet 2010).
Cette convention répond notamment aux exigences posées par l’article L.230-5 du Code rural qui dispose que "l’Etat se donne pour objectif de recourir, pour l’approvisionnement de ses services de restauration collective, à des produits faisant l’objet de circuits courts de distribution". Ces produits doivent ainsi représenter 15% des commandes en 2010 et 20% en 2012.

Un décret d'ici la fin de l'année

Dans le Rhône, département présidé par Michel Mercier, 920 repas par jour sont servis dans les collèges et le lycée de Thizy depuis la rentrée scolaire 2010. En 2011, l’expérience sera étendue à neuf autres collèges volontaires. Mais si Didier Chassagne, directeur de la chambre d’agriculture du Rhône, est fier d’être "largement au-dessus de la moyenne nationale" en matière de circuits courts, il confie que "la volonté politique [était] nécessaire pour accélérer le mouvement" et rappelle qu'aujourd'hui, "les collectivités passent par des appels d’offres qui n’intègrent pas les critères des circuits courts mais qui se basent uniquement sur le mieux-disant". "Nous attendons donc le décret de Michel Mercier à la fin de l’année pour changer les choses", précise Didier Chassagne.
Cette convention devrait redonner de l’air aux agriculteurs du Rhône, comme le souligne le directeur de sa chambre d’agriculture : "Avec la mondialisation, les agriculteurs n’ont plus la main sur ces marchés. Grâce à la valorisation des circuits courts et à ce type de convention, on se redonne les moyens du prix équitable. Nous aidons d’ailleurs les agriculteurs à fixer des prix raisonnables pour les collectivités mais qui leur permettent une vraie rémunération."
Aucun chiffre ne permet actuellement d’étayer cet attrait pour les circuits courts. Seule donnée statistique fournie par le réseau rural français : "En 2000, la vente directe concernait 15% des exploitations professionnelles". Il faut désormais attendre le prochain recensement agricole (publié en 2011) pour chiffrer précisément le phénomène. Mais dans certaines régions comme la Bretagne, l’ampleur de l’offre en circuits courts ne fait aucun doute. La fédération régionale des Civam (centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture) a dénombré 102 initiatives collectives (paniers de producteurs, points de vente collectifs, restauration collective) en 2009, alors qu’il n’y en avait que 21 en 2005. Ainsi, l’agglomération de Rennes affiche un chiffre d’affaires annuel en circuits courts de l’ordre de 12 à 20 millions d’euros et emploie jusqu’à 445 personnes dans le secteur. Le département du Rhône entend donc bien, lui aussi, profiter de cet engouement des consommateurs qui prônent la proximité. Reste seulement à s’organiser, comme le souligne Didier Chassagne, car "du côté de la production agricole, il y a un énorme travail logistique pour s’unir et pouvoir proposer une offre complète".

 

Muriel Weiss

 

 

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