Avec IM’Observer, l’agglomération de Thionville mobilise la data pour renforcer son attractivité commerciale (57)

Améliorer l’attractivité comme lutter contre la vacance commerciale passent par la data. À Thionville (57), la communauté d’agglomération Portes de France Thionville s’est appuyée sur l’agence d'urbanisme d'agglomérations de Moselle (Aguram) pour concevoir un observatoire dynamique, afin de répondre aux besoins de l’écosystème commercial. Un outil désormais opérationnel dont la vocation est d’essaimer.

À Thionville, la ville et la communauté d’agglomération ont engagé un ambitieux plan d’actions pour le centre-ville, dans le cadre d’Action cœur de ville. Parmi les axes de travail, le commerce et la question de la vacance commerciale font l’objet de diagnostics et de projets. La vacance commerciale de l’hyper-centre est ainsi passée de 21 à 16% entre 2018 et mi-2020. Une évolution que la communauté d’agglomération de Portes de France Thionville (57) a pu précisément mesurer, grâce à l’observatoire du commerce « IM’Observer », mis en place avec l’appui de l’agence d'urbanisme d'agglomérations de Moselle (Aguram).

Répondre aux besoins de tous

« Dans le cadre du programme Action cœur ville dont fait partie Thionville, les élus nous avaient demandé en 2019 un état des lieux du commerce, première étape à l’élaboration d’un plan d’actions pour renforcer l’attractivité et lutter contre la déprise commerciale », explique Pascal Chevallot, chef du projet technique IM’Observer à l’Aguram. Dès le départ, cet état des lieux a été conçu comme un outil dynamique et interactif, qui puisse servir pour en faire un outil de marketing territorial, le suivi et l’évaluation de la politique de revitalisation du centre-ville. C’est ainsi que l’Aguram a privilégié la création d’une application web qui permet de croiser les données sous forme de cartes. Cette application, développée par la société Makina Corpus avec l’aide de la Banque des Territoires, vise à répondre aux besoins de l’ensemble de l’écosystème : collectivités, commerçants, professionnels de l’immobilier commercial et grand public.

Un long travail de compilation des données

Disposer de données fiables sur le commerce n’a cependant rien d’évident. L’Aguram, qui s’intéressait uniquement aux commerces avec vitrine, a dû croiser plusieurs sources : les données de la chambre de commerce et d’industrie (CCI), celles de la chambre de métiers et celles des associations de commerçants. Quant à la base Sirène de l’Insee, en open data, elle s’est révélée très décevante. « Elle contient beaucoup d’erreurs et d’imprécisions. La géolocalisation est très approximative, les vendeurs ambulants sont par exemple identifiés à leur domicile et les données sont uniquement déclaratives », précise le technicien. Pour mener ce travail de vérification, l’Aguram s’est appuyée sur un questionnaire aux commerçants mais aussi sur Google Street View. La plateforme américaine permet en effet de visualiser les devantures des commerces et ainsi de vérifier leur activité. Au total, une centaine de jours de travail ont été nécessaires pour compiler l’ensemble des données.

Un diagnostic détaillé pour 828 cellules commerciales

Chacune des 828 cellules commerciales analysées fait désormais l’objet d’une description comprenant pas moins de 160 colonnes. « Certaines ont vocation à intéresser le grand public activité, localisation, d’autres sont destinées aux métiers de l’immobilier commercial, comme les surfaces, les loyers ou encore les coordonnées des propriétaires et les perspectives de départs à la retraite », précise Pascal Chevallot. Autant de données qui vont pouvoir être utilisées par les services de l’agglomération pour rechercher des enseignes locomotives, lutter contre la vacance ou encore anticiper des reprises. Les petites communes ne sont pas oubliées : avec ces données, elles peuvent planifier de nouveaux aménagements, organiser le stationnement ou encore l’accessibilité handicapé.

Un outil qui a vocation à essaimer

Cet observatoire, développé avec des logiciels libres, a vocation à essaimer. Localement d’abord : l’agglomération de Saint-Avold Synergie (57), également dans le programme Cœur de ville, s’est montrée intéressée. Mais aussi à une échelle nationale. C’est dans cette double perspective que l’Aguram a participé à l’appel à manifestation d’intérêt (AMI) « Open data Action cœur de ville ». « Cette expérimentation a été pour nous l’occasion d’échanger avec d’autres territoires sur l’outillage des collectivités et les problématiques de mises à jour des observatoires du commerce. Avec pour première conclusion que beaucoup de données, qu’il faut aujourd’hui aller chercher à la source, devraient être en open data », conclut Pascal Chevallot.

Un dispositif lauréat de l’AMI « Open Data Action Cœur de Ville »

L'observatoire de l’immobilier commercial IM’Observer et son extension à Saint-Avold, voire à d'autres territoires confrontés à des problématiques similaires, a bénéficié du soutien d’Open Data France et de la Banque des Territoires dans le cadre de l’appel à manifestation d’intérêts (AMI) « Open Data Action Cœur de Ville » lancé en octobre 2019. Cet accompagnement s’est matérialisé par la mobilisation, en 2020, de 20 jours/homme de conseils pour aider les porteurs du projet à définir sa gouvernance, à identifier des jeux de données et à réfléchir à son modèle économique. Cet appui méthodologique complète la mobilisation de 100 jours/homme investis par l’Aguram pour consolider les données. D’autres ateliers de prototypage et d’échanges avec les élus doivent encore être organisés pour étendre le dispositif.

Aguram (agence d'urbanisme d'agglomérations de Moselle)

Pascal Chevallot

Chef de projet

Communauté d'agglomération Portes de France-Thionville

Nombre d'habitants :

79372

Nombre de communes :

13
Espace Cormontaigne, 4, avenue Gabriel Lippmann CS 30054
57972 YUTZ Cedex