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Baisse des loyers HLM pour compenser la baisse des APL : Jacques Mézard promet des contreparties de l'Etat

Publié le
par
Valérie Liquet
dans

Logement

Social

Cohésion des territoires

"Il n'est aucunement dans mon intention de remettre en cause notre modèle du logement social", a assuré Jacques Mézard, le 7 septembre, en ouverture d'une journée organisée par la Fédération des offices publics de l'habitat appelant à "une meilleure adaptation des politiques du logement aux territoires détendus". Ce modèle, le ministre de la Cohésion des territoires y "croit", il le juge "indispensable", il est prêt à "le défendre", mais il estime aussi qu'il doit "évoluer". Il a dit aux organismes HLM son souhait de "travailler ensemble", ajoutant : "plutôt que de laisser à d'autres le soin de trancher".
Alain Cacheux, président de la Fédération des OPH, avait dit précédemment l'inquiétude de son réseau, élus et techniciens des offices, suite à la baisse des APL de 5 euros à compter du 1er octobre. "Cette mesure est parfois perçue comme une étape significative pour remettre en cause le modèle social des HLM", avait-il rapporté au ministre.

Les loyers, la "seule recette tangible" des OPH situés en territoires détendus

Quant à la demande du président de la République, adressée aux bailleurs deux jours auparavant, de baisser les loyers de 5 euros pour compenser la baisse des APL (voir notre article ci-dessous du 6 septembre 2017), Alain Cacheux a exprimé une colère contenue. "Les loyers représentent dans les territoires détendus la seule recette tangible des offices", dans un contexte où l'Etat et Action Logement ne sont plus au rendez-vous. Autre argument : cette baisse des loyers impliquerait 600 millions d'euros de recettes en moins pour les OPH, soit la moitié de leur capacité d'autofinancement (et par conséquent 4 milliards d'euros d'investissement en moins injectés dans l'économie).
Là encore, Jacques Mézard s'est voulu rassurant : "Si on demande un effort au monde HLM, l'Etat donnera des contreparties, c'est ce à quoi nous allons travailler ensemble."

"On ne va pas détruire la loi SRU" (mais "peut-être modifier des choses à la marge")

Jacques Mézard a naturellement évoqué les grandes lignes de la "stratégie Logement" qu'il présentera mercredi au conseil des ministres. Il a reprécisé que le projet de loi Logement n'en serait qu'un élément. Rien de nouveau : "on ne va pas détruire la loi SRU" (mais "peut-être modifier des choses à la marge") ; il a confirmé le doublement du programme Anru 2 (il passera de 5 à 10 milliards, mais on ne sait toujours pas comment) ; les crédits de la politique de la ville 2018 seront "sanctuarisés" ; le dispositif "Logement d'abord" sera enclenché ; 80.000 logements pour les jeunes seront construits sur la durée du quinquennat dont 60.000 pour les étudiants ; il a précisé que la "politique dynamique d'investissement" en direction des territoires détendus sera mise en place "dès le début de l'année 2018" ; que la lutte contre les passoires thermique était toujours d'actualité ; et que la couverture numérique était plus que jamais "indispensable"... "Tout cela doit permettre de mettre en place une stratégie logement", a-t-il commenté.
Concernant le sujet qui préoccupait les participants (et sur lequel nous reviendrons dans une prochaine édition), il a été confirmé que le programme national de reconquête des territoires détendus serait piloté par la future agence nationale de la cohésion des territoires (agence dont la création a été annoncée le 17 juillet lors de la conférence nationale des territoires). Le ministre a également regretté que "la fusion des régions (Ndlr : instituée lors du précédent quinquennat) n'a pas été en faveur des territoires détendus". Un constat d'ailleurs partagé par d'autres intervenants.

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