Bilan encourageant et pistes de progrès pour le "Plan Marshall emploi formation industrie" de la région Hauts-de-France
La région Hauts-de-France a initié en 2023, avec ses partenaires de l’emploi et de la formation, un programme destiné à adapter l’offre de formation aux besoins émergents de l’industrie sur le territoire. Après un premier bilan positif, la collectivité souhaite élargir le champ au-delà des métiers de la métallurgie initialement ciblés.
© @hautsdefrance/Journée bilan et perspectives du plan Marshall Emploi Formation Industrie au siège de la région Hauts-de-France le 11 septembre
Voilà deux ans que la région Hauts-de-France a embarqué ses partenaires dans la mise en œuvre d’un véritable "Plan Marshall" dédié à l’emploi et la formation dans l’industrie. Une initiative partie d’un constat, résume Nathalie Drobinoha, conseillère régionale déléguée à la formation professionnelle : "Nous sommes dans une région qui est depuis très longtemps industrielle et où les besoins sont importants dans un certain nombre de métiers en tension." Concrètement, 80 millions d’euros ont été engagés depuis 2023 dans le cadre du plan régional de formation afin d’accompagner vers les métiers de l’industrie tous types de publics, jeunes, seniors, ou demandeurs d’emploi. "Notre objectif est de former 6.600 personnes par an", ajoute-t-elle. Un objectif ambitieux soutenu par une dynamique prometteuse qui s’est traduit par 8.600 entrées en formations sur les deux premières années et surtout, insiste la conseillère régionale, par un taux d’achèvement de l’ordre de 90% extrêmement encourageant : "cela veut dire que 90% des personnes formées trouvent un emploi" à l’issu de leur parcours de formation.
Pour assurer la bonne exécution de ce plan, la région s’appuie sur un réseau de partenaires constitué de France Travail, de l’UIMM (union des métiers de la métallurgie), de la région Académique, de la Dreets (Direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités), de l’Arefie (Association régionale des élus pour la formation, l'insertion et l'emploi), l’Opco2i et le groupement d’employeurs Alliance emploi. Un groupement dont la directrice générale adjointe, Carole Blanquart vante la capacité à agir "comme un catalyseur" entre les entreprises et les acteurs de l’emploi et de la formation grâce à sa connaissance des besoins actuels et à venir en matière de compétences. La structure identifie les candidats, évalue leurs motivations afin de mieux les accompagner dans leur parcours de formation.
"La maille territoriale est fondamentale pour avoir une bonne vision des besoins"
Pour Olivier Durteste, directeur général de l’UIMM-Udimétal, l’enjeu de la formation est central, a fortiori dans un territoire où "50% de l’emploi industriel se situe dans le secteur de la métallurgie". Ces dernières années, explique-t-il, les projets d’implantations industrielles, notamment dans le domaine de l’électromobilité, ont fait exploser les besoins de main-d’œuvre. "Des besoins que l’on ne trouve pas sous le sabot d’un cheval", résume le représentant de l’UIMM qui insiste sur la nécessité "de travailler collectivement pour répondre à ces demandes et retenir les industriels sur le territoire". C’est tout l’enjeu de la "task force" mise sur pied pour soutenir le Plan Marshall de la région : "notre objectif, c’est de créer des emplois qui vont durer dans le temps", à la fois au profit des grands industriels mais aussi et surtout dans les PME et TPE locales. "La maille territoriale est fondamentale pour avoir une bonne vision des besoins". Un point d’amélioration, souligne-t-il d’ailleurs, dans la démarche globale entreprise depuis 2023.
Benoit Petit, directeur départemental France Travail du département de la Somme abonde : "L’emploi industriel est un enjeu majeur dans une région où 20% de l’emploi salarié, voire un quart dans certains territoires, se trouve dans l’industrie." Mais dans ce paysage idyllique d’implantations de projets fortement pourvoyeurs d’emplois (gigafactories de batteries, EPR...), les tensions sur les recrutements restent une réalité. L’enquête annuelle de France Travail sur les besoins de main-d’œuvre révèlent que les dirigeants d’entreprises des Hauts-de-France sont 51% à considérer comme "compliqués" les recrutements dans les métiers de la maintenance industrielle, qui sont le cœur du dispositif. La bonne nouvelle, souligne Benoît Petit, "c’est qu’ils étaient 57% en 2024". Reste donc à attirer les candidats idoines pour ces parcours de formation. Un enjeu d’attractivité pour l’industrie, en premier lieu, qui doit "démystifier, donner confiance", insiste Olivier Durteste qui lance un appel : "Venez voir ce qui se passe dans nos usines !"