Campagne présidentielle : un "comité de liaison"… et pas de restrictions (pour le moment)

Jean Castex a réuni mardi 11 janvier en visio des représentants des partis politiques et/ou candidats déclarés à l'élection présidentielle pour "un échange sur le déroulement de la campagne présidentielle dans le contexte épidémique". Et d'autres réunions sont à venir puisqu'a été annoncée la création d’un "comité de liaison Covid" sous l’égide de Jean-Denis Combrexelle, conseiller d’État, pour suivre l'"impact éventuel" de la situation sanitaire sur la campagne électorale. Ce comité débutera ses travaux dès ce vendredi 14 janvier en se penchant sur "l’élaboration d’un protocole sanitaire [pour] la tenue des réunions électorales, comme précédemment pour les élections régionales et départementales de 2021".
On sait que lors de la réunion de mardi, les questions des participants ont notamment concerné la prise en compte des frais de campagne supplémentaires liés au Covid : salles plus grandes, distribution de masques.
Pour l'heure, l'exécutif n'a pas appliqué de règle sanitaire à la campagne présidentielle, les activités politiques étant sanctuarisées par le Conseil constitutionnel. "Les activités politiques et électorales sont soumises à des dispositions spécifiques dans notre droit constitutionnel qui leur assurent (...) une protection encore plus forte, donc il est clair que les mesures que j'ai annoncées ne concernent pas les meetings politiques", rappelait ainsi Jean Castex 27 décembre en annonçant des jauges pour les rassemblements publics. Le Conseil constitutionnel avait notamment réaffirmé un peu plus tôt l'exemption de passe sanitaire pour les réunions politiques. Une circulaire du ministère de l'Intérieur fin septembre justifiait cette dérogation, déjà affirmée en mai 2021, par la nécessaire "participation de tous les citoyens à la vie politique de la Nation", "un des principes fondateurs de notre République".
Les responsables de partis peuvent évidemment prévoir leurs propres mesures. Et c'est ce qu'ont fait la plupart d'entre eux. LREM avait évoqué dès fin décembre l'application de jauges dans ses meetings. Et avait été suivi par Valérie Pécresse ou Anne Hidalgo, les deux candidates assurant que le passe sanitaire serait requis pour entrer dans leurs rassemblements. Les écologistes et leur candidat Yannick Jadot ont fait le choix de petits rassemblements. Pas de jauges en revanche dans les meetings de l'Insoumis Jean-Luc Mélenchon ou du communiste Fabien Roussel. Tous les deux se sont toutefois engagés à distribuer des masques FFP2. Fabien Roussel a également ajouté que le passe sanitaire serait vérifié à l'entrée. Chez le candidat Éric Zemmour, "plus il y a de monde mieux ce sera", déclarait Olivier Ubéda, son directeur national des évènements. Si les équipes de campagne de Marine Le Pen ne veulent pas de jauges, elles appliqueront les gestes barrières et la distanciation sociale assurent-elles.
L'entrée en vigueur prochaine du passe vaccinal, s'il est adopté, pourrait aussi concerner la campagne des candidats qui le souhaitent.
Également mardi, Gérald Darmanin a pour sa part rencontré Laurent Fabius, le président du Conseil constitutionnel. Et aurait dans ce cadre "évoqué la possibilité que, après concertations, le gouvernement élabore de nouvelles mesures d’organisation qui apparaîtraient rendues nécessaires par la crise sanitaire, afin de garantir le bon déroulement de l’élection présidentielle", selon un communiqué du Conseil. En question cette fois, visiblement, le déroulement du scrutin lui-même et non de la campagne.

 

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