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Voeux - Caroline Cayeux (Villes de France) : "La France ne peut pas se limiter aux métropoles"

Publié le
par
Emilie Zapalski
dans

Emploi

Organisation territoriale, élus et institutions

Cohésion des territoires

Alors que la réforme territoriale est en cours de mise en œuvre, Villes de France a profité de ses vœux le 10 janvier 2017 pour mettre en garde contre la mainmise des métropoles sur l'emploi, les équipements culturels, sportifs... Pour Caroline Cayeux, présidente de l'association, les villes de taille plus modeste doivent se fédérer pour peser économiquement.

"Nous sommes en train de mettre en œuvre la réforme territoriale et obligés de la subir." Caroline Cayeux, présidente de Villes de France, a saisi l'occasion des vœux de son association, le 10 janvier 2017 au Sénat, pour mettre en garde contre certaines orientations de la réforme territoriale. Celle-ci s'est organisée en trois volets : la loi du 27 janvier 2014 de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles (Maptam), qui a créé le statut de métropole, la loi du 16 janvier 2015 relative à la délimitation des régions, aux élections régionales et départementales et modifiant le calendrier électoral qui a procédé à une refonte de la carte des régions, élargissant leur dimension territoriale, et la loi du 7 août 2015 portant nouvelle organisation territoriale de la République (Notr), renforçant notamment le rôle des régions. "La réforme n'est pas totalement aboutie, a constaté Caroline Cayeux, maire LR de Beauvais, il va y avoir des aménagements à la marge en 2017 mais il faut une meilleure prise en compte de la diversité des territoires urbains. La France ne peut pas se limiter aux métropoles."
La réforme territoriale a consacré l'affirmation des métropoles. Quinze métropoles ont ainsi été créées : Nice, Lyon, Bordeaux, Brest, Grenoble, Lille, Montpellier, Nantes, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse, les métropoles du Grand Paris et d'Aix-Marseille Provence, et dernièrement Nancy. Sept nouvelles métropoles devraient même voir le jour à la faveur du projet de loi relatif au statut de Paris et à l'aménagement métropolitain e cours d'examen (Orléans, Toulon, Dijon, Saint-Etienne, Tours, Clermont-Ferrand et Metz). "La tentation est forte pour les métropoles de ne pas partager le gâteau ; elles ont tendance à concentrer l'emploi, les équipements culturels, sportifs, explique à Localtis Caroline Cayeux. C'est important que nos villes restent elles aussi des pôles équilibrés et de référence en matière de service public." La solution ? Fédérer différentes villes autour de pôles métropolitains. En région Hauts-de-France, les villes de Beauvais, Compiègne et Creil ont ainsi créé un pôle métropolitain pour peser face à Lille ou Dunkerque. Malgré une distance importante entre les trois villes (une heure en moyenne), celles-ci vont pouvoir regrouper leur force sur l'enseignement supérieur, le transport, et d'autres thématiques. A l'image de cet exemple, "il y a des formations qui peuvent être mises en place", assure Caroline Cayeux. Une façon de faire contrepoids face aux métropoles.
L'autre revendication de l'association porte sur l'aspect financier. Si l'effort demandé aux collectivités territoriales va être réduit dans le cadre des lois de finances pour 2017 et rectificative pour 2016, "ce n'est pas suffisant", a assuré Jean-François Debat, président délégué de Villes de France et maire PS de Bourg-en-Bresse, lors de ces voeux. La participation des communes et des intercommunalités à l'effort de redressement des comptes publics a ainsi été diminué de moitié en 2017. Mais la contribution du bloc local dépasse un milliard d'euros en 2017 sur un total de 2,7 milliards pour l'ensemble des collectivités locales (au lieu de 3,7 milliards initialement prévus). "On s'aperçoit qu'on demande toujours plus d'effort aux collectivités en leur donnant toujours plus de responsabilités", développe Caroline Cayeux, en allusion aux programmes qui commencent à émerger de la part des candidats à l'élection présidentielle. "On a l'impression que l'Etat se décharge perpétuellement, nous souhaitons avoir un contrat territorial, de confiance, pour savoir ce qu'il se passera dans les années à venir, une sorte de loi de finances pour les collectivités."

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